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Ingrid Bétancourt

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PasCarJoLuAx




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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Jeu 28 Fév - 22:28

djodj a écrit:

perso, avec les infos que j'ai, je suis plutôt dans la désespérance
et j'ai mal
mais sait on jamais ?

Tiens bon. Il faut y croire pour elle et pour les autres.
Même si ta rubrique ne fait pas la une des topics d'OV elle contribue au moins un petit peu à la sensibilisation des lecteurs. Des injustices il y en a des milliers dans le monde et la petite contribution si petite soit elle, fait que le monde peut changer et puis si ce n’est pas maintenant, c’est pas grave tu auras au moins cette fierté de ne pas être resté inactif.
Merci
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PasCarJoLuAx sur PAMA-LCreuvé, MIL-SABORDS DE TONERRE DE BREST, SMA-FAIT DU BIEN
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Eliade




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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Jeu 28 Fév - 22:38

Bien dit mon ami.
Roberto
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Eliade des Dzigues & Dvagues
sur Guantanamera.
NEC RECISA RECEDIT
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djodj




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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Ven 29 Fév - 18:20

Citation:
Sarkozy appelle les Farc à ne pas laisser mourir Betancourt, angoisse de la famille
29/02/2008 - AFP, Libération, L'Express, RTL.info, Le Figaro, La Presse canadienne, UniVision
La famille d' Ingrid Betancourt a lancé jeudi à Paris un appel désespéré pour sauver l'otage franco-colombienne "au bord de la mort", alors que le président Nicolas Sarkozy réclamait sa libération "sans délai" à la guérilla des Farc, proposant même d'aller sur place.

Depuis l'Afrique du Sud, où il est en visite, Nicolas Sarkozy qui a fait de la libération de Mme Betancourt une priorité, a réclamé un "geste humanitaire" tout en mettant en garde la guérilla qui retient l'otage depuis six ans.

"C'est une question de vie ou de mort. C'est une question d'urgence humanitaire", a dit M.Sarkozy, au lendemain de la libération de quatre otages colombiens, dont certains ont expliqué que l'otage, âgée de 46 ans, était "très malade" et maltraitée.

"Je suis prêt, comme le souhaite le président (vénézuélien Hugo) Chavez, si c'est la condition de sa libération, à aller moi-même à la frontière du Venezuela et de la Colombie, chercher Ingrid Betancourt si ce devait être une condition des Farc", a-t-il souligné.

Les autorités françaises ont clairement averti les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) qu'elles seraient tenues pour responsables si l'otage venait à mourir.

M. Sarkozy a évoqué les "témoignages accablants" des otages libérés sur la cruauté et la barbarie de la guérilla, "qui soulève le coeur".

"Le martyre imposé à Ingrid Betancourt, c'est un martyre qu'ils (les Farc) infligent à la France", a-t-il martelé.

A Paris, le Premier ministre François Fillon a estimé que la vie de Mme Betancourt était une "question, sans doute, de semaines" et a lui aussi mis en garde les Farc sur leur responsabilité.

La famille d'Ingrid Betancourt a laissé éclater son angoisse et a lancé un appel solennel au président colombien Alvaro Uribe pour qu'il accepte de discuter avec les Farc.

"Nous appelons les chefs d'Etat du monde entier à apporter leur soutien au président Alvaro Uribe pour qu'il accepte courageusement dans les plus brefs délais de discuter des conditions d'un accord humanitaire" avec les Farc, indique cet appel.

"On n'a plus le temps. Maman, l'être que j'ai de plus cher au monde, est en train de mourir", a dit au bord des larmes son fils, Lorenzo, 19 ans, lors d'une conférence de presse.

La famille de l'ancienne candidate écologiste à la présidentielle en Colombie avait déjà été frappée par l'état de santé de l'otage qui était apparue à bout de force et très amaigrie dans une vidéo et une lettre remises en décembre.

L'ex-mari de l'otage, Fabrice Delloye a expliqué qu'Ingrid Betancourt souffrait d'une hépatite B récurrente, une grave maladie qui attaque le foie.

Astrid Betancourt, la soeur de l'otage, a expliqué de son côté qu'elle restait toutefois "optimiste".

Selon elle, "les Farc n'ont pas exclu de libérer unilatéralement" sa soeur, expliquant que la guérilla, qui veut obtenir d'être rayée de la liste des organisations terroristes, a compris qu'elle devait "se conformer au droit international" et ne plus prendre d'otages civils.

Les Farc entendent échanger une quarantaine d'otages dits "politiques", dont trois Américains et Ingrid Betancourt, contre 500 des leurs emprisonnés.

Ils exigent une zone démilitarisée en vue de prochaines remises en liberté, ce que le gouvernement colombien continue de refuser.

Quelque 3.000 otages sont détenus en Colombie dont environ 700 par les Farc, les autres étant aux mains d'une autre guérilla et de groupes paramilitaires d'extrême droite.

Le diplomate en chef de l'UE Javier Solana a salué jeudi la libération la veille de quatre otages des Farc et espéré que cela conduirait à "la libération immédiate et inconditionnelle du reste des otages, y compris Ingrid Betancourt".

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djodj




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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Sam 1 Mar - 10:08

Citation:
Luis Eliado Perez: "J'ai fait échouer la tentative d'évasion d'Ingrid" Betancourt en juillet 2005
01/03/2008 - AP, TF1, Nouvel Obs, France Info

Luis Eladio Perez, l'ancien parlementaire colombien libéré en compagnie de trois autres otages mercredi par les FARC, a fait part jeudi de sa frustration pour avoir été incapable de suivre Ingrid Betancourt et s'accuse d'avoir fait échouer une tentative d'évasion de la Franco-Colombienne en juillet 2005.

Ingrid a vu que je me débrouillais mal, et la vérité est que j'ai échoué (...) J'ai échoué face à l'immense capacité d'Ingrid à endurer cette situation", a dit Luis Eliado Perez, la voix étranglée par l'émotion, dans une interview à la station Caracol depuis le Venezuela.

Selon l'ancien sénateur, Ingrid Betancourt a, au cours de ses six années de captivité aux mains des rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie, a tenté de s'évader au moins cinq fois.

Le 20 juillet 2005, Betancourt et lui décidaient de s'évader. Il était prisonnier depuis quatre ans et elle depuis trois ans.

"Nous avons réussi à rester à l'extérieur (du camp rebelle) pendant cinq ou six jours", a dit Perez, 57 ans. Ils s'étaient évadés avec un pain de sucre roux, quelques biscuits salés et trois hameçons.

Il y avait plein de poissons dans les rivières serpentant dans la jungle entourant le camp. Mais emprunter ces cours d'eau était risqué en raison du nombre élevé de rebelles.

"Ingrid savait pêcher quant à moi je dois avouer que j'étais incapable de faire un feu, alors on mangeait le poisson cru (...) Un peu comme si on mangeait des sushis".

Puis les hameçons se sont rapidement perdus dans la vase, laissant les deux évadés à court de vivres et totalement désorientés dans l'épaisse jungle. A présent, les rebelles sont tout autour d'eux les cherchant activement et en particulier Ingrid Betancourt qu'ils ont enlevée en 2002 et qu'ils considèrent comme leur otage la plus précieuse, "leur joyau de la couronne", a souligné Perez.

Sans vivres et avec une humidité étouffante dans la journée et un froid glaciale la nuit menaçant les deux fuyards d'hypothermie, Ingrid Betancourt s'est rendue à l'évidence que Perez mourrait probablement s'ils continuaient. "La vérité est qu'Ingrid a vu que j'allais très mal et nous avons décidé de nous rendre à la guérilla", a précisé Perez. Il avait déclaré après sa libération mercredi qu'il avait eu des problèmes cardiaques et fait des comas diabétiques au cours de sa captivité.

Leurs geôliers ont aussitôt décider de punir les deux otages pour leur tentative d'évasion. "Nous avons été enchaînés, elle (Ingrid) à un arbre, et moi à un autre arbre, 24 heures sur 24. Ils nous ont pris nos bottes. Nous devions marcher pieds nus", a ajouté Perez en expliquant que cela les rendait vulnérables aux serpents et aux nombreuses variétés d'insectes de la forêt colombienne.

Les deux otages ont été séparés et envoyés dans deux camps différents en juillet 2007.

Ce n'est que le 4 février dernier qu'ils se sont revus alors que les deux unités qui les gardaient se sont croisées, leur donnant l'occasion d'échanger quelques mots.

"Son état s'était considérablement détérioré, physiquement et moralement", a dit Perez. Gloria Polanco, une autre otage libérée mercredi, avait affirmé qu'Ingrid Betancourt, âgée de 47 ans, était "proche de la fin", souffrant d'une hépatite B récurrente.

Luis Eladio Perez se souvient de sa dernière rencontre avec Ingrid Betancourt: "la dernière chose qu'elle m'ait dite: "Apprécie ta liberté, jouis pleinement de chaque minute de liberté, apprécie ta liberté".


Citation:
Uribe demande aux Farc de libérer les otages malades
01/03/2008 - L'Express, Terra España, Reuters

Le président colombien Alvaro Uribe demande aux Forces armées révolutionnaires de Colombie de libérer leurs otages malades, parmi lesquels la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt qui, dans une lettre à son mari, a déclaré que la mort lui apparaissait comme une option douce.

La gravité de l'état de santé de Betancourt, enlevée il y a six ans par les Farc, a été révélée cette semaine par d'anciens otages relâchés dans le cadre d'un accord négocié par le président vénézuélien Hugo Chavez.

"Nous demandons la libération immédiate, unilatérale, des otages dont la santé est affectée, qui sont malades", a dit Uribe à des journalistes. "Nous espérons, là où le gouvernement peut apporter sa contribution (trouver) un moyen de libérer ceux qui sont malades, dont la santé est précaire".

La France, la Suisse et l'Espagne ont offert leurs bons offices pour parvenir à un accord entre Uribe, allié des États-Unis, et les Farc en vue de la libération des otages qu'ils détiennent en échange de guérilléros emprisonnés.

Les Farc ont remis cette année six otages à Chavez et les anciens captifs ont rapporté que Betancourt, ancienne candidate à la présidence de Colombie, était déprimée et en très mauvaise santé.

"Je suis lasse de la souffrance, de la porter en moi chaque jour, de me mentir à moi-même et de voir que chaque jour c'est le même enfer que celui de la veille", écrit Betancourt dans une lettre dont des extraits ont été publiés par la chaîne espagnole Noticias Cuatro.

"J'ai le sentiment que la vie de mes enfants est en suspens, à attendre que je sois libre, et leurs souffrances quotidiennes me font apparaître la mort comme une option douce".

Le mari de Betancourt a déclaré à radio Caracol à Bogota que ces extraits provenaient de lettres que son épouse lui a adressées et qui ont été trouvées sur des rebelles capturés à la fin de l'an dernier.

Betancourt et trois employés d'une entreprise américaine figurent parmi la quarantaine d'otages "de marque" que les Farc souhaitent échanger contre des guérilléros emprisonnés. Mais les tentatives de conclusion d'un accord global sont dans l'impasse.
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djodj




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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mar 4 Mar - 22:44

Citation:
Ingrid Betancourt aurait pu être libérée "plusieurs fois", selon Caracas
04/03/2008 - AFP

L'otage franco-colombienne des Farc Ingrid Betancourt aurait pu "plusieurs fois" être libérée en étant remise par la guérilla colombienne aux autorités du Venezuela, a affirmé lundi devant le presse le ministre vénézuélien de l'Intérieur Ramon Rodriguez Chacin.

"Ils disent de moi que je suis un interlocuteur (des Farc), bien sûr que je le suis. Comment pense-t-on que l'on peut obtenir la libération d'otages et que nous ayons été plusieurs fois sur le point d'obtenir qu'Ingrid Betancourt nous soit remise", a déclaré M. Chacin, en réponse aux affirmations de Bogota l'accusant de liens avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes).

Les autorités colombiennes ont accusé lundi le président vénézuélien Hugo Chavez d'avoir financé les Farc, en se basant sur des informations obtenues après le raid de l'armée dans un camp de la guérilla en Equateur. Bogota a ainsi affirmé que le Venezuela avait apporté "un financement de 300 millions de dollars" aux Farc.

Cette information proviendrait de données retrouvées dans l'ordinateur personnel du numéro 2 de la guérilla marxiste, Raul Reyes, tué lors du raid qui a suscité une crise diplomatique entre la Colombie et ses voisins du Venezuela et d'Equateur.

"La libération unilatérale de prisonniers a été un succès. Le point noir est l'accroissement de la pression pour (libérer) Ingrid" Betancourt, avait écrit peu avant sa mort Raul Reyes, dans un courrier électronique adressé au secrétariat de son organisation (organe dirigeant) provenant de l'un des ordinateurs du chef guérillero dont certains messages ont été rendu publics par les autorités colombiennes. Six otages ont été remis ces dernières semaines par les Farc aux autorités vénézuéliennes.

Par ailleurs, le président équatorien Rafael Correa a affirmé lundi soir dans une intervention télévisée que l'attaque colombienne contre le camp en Equateur où le numéro deux des Farc Raul Reyes a été tué, avait empêché la libération de la France-colombienne Ingrid Betancourt et d'autres otages.

"Je regrette de vous annoncer que les conversations étaient assez avancées pour libérer en Equateur 11 otages, dont Ingrid Betancourt", a affirmé le dirigeant dans un message à la nation. "Tout a été compromis par des mains guerrières et autoritaires. Nous ne pouvons écarter que cela ait été une des motivations de l'incursion (ndlr: colombienne) et de l'attaque de la part des ennemis de la paix", a-t-il ajouté.

De son côté, le ministre de l'Intérieur équatorien Gustavo Larrea a précisé que ces libérations des 11 otages n'avaient "pas de contrepartie" et devaient intervenir en mars. "Nous n'avons pas négocié avec les Farc autre chose que la libération d'Ingrid Betancourt', a-t-il affirmé, répondant aux accusations de complicité avec la guérilla formulées lundi par Bogota.

"Tous les contacts avec la guérilla l'ont été pour des motifs humanitaires conjointement avec la France. Quelqu'un accuse-t-il le président (français) Nicolas Sarkozy de soutenir les Farc?", s'est-il interrogé.

Raul Reyes a été tué samedi lors d'une incursion de l'armée colombienne dans le nord de l'Equateur, qui a causé la mort au total de 17 guérilleros. Toute la journée de lundi, les autorités colombiennes ont accusé l'Equateur d'entretenir des liens avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc - marxistes) et mis en cause le président Correa. La guérilla détient 39 otages dits "politiques", dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, détenue depuis six ans et en mauvais état de santé, ainsi que trois Américains, qu'elle veut échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.


Citation:
Les FARC allaient libérer 12 otages dont Ingrid Betancourt en mars, selon le gouvernement équatorien
04/03/2008 - AP, Reuters, AFP

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient offert de libérer en mars 12 otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, a annoncé lundi soir le gouvernement équatorien. Les contacts entre le gouvernement équatorien et les FARC, dénoncés par la Colombie, avaient pour but d'organiser ces libérations, selon Quito.

"Je suis au regret de vous dire que les discussions étaient assez avancées pour libérer en Equateur 12 otages, dont Ingrid Betancourt", a déclaré le président équatorien Rafael Correa pour qui cet espoir a été freiné par "les mains guerrières" du gouvernement colombien. Rafael Correa faisait allusion à l'attaque samedi par les forces armées colombiennes d'un campement des FARC en territoire équatorien qui a conduit à la mort du No2 de la guérilla colombienne, Raul Reyes et de 16 autres guérilleros et provoqué une forte dégradation des relations diplomatiques entre la Colombie, l'Equateur et le Venezuela.

"Tout a été anéanti par les mains guerrières et autoritaires (du gouvernement de la Colombie). Nous ne pouvons pas exclure que cela ait été le but de l'incursion et de l'attaque des ennemis de la paix", a déclaré Rafael Correa.

Le ministre équatorien de la Sécurité Gustavo Larrea a confirmé avoir rencontré Reyes "pour raisons humanitaires" en un lieu qui ne se trouvait ni en Colombie ni en Equateur, mais il a refusé de dire où.

"Nous avions commencé à travailler" pour la libération d'Ingrid Betancourt, des citoyens nord-américains Thomas Howes, Keith Stansell et Marc Gonsalves, a-t-il précisé.

La libération de membres de l'armée colombienne (les lieutenants Juan Carlos Bermeo et Reymundo Balagon, le sergent Harvey Delgado et le caporal Pablo Moncayo), et de membres de la police (le colonel Luis Mendieta, les capitaines Edgar Duarte et Julian Guevara et l'Equatorien Marcelino Arriaga) était également en discussion, a-t-il ajouté.

Tous ces otages ont été enlevés par les FARC il y a plus de six ans.

"Nous avons demandé cette action humanitaire aux FARC" et c'est pourquoi Larrea a rencontré Reyes début janvier. Raul Reyes, No2 des FARC a été tué dans l'attaque par l'armée colombienne, samedi à l'aube, de son campement en territoire équatorien, ce qui a conduit à la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

Dimanche, le directeur de la police colombienne, Oscar Naranjo, avait révélé l'existence de documents saisis dans l'ordinateur de feu Raul Reyes faisant état de réunions avec Larrea et d'accords politiques présumés.

Le ministre équatorien a affirmé qu'"il n'existe aucun accord' avec les FARC qui ne soit humanitaire. "Nous ne négociions rien d'autre que la libération des otages", a-t-il martelé.

Gustavo Larrea était intervenu en tant que délégué de l'Equateur dans le cadre de la mission internationale, supervisée par le Venezuela, qui tentait d'obtenir fin décembre la libération des Colombiennes Clara Rojas et Consuelo Gonzalez


Citation:
Colère des proches de Betancourt contre le président colombien
04/03/2008 - CyberPresse, Le Temps

Les proches d'Ingrid Betancourt ont laissé éclater mardi leur colère contre le président colombien Alavo Uribe après des informations selon lesquelles l'attaque contre le numéro 2 des Farc, Raul Reyes, a compromis une libération de l'otage franco-colombienne.

Le président équatorien Rafael Correa a affirmé lundi soir que l'attaque colombienne samedi contre un camp en Equateur, où Raul Reyes a été tué, est intervenu alors que «des conversations étaient assez avancées pour libérer en Equateur 11 otages, dont Ingrid Betancourt».

«Je suis horrifié par le comportement du président Uribe qui sabote en permanence toutes les possibilités qui peuvent permettre aux otages de revenir», a déclaré à l'AFP Fabrice Delloye, ex-mari de l'otage et père de ses deux enfants.

«Je trouve que c'est absolument dégueulasse, absolument ignoble, absolument épouvantable ce qu'il fait parce que si cela continue, il aura lui aussi la mort d'Ingrid et celle d'autres otages sur les bras», a-t-il ajouté.

«Le président Uribe savait parfaitement et depuis longtemps où se trouvait Raul Reyes, et il savait également que le président Correa, à travers son ministre de l'Intérieur, avait des relations strictement humanitaires avec Raul Reyes pour essayer de trouver une solution au problème des otages», a assuré M. Delloye.

«Le comité n'a pas de mots pour exprimer sa déception et sa désillusion», a déclaré dans un communiqué Hervé Marro, du comité de soutien à Ingrid Betancourt (CSIB), proche de la famille de l'ex-candidate à la présidentielle, détenue depuis plus de six ans.

«Quand la porte de sortie était grande ouverte, des intentions obscures ont préféré la claquer violemment et avec fracas. Or, nous n'avons plus de temps à perdre avec ce type d'attitude peu propice alors qu'Ingrid et d'autres otages sont en train de mourir», a-t-il ajouté.

De son côté, Olivier Roubi, vice-président de la Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt (Ficib), a estimé que le «fait que le président Uribe ait choisi de mener cette opération au moment où des négociations étaient en cours, n'est pas une bonne nouvelle».

«Nous demandons à nouveau au président Sarkozy une réunion d'urgence et nous lui demandons de déclarer publiquement et avec fermeté l'opposition de la France à toute action ou mouvement militaire», a-t-il déclaré à l'AFP.

Plus tôt, le premier ministre français François Fillon avait, une nouvelle fois, réclamé «la libération immédiate pour des raisons humanitaires» d'Ingrid Betancourt, en très mauvaise santé, et prévenu la guérilla des Farc que la mort de l'otage «ne leur apporterait que la réprobation du monde entier».

«Uribe se fout des otages»

Fabrice Delloye, ex-mari d'Ingrid Betancourt, est ulcéré par l'attitude du président colombien.

Le Temps: L'offensive militaire de Bogota contre les FARC signifie-t-elle un retour en arrière dans le processus engagé par les efforts pour la libération des otages?

Fabrice Delloye: Je m'interroge sur les agissements du président Uribe. Il est très clair qu'il ne veut pas entendre parler d'un accord humanitaire avec les FARC. En maintenant l'état de guerre, il assure son succès auprès du peuple colombien. Cela lui permet aussi d'occulter tous les dossiers paramilitaires qui le gène. Il y a des témoignages et des procès en cours très compromettants pour son entourage et des membres de sa famille.

Uribe est un manipulateur de génie: il parvient à créer des situations qui à chaque fois le montrent comme un président ferme. Il se fout des otages qui pourrissent dans la jungle.

- Vous dites manipulateur?

- Les FARC, qui étaient figées, sont maintenant dans un processus de mouvement et disposées à négocier. Et Uribe tue leur numéro deux! Celui-là même avec qui la communauté internationale, la France, l'Espagne et la Suisse, négociaient la libération des otages. C'est une manipulation. Uribe a montré qu'il n'était pas loyal avec la communauté internationale.

La mort de Reyes est aussi un vrai succès militaire. Il lui a permis d'éviter qu'en rentrant à Bogota ce week-end, les quatre otages libérés mercredi passé n'émeuvent et ne retournent l'opinion par leurs déclarations.

- Redoutez-vous que les otages soient l'objet de représailles?

- Les FARC ont réagi immédiatement et dans l'apaisement. Dans un communiqué, elles ont souligné que Raul Reyes était mort en héros, mais elles ont dit qu'elles continuaient à demander un accord humanitaire. Cette maturité laisse entendre que les otages ne seront pas l'objet de représailles.

- Peut-on encore espérer une libération des otages?

- Si les FARC libèrent tous leurs otages civils, ainsi que les policiers et les militaires malades, et qu'elles s'engagent à ne plus prendre d'otages, elles seront éligibles au statut de belligérant. En vertu de la Convention de Genève, Alvaro Uribe devra alors négocier.

En chef d'Etat qui ne montre aucune considération pour les otages, dont certains ont animé la vie politique colombienne et œuvré pour la paix, comme Ingrid Betancourt, Uribe va finir par faire passer les FARC pour des gentils.

- En optant pour la pression militaire, Bogota n'a-t-elle aucune chance d'obtenir la libération des otages?

- Anéantir les FARC prendrait du temps. La guérilla compte 17000 hommes, implantés dans des régions perdues de Colombie et très aguerris. Il n'y a pas mieux que la création d'un espace humanitaire. Vouloir libérer les otages par la force, c'est tous les condamner à mort.

Citation:

Rafael Correa accuse la Colombie de "vouloir la guerre"
Le président équatorien Rafael Correa a qualifié mardi son homologue colombien Alvaro Uribe de "menteur éhonté", l'accusant de "vouloir la guerre", après le raid mené par Bogota contre les FARC en territoire équatorien ce week-end. Il a averti que l'Équateur était prêt à faire face aux "conséquences ultimes".

"Il est très difficile de discuter avec un menteur éhonté, qui nous poignarde dans le dos", a déclaré M. Correa lors d'une conférence de presse à Lima, au Pérou, première étape d'une tournée de la région pour plaider sa cause face à la Colombie.

"Le président Uribe ne veut pas la paix, il veut la guerre", a-t-il ajouté. "Si cet acte reste impuni, la région sera en danger, car la prochaine victime pourrait être le Pérou, ce pourrait être le Brésil, le Venezuela, la Bolivie, n'importe lequel de nos pays".

L'Équateur et le Venezuela ont tous deux envoyé des troupes sur leur frontière avec la Colombie après le raid de samedi en Équateur, qui a coûté la vie au N2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) Raul Reyes. Quito a également rompu ses relations diplomatiques avec Bogota.

"Nous souhaitons résoudre ce différend par des moyens pacifiques et diplomatiques, mais nous sommes prêts à aller aux conséquences ultimes", a averti M. Correa.


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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mer 5 Mar - 17:33

Citation:
Bernard Kouchner argue que la France fait tout pour libérer Ingrid Betancourt
Le 5 mars 2008 - 07:27
|

Bernard Kouchner a assuré mercredi que la France continuait "d'employer tous les moyens possibles" pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, malgré les obstacles qui "s'accumulent".

"Vous connaissez la situation, le président vient d'en parler. Ça ne nous empêche pas, non seulement de nous acharner, mais d'employer tous les moyens possibles pour essayer et pour réussir à faire sortir Ingrid Betancourt", a déclaré le ministre des Affaires étrangères à l'issue du conseil des ministres. "Les obstacles s'accumulent; eh bien!, notre décision est encore plus ferme que d'habitude et notre acharnement aussi", a lancé le ministre. "C'est une urgence véritable, c'est humainement pas possible de la laisser."

Selon le porte-parole du gouvernement, le président Sarkozy a répété sa disponibilité à se rendre à la frontière colombienne "à condition que ça puisse permettre une libération, notamment d'Ingrid Betancourt". "Dans la vie d'un homme politique (...) se battre pour sauver des vies, c'est quelque chose qui compte", a déclaré Nicolas Sarkozy, selon Laurent Wauquiez.

Il a en revanche précisé que le N2 des FARC Raul Reyes "avait iti pas récemment mais dans le passé, un interlocuteur de la France", "comme des autres pays qui sont investis sur ce sujet de la libération des otages". Mardi, le Quai d'Orsay avait affirmé que Paris avait des contacts avec Reyes, dont l'élimination samedi a fortement tendu les relations de la Colombie avec l'Équateur et le Venezuela.



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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mer 5 Mar - 22:15

Citation:


lundi 3 mars 2008 par Amédée Sonpipet

Le rondouillard n°2 des Farc colombiennes, Raul Reyes, s’est fait plomber dans la nuit de vendredi à samedi, en Equateur, à proximité de la frontière avec la Colombie. Portrait de celui qui était étroitement mêlé aux négociations de libération des otages, notamment celle d’Ingrid Betancourt.


« Raul Reyes est tombé ! ». Lancé d’une voix de speaker de stade, ce jingle est passé en boucle samedi, sur les ondes de radio Caracol, la principale radio d’informations colombienne. L’annonce tonitruante de la mort du numéro 2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) dans la nuit de vendredi à samedi a été officialisée dans la matinée par le ministre colombien de la Défense qui peinait à contenir sa jubilation. C’est que le trophée est de taille… Luis Edgar Devia Silva, alias Raul Reyes, figure dans le top 50 des personnes les plus recherchées de la planète. Pour sa capture, le ministère de la Défense offrait une prime de 6 800 millions de pesos et le Département d’Etat américain alignait cinq millions de dollars. Parmi la litanie de griefs qu’on lui reproche : terrorisme, homicides, séquestrations, narcotrafic…Un sordide tableau de chasse pour feu le porte-parole des Farc qui a passé la moitié de ses soixante années de vie dans la jungle. Sans doute l’amour de la nature.

Droit dans ses bottes en caoutchouc, le treillis tiré à quatre épingles, une Rolex clinquante au poignet - son pêché mignon -, jamais sans son calibre, ce petit homme au visage rond orné d’une barbe grisonnante et de binocles de matheux affiche un beau parcours de guérillero. Fils d’un paysan et d’une institutrice du département du Huila, cet ancien distributeur de lait, passé par l’usine Nestlé du coin, s’est vite converti aux « ismes » de gauche. Syndicalisme, jeunesse communiste, socialisme révolutionnaire avant de se glisser dans l’uniforme des Farc à compter des années 70. Il œuvre alors avec zèle à l’ouverture d’un front international de la guérilla et ouvre des succursales des Farc à l’étranger, notamment en Europe, au Costa Rica et au Mexique. À la mort de son mentor Jacob Arevas – considéré comme responsable idéologique - en 1990, Reyes « l’héritier direct » le remplace et se charge du prosélytisme en dehors de Colombie. Il délaisse un temps son fusil M16 pour son bâton de pèlerin et arpente les routes et les cieux du monde afin de glaner des soutiens.

De retour dans l’épaisse jungle colombienne, aux côtés de beau-papa « Tirofijo » (Raul Reyes a épousé Gloria Marin, fifille aujourd’hui incarcérée au Mexique de l’indéboulonnable chef suprême des Farc, Manuel Marulanda) et des cinq autres membres du secrétariat national du mouvement, il décide et coordonne les actions d’un contingent aujourd’hui estimé à près de 15 000 soldat(e)s répartis sur une cinquantaine de fronts. L’ami colombien supervise également les finances de la guérilla et, à ce titre, a été en charge de la gestion des deniers générés par le fort rentable business des otages. Au sujet des conditions inhumaines de détention de leurs proies, il concédait sans sourciller qu’ils « ne marchent pas en faisant du tourisme écolo dans la jungle ». Résultat : des caciques de l’Eglise aux représentants des gouvernements étrangers, en passant par les journalistes du monde entier, nombreux sont ceux qui ont eu affaire à Raul Reyes. C’est son rôle central dans le processus de négociation avorté (1999-2002) avec le précédent Président Andrés Pastrana qui l’a propulsé sur le devant de la scène politique et sous les spotlights médiatiques. Il incarnait depuis la face visible des Farc.

Chavez a le deuil guerrier
Si l’information de la mort de Raul Reyes passe en boucle sur les médias colombiens, la presse vénézuelienne et les organes réputés proche de la guérilla font profil bas. Il a fallu attendre le dimanche 2 mars pour recevoir un communiqué de l’agence de presse pro-Farc Anncol dont le site web hébergé en Suède est curieusement hors-service depuis ce week-end. Intitulé « Uribe assassine un autre syndicaliste : Raul Reyes », l’article dénonce les « méthodes sanglantes de l’oligarchie colombienne ».

Même tonalité au Palais de Miraflores où le bouillonnant Hugo Chavez sonne le tocsin et vocifère contre la violation de la souveraineté équatorienne (Raul Reyes a été abattu en Equateur, à proximité de la frontière avec la Colombie). Le président équatorien Rafael Correa a aussi moufté, en expulsant l’ambassadeur colombien à Quito. En sus d’accuser Alvaro Uribe de « criminel, mafieux, paramilitaire », Chavez, tout chafouin, a rappelé tout son personnel en poste en Colombie, fermé son ambassade et posté des hommes à la frontière. Lors de sa folklorique émission dominicale « Alo Presidente » entre les diatribes anti-Uribe habituelles, il a tenu une minute de silence pour son « camarade » Reyes. Cela aurait pu être pire. Il aurait pu chanter « ce n’est qu’un au revoir » en espagnol…
Dans les faits, il en était l’éminence grise et le diplomate en chef. C’est d’ailleurs avec lui que les sémillants négociateurs du Quai d’Orsay palabraient d’Ingrid Betancourt et d’accord humanitaire en catimini…

Hasta la vista baby
Opiniâtre, obstiné et inflexible, Raul Reyes ne faisait pas dans la dentelle. Chantre de l’aile dure politique de la guérilla, proche de la branche militariste de son « camarade » Mono Jojoy, Reyes n’a jamais démordu. « Les Farc vont prolonger la lutte pour le pouvoir et l’obtiendront soit par voie militaire soit par des accords politiques. Nous sommes contraints par l’Etat colombien de faire la guerre pour nous défendre et obtenir la paix », martelait-il encore au cours de sa dernière interview accordée au magazine brésilien Terra cinq jours avant sa mort.

Avec la mort de Reyes, les Farc de « Monsieur Maralunda », selon les termes de notre vénérable Président Sarkozy, encaissent là le plus gros coup de leur existence. Au lendemain de la libération unilatérale des quatre ex-congressistes en février, l’armée colombienne plante sa flèche en plein dans la bête. C’est la première fois qu’un membre du secrétariat national des Farc est abattu. Youpi ! Un succès militaire et politique sans précédent qui couronne la politique intransigeante du gouvernement à l’égard de la guérilla, blessée mais toujours debout. Selon les spécialistes, des débats houleux pourraient avoir lieu en interne entre les militaristes et les modérés pour remplacer Reyes. Et les pronostics penchent plus du coté du second camp, misant sur Luciano Marin Arango, alias Ivan Marquez. Membre du secrétariat des Farc, au parcours similaire à celui de Reyes, il représente le courant « modéré ». Sa nomination pourrait rimer avec négociation…

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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Jeu 6 Mar - 5:53

Citation:
Au Brésil, Rafael Correa se dit persuadé que la Colombie a voulu empêcher la libération d'otages
06/03/2008 - Le Nouvel Obs, El Universal
Le président équatorien Rafael Correa s'est rendu mercredi au Brésil en vue d'obtenir de son homologue Lula da Silva son soutien dans la condamnation de l'opération militaire colombienne sur le sol équatorien le week end passé.

Devant les journalistes, Rafael Correa s'est dit d'accord avec la théorie selon laquelle les autorités colombiennes avaient tué Raul Reyes, N°2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), pour "empêcher les négociations de libération d'otages d'avancer".

De son côté, le président brésilien Lula da Silva avait déclaré la veille que la Colombie avait eu tort d'envoyer un commando en Equateur, insistant néanmoins pour que les dirigeants de la région s'entendent pour mettre fin à la crise. "Je suis persuadé que nous allons trouver une solution calme et pacifique à tout cela", a-t-il affirmé.

Le président équatorien devait se rendre ensuite au Venezuela avant de reprendre sa tournée en Amérique latine via le Panama, le Nicaragua, et la République dominicaine en vue de rallier d'autres pays à sa vision des faits.

Reprochant à Bogota d'avoir violé sa souveraineté nationale en menant une opération militaire sur son territoire, Quito a coupé toute relation diplomatique avec son voisin et envoyé des troupes à la frontière. Le Venezuela voisin a également déployé des milliers de soldats sur sa propre frontière avec la Colombie

Le Président Sarkozy prêche la « modération »

Le président français, Nicolas Sarkozy, a appelé aux pays de la région andine et à « tous les acteurs concernés » dans la crise de « faire preuve de modération », dans une conversation téléphonique qu'il a eue aujourd'hui avec son homologue Hugo Chavez, a informé l'Elísée.

« Le président de la République a parlé aujourd'hui (mercredi) par téléphone avec le président Hugo Chavez pour discuter de la situation régionale et de la question des otages en Colombie », a annoncé dans un communiqué le porte-parole de la présidence, David Martinon.

« Devant l'augmentation inquiétante de la tension dans la région andine », Sarkozy « a réitéré son appel à tous les pays de la région et tous les acteurs concernés pour qu'ils fassent preuve de modération et de responsabilité, de sorte qu'on puisse rapidement retourner au dialogue et à la coopération », indique ce texte.

Les deux présidents ont en outre exprimé « leur espoir que les événements récents ne menacent pas la continuation du processus de libération des otages entre les mains du FARC ».

Sarkozy « a récemment remercié le président Hugo Chavez pour ses efforts, qui ont permis la libération de six otages», a ajouté le porte-parole.
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Jeu 6 Mar - 18:36

Citation:
Betancourt : Sarkozy engage la responsabilité du chef des Farc
06/03/2008 - Le Nouvel Obs, AFP, Le Monde, Le Point, Reuters, AFP, Semana, France24

"Je dis au chef des Farc, Manuel Marulanda, qu'il a sur les épaules le poids de la responsabilité de la vie ou de la mort d'une femme", a déclaré le chef de l'Etat, dans une interview à la télévision colombienne.

Nicolas Sarkozy a réitéré, mercredi 5 mars, ses appels à la libération d'Ingrid Bétancourt, "en danger de mort", en appelant directement à la responsabilité de Manuel Marulanda, le chef de la guérilla colombienne, lors d'une interview accordée à la première chaîne de télévision colombienne RCN.

"Je dis au chef des Farc, Manuel Marulanda, qu'il a sur les épaules le poids de la responsabilité de la vie ou de la mort d'une femme", a déclaré le président de la République. "Qu'il mesure bien la décision qu'il va prendre parce que cette femme est en danger de mort, elle peut mourir dans les jours qui viennent, à lui de savoir s'il veut laisser inutilement une femme mourir ou s'il la libère", a dit Nicolas Sarkozy. "S'il la laisse mourir, cela veut dire qu'il sera responsable d'un assassinat", a-t-il ajouté.

A la question de savoir si une libération de l'otage franco-colombienne pourrait amener la France à faire sortir les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) de la liste des organisations terroristes sur laquelle elles figurent, le président français s'est contenté de répondre qu'une chose "est sûre, c'est que si Ingrid n'est pas libérée dans le cadre humanitaire, jamais" les Farc n'en sortiront.

"J'espère que les Farc comprendront"

S'adressant aux téléspectateurs colombiens, Nicolas Sarkozy a affirmé comprendre "parfaitement" le problème de sécurité "immense" que les Farc posent à Bogota, mais si important que puisse être ce problème, cela "ne doit pas se payer du prix de la mort d'Ingrid, parce qu'elle n'y est pour rien", a-t-il estimé.

"J'espère que les Farc comprendront que le monde entier regarde ce qui se passe et que la réponse humanitaire que je leur demande de donner à la situation d'Ingrid Bétancourt peut être la première étape d'un règlement autre dans laquelle je ne veux pas intervenir", a ajouté le président sans préciser davantage.

Invité à réagir à l'opération militaire de l'armée colombienne en territoire équatorien qui a coûté la vie du numéro deux des Farc, Raul Reyes, samedi puis envenimé à l'extrême les relations entre la Colombie, le Venezuela et l'Equateur, déjà houleuses, Nicolas Sarkozy a répondu n'avoir "pas à porter de jugement".

Appel au calme dans la région

"J'appelle simplement au plus grand calme", a-t-il dit avant d'ajouter qu'il comprenait la vive réaction de l'Equateur. "Aucun gouvernement ne peut accepter" une telle ingérence, a jugé Nicolas Sarkozy.

Le président colombien Alvaro Uribe "sait parfaitement que la solution ne peut pas être que militaire", a-t-il déclaré. "Chacun doit respecter les frontières de l'autre et je pense que les démocraties doivent se défendre contre les terroristes avec les règles de la démocratie", a-t-il ajouté.

Début décembre déjà, Nicolas Sarkozy s'était adressé à Ingrid Bétancourt, otage des Farc depuis février 2002, et à Manuel Marulanda, chef des FARC pour lui demander de libérer la Franco-Colombienne, dans un message télévisé. Il a expliqué que la libération d'Ingrid Bétancourt constitue un "engagement personnel" et "une cause nationale pour la France".

Tout pour sauver Ingrid

Nicolas Sarkozy a assuré qu'il comptait "tout faire pour sauver" Ingrid Betancourt. "Mon devoir c'est de tout faire, je dis bien tout faire pour sauver une femme qui est aujourd'hui en danger de mort" et "je ne négligerai aucune piste et aucun effort pour obtenir la libération de cette femme. Six ans de calvaire cela suffit !" Le président a poursuivi en expliquant que "les farc sont inscrites sur une liste d'organisations terroristes, à eux de savoir s'ils veulent en sortir ou s'ils veulent y rester. S'ils laissent mourir Ingrid Betancourt, il est sûr qu'il n'y aura aucune discussion. S'ils sauvent Ingrid Betancourt, alors peut-être que le monde les regardera un peu différemment".


Citation:
Ce que raconte le geôlier d’Ingrid Betancourt
06/03/2008 - Courrier International, Semana

L’hebdomadaire Semana a recueilli les déclarations, quelques jours après sa capture, de “Martin Sombra”, le commandant des FARC qui a longtemps eu la responsabilité de garder les principaux otages politiques.

Helí Mejía Mendoza a assassiné pour la première fois à l’âge de 10 ans. “C’était un Noir qui s’appelait Golo, raconte-t-il. Quand il y avait des tueries, il coupait les oreilles des gens, les faisait griller et les montrait comme des trophées. J’étais très petit, mais ce Noir m’exaspérait. A l’époque, les problèmes se réglaient par balles. Je lui ai tendu un piège et je lui ai tiré dessus. Comme le mec était noir, on m’a surnommé ‘Sombra’ [L’Ombre] et, avec le temps, je suis devenu ‘Martín Sombra’.”

Helí Mejía ou “Martín Sombra” a passé plus de trente-cinq ans dans les FARC. Il a réchappé à plus de quarante opérations de grande envergure dirigées contre lui. Mais, lundi dernier [le 25 février], la chance a tourné pour l’insaisissable chef de la guérilla : il a été capturé par la police dans le petit village de Saboyá (département de Boyacá). Pendant de nombreuses années, “Sombra” a été mandaté par le Secrétariat [instance dirigeante de la guérilla] pour l’une des missions les plus importantes, à savoir s’occuper des otages, ce qui en dit long sur son degré de proximité avec l’état-major des FARC. “Ils avaient vraiment confiance en moi, assure-t-il. Je ne rendais de comptes directement qu’à [Manuel] Marulanda” [surnommé Tirofijo (tir dans le mille), fondateur et chef suprême des FARC].

Durant son parcours révolutionnaire, “Sombra” a laissé derrière lui une longue série de morts et de destructions. Mais, dans la vie de ce guérillero, les années qu’il a passées à veiller sur des dizaines d’otages occupent une place à part. C’est “Sombra” qui, pendant des années, a eu sous sa responsabilité Ingrid Betancourt et Clara Rojas, qu’il a aidée à accoucher du petit Emmanuel. Semana s’est entretenu avec ce commandant de la guérilla. Son témoignage, une grande première, est déchirant.

“L’otage [Clara Rojas] allait mourir, parce que le petit n’arrivait pas à sortir, explique-t-il. J’avais quelques connaissances paramédicales, et la seule solution, c’était de pratiquer une césarienne. On a cherché un livre, on a regardé comment il fallait faire, et j’ai dit à ‘Guillermo’, un des guérilleros présents dans le camp : ‘On va lui ouvrir le ventre.’ Nous l’avons endormie à la xylocaïne. On a incisé au bistouri, comme on a pu. Mais le bébé avait une très grosse tête, et c’était un vrai problème… Il était en train mourir et, avec ‘Guillermo’, on l’a extrait tant bien que mal. Mais il s’étouffait, car il avait du liquide amniotique dans le nez. On lui a aspiré ses glaires, on a fait comme avec un veau qui vient de naître, en lui suçant le nez et en soufflant dedans. Quand on a eu extirpé le mouflet, on s’est aperçu qu’il avait une lésion au bras.”

Quelques jours après sa naissance, le petit Emmanuel a été emmené dans l’une des interminables marches auxquelles étaient soumis les otages à travers les cordillères accidentées du pays. “Il a fallu partir à cause du ‘plan Patriote’, explique “Martín Sombra”. L’armée utilisait de nombreux moyens techniques, l’aviation était mobilisée, il y avait des débarquements, des déploiements de troupes terrestres sur notre zone. Alors, j’ai rassemblé les vivres pour partir. Cela faisait un mois et vingt jours qu’on était sur les lieux, avec 150 unités [guérilleros]. ­L’offensive de l’armée avait commencé, mais l’enfant pleurait et ç’a été un problème. Nous avions l’armée derrière nous et devant nous. Un enfant, ça s’entend de loin. Tout le monde était très inquiet, et j’ai dû prendre des mesures de sécurité. En plus, on avait des otages malades – notamment Ingrid, qu’on a dû transporter en hamac. Elle avait très mal au ventre. Pendant le trajet, on s’est retrouvés face à une patrouille de l’armée, ils étaient à environ 200 mètres de nous.”

“Ici, celui qui essaie de me baiser, je le tue”

“Martín Sombra” reconnaît qu’en cas d’opération de sauvetage par les forces de l’ordre colombiennes les FARC ont l’ordre d’abattre tous les otages. “Quand j’ai dû m’occuper d’Ingrid, elle vivait en bonne intelligence avec les autres et préparait des galettes au chocolat, raconte-t-il. Avec moi, Ingrid n’a jamais eu une mauvaise attitude. Ingrid est quelqu’un de très bien élevé, mais, si elle doit vous traiter de fils de pute, elle n’hésite pas à le faire. Un jour, un connard lui a joué un sale tour. Il lui a piqué quelques feuilles du journal intime qu’elle tenait. Elle m’a dit : ‘Sombra’, je ne peux pas lui parler, à cet Indien de ‘Guillermo’. Il a jeté mon journal.’ Je l’ai sanctionné. J’ai traité les otages du mieux que j’ai pu. Même si, pendant les marches, et aussi la nuit, il fallait les enchaîner. J’ai fait ce que j’avais à faire le plus humainement possible. Je leur ai amélioré l’ordinaire et je les ai fait respecter. J’ai toujours eu des plans d’urgence au cas où les militaires apparaîtraient, mais nous avions ordre de résister jusqu’au dernier moment avant de devoir tuer les prisonniers.

S’il y avait une urgence, la guérilla et les prisonniers devaient mourir, tous. Quoi qu’il arrive, on ne devait pas se laisser prendre nos prisonniers. J’ai été dur avec mes troupes et je leur disais toujours : ‘Ici, celui qui essaie de me baiser, je le tue ou je le fais tuer.’ Soit on s’en sortait tous, soit on mourait tous. Ma fierté, c’est qu’aucun de mes prisonniers ne s’est échappé.”

‘Martín Sombra’ reconnaît que la guérilla a été durement frappée ces dernières années, mais il affirme que la corruption, l’indiscipline et les excès envers la population sont les pires problèmes de FARC.

“Alvaro Uribe est très intelligent, c’est un ennemi redoutable. Depuis qu’il est au pouvoir, les FARC ont beaucoup souffert, surtout à cause des désertions. Mais, en un sens, ça nous a rendu service, on est passés de la quantité à la qualité. Il faut reconnaître qu’il y a eu une désintégration des fronts à cause de la mauvaise stratégie des FARC – en particulier les enlèvements, les assassinats d’innocents, l’ambition, l’insigne du peso [que certains arborent en pendentif]. En ce moment même, il y a une réflexion interne sur ces problèmes, mais ils sont devenus difficiles à corriger et à résoudre. Les nouvelles générations de guérilleros vont devoir être habiles. Il y a des jeunes qui sont entrés dans la guérilla sans savoir pourquoi ou seulement pour avoir un revolver. De mon temps, on était peu nombreux, mais on faisait les choses avec sérieux.”

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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Sam 8 Mar - 11:34

Le fils d'Ingrid Betancourt: «Maman est en train de mourir»07/03/2008 - 20 minutes.fr, Union Radio
«Maman est en train de mourir, il ne lui reste que quelques semaines à vivre». Face à la caméra du blogueur Nicolas Voisin, le fils d'Ingrid Betancourt, Lorenzo Delloye, lance un nouvel appel pour obtenir la libération de sa mère. Dans cette vidéo de plus de quatre minutes, mise en ligne jeudi sur DailyMotion, le site de partage de vidéos et sur agirpouringrid.com, le jeune homme «demande à tout le monde de faire un dernier effort pour la vie et la liberté».

Son message s’adresse surtout à Alvaro Uribe, le chef de l’Etat colombien: «Monsieur Alavaro Uribe, dit-il, vous êtes en train de gagner cette guerre, mais à quelle prix?». «Je vous demande de montrer que vous avez encore un reste d'humanité» pour l’honneur de la Colombie, implore le fils de la sénatrice colombienne, aux mains des Farc depuis six ans.

Delloye s'adresse aussi à Manuel Marulanda, le chef des Farc, et au président Hugo Chavez. A ce dernier, médiateur dans la crise des otages, le jeune homme, filmé dans la pénombre, demande d’«essayez d'oublier le conflit que vous avez avec la Colombie.» Le fils d'Ingrid Betancourt demande enfin «un dernier effort» à Nicolas Sarkozy.

Le jeune homme s'adresse enfin à sa mère qu'il n'a pas vue depuis l’âge de 13 ans et lui demande de «tenir le coup. Tu vas finir libre».


Rafael Correa: Ingrid Betancourt ne sera pas libérée dans les prochaines heures
07/03/2008 - La Presse canadienne, El Universo, El Universal


Le président équatorien Rafael Correa a démenti ce vendredi les informations selon lesquelles Ingrid Betancourt pourrait être libérée par les FARC dans les prochaines heures.

"Je déments ces informations, parce qu'il semble que cela ne sera pas possible", a déclaré M. Correa du XXe sommet du groupe de Rio en République dominicaine.

Selon plusieurs journaux sud-américains, le ministre équatorien de la Sécurité Gustavo Larrea avait affirmé qu'Ingrid Betancourt serait libérée en compagnie de plusieurs autres otages des FARC, parmi lesquels trois contractuels américains. Le ministre a lui aussi démenti ces déclarations.

Rafael Correa a également démenti les informations mentionnées pendant le sommet du groupe de Rio par son homologue vénézuélien Hugo Chavez
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Lun 10 Mar - 17:07

Citation:
Chávez demande à Marulanda de libérer Ingrid Betancourt
09/03/2008 - 20 minutes.fr, TeleSur, France24, BBC News

A l'occasion de la journée Internationale de la Femme, le président vénézuélien a demandé au chef des FARC la libération d'Ingrid Betancourt. Il a souligné le résultat obtrenu lors du Sommet de Rio tenu vendredi, où selon lui seul l'empire américain a été mis en échec. Il a aussi annoncé le retrait des troupes, déployés à la frontière colombienne durant la crise.

Le président du Vénézuéla, Hugo Chávez, a demandé ce samedi au commandant en chef des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC), Manuel Marulanda, de permettre la libération de l'ex candidate à la présidentielle colombienne, Ingrid Betancourt.

"Depuis ici j'envoie une demande Manuel Marulanda : libère Ingrid, en ce Jour Internationalde la Femme demande expressément, au nom des femmes vénézuéliennes, des femmes colombiennes, au nom de Yolanda (Pulecio, mère d'Ingrid)", a exprimé le chef de l'état, à l'occasion de la journée Internationale de la Femme, à Caracas en présence de la mère d'Ingrid Betancourt et de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba.

"Marulanda je te demande quand tu disposeras des conditions nécessaires, que tu libères Ingrid Betancourt, c'est la seule femme qui reste entre les mains des FARC, il n'y a aucune raison pour la maintenir dans la forêt", a t-il souligné.

L'empire américain a été mis en échec.

En soulignant les résultats du Sommet de Rio, qui s'était tenu vendredi à Saint-Domingue, Chávez a assuré que "ce qui est grand, c'est la mise en échec de l'empire américain".

Le mandataire vénézuélien a rejoint le chef cubain, Fidel Castro, qui dans sa réflexion publiée ce samedi, intitulée "le seul perdant", souligne que l'impérialisme américain a perdu par "KO" avec l'accord obtenu vendredi entre les gouvernements Équateur, le Nicaragua, la Colombie et du Vénézuéla.

"C'est lui qui a été mis en échec d'hier", a dit Chávez. "Parce que personne ne doute et personne ne doit douter que l'empire cherche chaque jour à élaborer des plans, en perpétrant différents types d' actions, pour essayer de freiner le processus de changement en Amérique latine et empêcher la véritable union entre nos peuples", a t-il souligné.

"Nous avons démontré à l'empire américain et à ses agents dans ces terres qu'il n'y a pas seulement Cuba qui soit disposée à faire face aux volontés de l'empire, que Vénézuéla n'est pas seul plus disposé à faire face à ces intimidations de l'empire. Nous démontrons que nous sommes capables et que nous pouvons nous mettre debout".

Yolanda Pulecio : Je me sentait "parfaitement menacée" par le gouvernement colombien

Yolanda Pulecio, mère de l'ex candidate à la présidentielle colombienne retenue par les FARC, Ingrid Betancourt, a remercié pour "l' occasion" que lui a offerte le président Chávez pour s'adresser à l'auditoire et elle a félicité "de tout coeur" les femmes vénézuéliennes à leur tour.

"Je sais que chacune de vous, qu'elles soient mères ou non, comprennent la situation que j'ai dû vivre", a t-elle affirmé.

Pulecio a remercié le président Chávez pour sa gestions en vue de la libération de sa fille, Ingrid Betancourt, et a assuré que durant six années "elle a demandé" au président de la Colombie, Álvaro Uribe, qu'il l'aide "à l'heure de la situation tellement difficile que vit la Colombie".

"Je me sentais parfaitement menacée, je ne savais plus où m'adresser quand j'ai eu l'appui de votre président. Depuis le premier jour où je suis venu converser avec lui j'ai senti toute la qualité humaine qu'il a, sa solidarité, et il avait promis de m'aider et il m' a aidé, il a aidé à toutes les familles des otages colombiens ", a t-elle assuré.

La mère d'Ingrid Betancourt a remercié Chávez et la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, puisque " car grâce à eux sept personnes ont été libérées, et je demande à Dieu tous les jours, je lui demande qu'il vous aide et que la guérilla libère ma fille".

"Vous connaissez toute sa situation. Elle est malade, elle est très faible. Je ne veux pas vous rendre tristes avec ce sujet, je ne veux pas, la seule chose que je veux, c'est que vous n'ayez jamais à vivre une chose semblable, à vous qui jouissez de vos enfants, de votre toit, que vous jouissiez de tout de ce que vous avez aujourd'hui, et se rendent compte réellement de de ce qu'elles ont, parce il y a des choses de la vie et l'on ne se rend pas compte ", a t-elle assuré.

"Je les remercie dans l'âme pour leurs manifestations, et je sais que vous êtes solidaires avec moi", a ajouté Pulecio.

Piété Cordoba : "Je ne me reposerai pas tant que je n'obtiendrai pas la paix en colombie"

La sénatrice Piedad Cordoba a entamé ses mots en remerciant "de tout coeur" le président Chávez pour "son apport" et pour "pour l'accompagnement de tout le pays à contribuer à dépasser le drame énorme que vit la Colombie, ma Patrie".

"Je veux dire au peuple vénézuélien, à ces femmes qui ont la chance et la possibilité de construire un Vénézuéla différent, un Vénézuéla qui jouit aujourd'hui de nouvelles dispositions et pas seulement la Constitution, mais aussi cette démocratie contruite à travers la V République, ils peuvent dire qu'on peut, que des avancées peuvent être obtenues, qu'en effet il peut y avoir une Révolution, qu'il peut y avoir transformation, qu'en effet il y a changement, qu'en effet il y a le socialisme", a t-elle assuré.

Cordoba a aussi demandé des "excuses" au mandataire vénézuélien pour "l'avoir embarqué" dans "une tâche tellement difficile face au conflit colombien".

"Je savais que c'était difficile, et face à ces difficultés je lui ai demandé qu'il m'aide, mais jamais je n'aurai pensé que celà allait lui enlever tant de moments de tranquillité, tant l'approche est compliqué, tant de préoccupations, mais, pardessus tout, je sais aussi que sa solidarité, son affection, son amour, sa foi, son espoir, sa lutte pour la justice, son amour pour la paix en Colombie, font qu'il se soit entièrement consacré à nous aider", a t-elle affirmé.

"Aujourd'hui, nous combattons pour la liberté d'Ingrid et de beaucoup d'autres, mais il y a aussi dans mon pays beaucoup de prisonniers politiques, des victimes de la persécution de l'État, et des victimes de l'inégalité, de l'injustice et de l'incomprensión", a ajouté Cordoba.

La sénatrice colombienne a assuré qu'elle ne se reposerai pas tant qu'elle n'obtiendra pas la paix en colombie, l'égalité et que "puisse voir le jour une colombie, différente, différente, la Colombie de l'inclusion, la Colombie sans déplacés, une Colombie sans disparues, sans pauvreté, sans injustice".

"La Colombie où les hommes et les femmes qui devraient être dans les écoles, dans les universités, construire la paix, la Patrie, ne soient plus obligés d'être dans la forêt reclus dans des conditions cruelles mais, comme nos frères, contribuent aussi à cette Révolution qui unifie l'Amérique latine avec le socialisme et qu'au sein de l'Amérique latine il y aussi la Colombie et que la Colombie fait aussi partie de l'Amérique latine", a conclu Cordoba.


Citation:
Amérique latine - Le risque de guerre s’éloigne - La Colombie isolée
10/03/2008 - France Soir, L'Orient-Le Jour

La guerre semble évitée en Amérique du Sud où l’Equateur, le Venezuela et la Colombie sont parvenus à régler leurs différends. Hugo Chavez sort grand vainqueur de cette crise.

Une poignée de main symbolique a enterré la hache de guerre vendredi lors d’un sommet après une semaine d’inquiétants mouvements militaires et la rupture des relations diplomatiques de plusieurs pays avec Bogota.

La fin du différend, qui a éclaté le 1er mars à la suite d’une intervention militaire colombienne en Equateur pour tuer le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), est intervenue contre toute attente à la fin du sommet du groupe de Rio, à Saint-Domingue.

Pourtant, les échanges avaient été houleux entre la Colombie, le Venezuela et l’Equateur, allant parfois jusqu’à évoquer une guerre probable. Les poignées de main ont été retransmises en direct par les télévisions d’Amérique latine pour qui l’issue de la crise est une victoire diplomatique.

La Colombie isolée

Mais cette fin de crise est avant tout le désaveu de l’influence colombienne sur ses voisins. Alvaro Uribe est entouré de pays ayant basculé à gauche, le président n’est pourtant pas sans atouts puisqu’il bénéficie du soutien américain. Force est de constater que l’allié, plus préoccupé par les élections que par la situation en Amérique latine, est resté muet.

Afin de régler le conflit, Alvaro Uribe s’est donc vu contraint de s’excuser publiquement auprès du président équatorien qui s’est également résolu à ne plus empiéter sur les plates-bandes de ses voisins.

Hugo Chavez connaît, quant à lui, une fortune bien différente. Pour le président vénézuélien, « ce sommet est un don de Dieu ». Le chef d’Etat saisit l’occasion pour se moquer des Etats-Unis et retrouve sa position de « libérateur d’otages ».

Chavez a annoncé détenir de nouvelles preuves de vie d’otages avant de lancer samedi un nouvel appel aux Farc. « Envoyez-nous Ingrid », s’est-il exclamé l’homme fort de Caracas, qui ne désespère pas de parvenir à la libération d’Ingrid Betancourt. Cela ferait de lui « le patron de l’Amérique latine ».

Un demi-succès pour Chavez ?

L’épisode de la crise en Amérique latine a valu un demi-succès au président vénézuélien Hugo Chavez, acteur-clé de la réconciliation dans une région, où sa campagne contre les États-Unis et son soutien aux FARC sont encore loin de faire l’unanimité.

Après avoir jeté de l’huile sur le feu durant une semaine, cet orateur au naturel bouillant a scellé la paix entre la Colombie et l’Équateur, par une intervention pleine de mesure, lors du sommet du Groupe de Rio, vendredi à Saint-Dominigue. « Il est incontestable que Chavez a joué un rôle important et que son attitude a été fondamentale pour le dénouement de la crise », a expliqué Carlos Romero, professeur de sciences politiques à l’Université centrale du Venezuela (UCV), dans un entretien à l’AFP. Toutefois, selon cet expert en relations internationales, le dirigeant vénézuélien a aussi « suscité de nombreux doutes » en apportant son soutien aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). M. Chavez avait qualifié de « bons révolutionnaires » la vingtaine de guérilleros marxistes, abattus lors de l’incursion de l’armée colombienne en territoire équatorien, qui a déclenché toute la crise le 1er mars. Chef de file de la gauche radicale, cet allié de Cuba avait en outre accusé « l’empire américain et ses laquais », – une allusion aux États-Unis et au président colombien Alvaro Uribe –, de vouloir implanter une « colonie ».

« Cette rhétorique ne fonctionne pas dans la région, où la majorité des pays ne veulent plus être étiquetés, ni comme alignés sur les États-Unis ni comme anti-impérialistes », souligne M. Romero, en citant le cas du Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ou de la Chilienne Michelle Bachelet, tous deux à gauche. Seul le président du Nicaragua, Daniel Ortega, ancien chef de la guérilla sandiniste, avait emboîté le pas de son allié équatorien Rafael Correa, en rompant ses relations diplomatiques avec la Colombie, allié traditionnel des États-Unis. Les 34 pays de l’Organisation des États américains (OEA) refusaient en revanche de condamner explicitement la Colombie, dans une résolution qui reconnaissait seulement la « violation de souveraineté » de l’Équateur.

« Chavez a fait preuve d’une grande habileté politique en désamorçant la crise, mais les problèmes de fond demeurent », a estimé pour sa part Edmondo Gonzalez Urrutia, directeur du Centre d’analyse diplomatique et stratégique à Caracas. Cet ancien ambassadeur du Venezuela redoute notamment « le risque de nouveaux incidents » avec les FARC, toujours très présents dans la région frontalière avec l’Équateur.

La question des otages pourrait aussi donner lieu à de nouvelles passes d’armes. M. Chavez, qui a obtenu la libération de six d’entre eux depuis le début de l’année, n’a pas l’intention de mettre fin à son rôle de médiateur, dont l’ont déchargé les autorités colombiennes. D’ailleurs, samedi M. Chavez a lancé un appel au chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Manuel Marulanda, pour qu’il libère Ingrid Betancourt. « Il est devenu incontournable dans le dossier des otages. Mais seul son rôle de négociateur lui est bénéfique », a expliqué le directeur de l’Institut d’enquêtes indépendant Datanalisis, Luis Vincente Leon. « Dans son propre pays, les habitants ne portent pas les FARC dans leur cœur et ils ne voient pas d’un bon œil la sympathie que leur témoigne leur président », signale ce politologue vénézuélien, joint par téléphone à l’AFP. À force de se focaliser sur son audience internationale, M. Chavez pourrait « se mettre en danger chez lui », souligne-t-il. Les électeurs lui ont d’ailleurs infligé en décembre sa première défaite en rejetant sa réforme constitutionnelle qui instituait un socialisme d’État.
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Lun 10 Mar - 17:41

Citation:
Expéditeur : "Armand Burguet" <armand@educweb.org>
Date : 09/03/08 12:15
Objet : Ingrid Betancourt : le point sur la situation


Bonjour à toutes età tous. Les événements se sont précipités au cours des dernières semaines, et il est nécessaire, je crois, de faire aujoird'hui le point de la situation.

L'exécution ciblée de Raul Reyes, le négociateur international des farc, par l'armée colombienne, sur le territoire de l'Equateur, au moment même où ce pays et le Vénézuéla négociaient avec la guérilla la libération de nouveaux otages, avait fait craindre le pire. Heureusement, les Farc avaient très vite signalé par un communiqué que cet événement ne remettait pas en cause leur volonté de négociation.

Si la disparition de l'interlocuteur numéro un a évidemment créé pas mal de nouveaux problèmes, il faut signaler que Raul Reyes n'était pas la seule personne avec qui nous étions en contact pour obtenir une libération unilatérale et rapide d'Inrid, pour des raisons humanitaires. Ces contacts continuent et notre espoir reste intact.

La manière dont cette exécution a été plannifiée et exécutée ne laisse malheureusement plus de doute sur la position du président Uribe. Nous savions qu'il n'avait jamais montré un grand intérêt pour la libération des otages - nous savons maintenant qu'il est prêt à prendre des actions concrètes pour l'empêcher. Le seul espoir des familles reste donc l'action des gouvernements amis - principalement du Président Chavez soutenu maintenant par plusieurs pays latino-américains, et que la France a également soutenu dans un communiqué.

La crise qui avait éclaté à l'occasion de cette incursion de l'armée colombienne dans un territoire étranger vient heureusement de se résoudre au Sommet de St Domingue, à l'initiative du président Correa de l'Equateur. Ce sommet des chefs d'Etats sud-américains a été l'occasion pour plusieurs pays de mettre la pression sur la Colombie pour qu'elle cesse sa politique belliqueuse et qu'elle accepte l'idée de négociations avec les rebelles. A l'occasion de la journée de la femme, Hugo Chavez y a lancé un appel solennel au chef des Farc en lui demandant de libérer Ingrid Betancourt.

Accompagnant Hugo Chavez dans cette réunion, Yolanda Pulecio, la maman d'Ingrid, a joué un rôle très important dans l'évolution des événements. Yolanda a déployé toute son énergie, dans la discrétion et l'efficacité, pour rencontrer plusieurs chefs d'Etat et préparer avec eux ce sommet. Elle est maintenant à Cuba où elle continue sans faiblir ses efforts pour libérer sa fille.

En ce moment nous poursuivons donc deux efforts en parrallèle : d'une part la demande aux Farc de libération immédiate et unilatérale d'Ingrid Betancourt et d'autres otages dont l'état de santé exige des soins immédiats, et d'autre part une action internationale concertée vers le gouvernement colombien, pour qu'il accepte le principe de négociations directes avec les FARC, dans une zone préalablement démilitarisée et sécurisée par la communauté internationale, afin d'y assurer la sécurité des négociateurs et de la population locale.

Plus d'informations sur tout cela, bien sur, sur www.Betancourt.info

Plus que jamais nous avons besoin du soutien et de la mobilisation de tous

Armand


* Armand Burguet - +32 (0) 474 50 80 04 - armand@educweb.org

* www.EducWeb.org - pour les enseignants et leurs classes

* www.Betancourt.info - soutien à Ingrid Betancourt, otage depuis février 2002
* www.Aeropostale-3000.org - écrire à un des 3.000 séquestrés de Colombie
* www.Atterrissage.org - l'Europe : rêve ou cauchemar ?
* www.AlterFocus.com - un autre regard sur l'actualit



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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mar 11 Mar - 17:43

Citation:
Les Farc ne libéreront pas Betancourt, affirme le tueur d'un chef guérillero
11/03/2008 - France Info, UniVision, AFP

La guérilla des Farc ne veut pas libérer l’otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, a affirmé lundi à Bogota le guérillero Pablo Montoya, alias "Rojas", qui a assassiné son chef Ivan Rios, l’un des sept membres du secrétariat des Farc (organe dirigeant).

"Pour rien au monde ils (les Farc) ne libéreront Ingrid. Que Mme Yolanda (Pulecio, la mère d’Ingrid Betancourt) le sache", a déclaré le guérillero à Radio Caracol (privée).

Concernant les trois Américains détenus par les rebelles, "Rojas" a affirmé que les Farc allaient leur infliger le même traitement que celui que la justice américaine a infligé au chef guérillero Ricardo Palmera, alias "Simon Trinidad". "Ils (les Farc) vont condamner les gringos comme ces derniers ont condamné Simon (Trinidad)", a-t-il dit. Simon Trinidad a été condamné aux Etats-Unis à 60 ans de prison.

Les trois civils américains, Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, qui travaillaient en Colombie pour le compte du département américain de la Défense, ont été capturés par la guérilla en février 2003 alors que leur avion s’était écrasé dans la jungle colombienne.

"Rojas" est l’un des trois guérilleros qui, après avoir tué leur commandant Ivan Rios, lui ont coupé la main droite afin de prouver aux autorités qu’il s’agissait bien du dirigeant des Farc et de toucher la rançon promise. Présenté aux médias par l’armée colombienne, l’homme, qui a également assassiné la compagne de "Rios", une jeune fille de 17 ans, a jusqu’à présent donné des versions contradictoires sur les circonstances de la mort de son chef et sur ses motivations pour le tuer.

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) veulent échanger un groupe de 39 otages contre 500 de leurs guérilleros emprisonnés.
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Sam 15 Mar - 9:09

Citation:
L'ex otage des FARC arrive à Paris avec des proposition pour Sarkozy concernant les libérations
15/03/2008 - 20 minutes.fr, TeleSur, BBC News

Luis Eladio Pérez, ex otage de la guérilla colombienne des FARC, arrive ce vendredi à Paris avec une proposition pour le président Nicolás Sarkozy envue de la libération des otages restés dans la forêt, dont Ingrid Betancourt, dont il a été le confident.

"Ma proposition, est très simple, est bien étayée et cherche déplacer ce qui est inamovibles concernant l'accord humanitaire entre le gouvernement et les FARC pour entamer un échange (des otages contre des rebelles emprisonnés)", a dit l'ex congressiste sans offrir de plus grands détails.

Selon Pérez, la participation du mandataire français pour la libération des otages "est fondamentale". "Non seulement pour l'intérêt énorme pour la libération de sa compatriote (Ingrid Betancourt, aussi de nationalité française), mais également du restes des otages".

"Je suis très optimiste, a ajouté l'ancien confident d'Ingrid Betancourt pendant sa détention, car le président de mon pays Alvaro Uribe connait déjà cette proposition et la considère comme viable".

Il a aussi souligné le rôle du mandataire vénézuélien,Hugo Chávez, et de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, auxquelles les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC) ont livré six otages cette année.

"Il y a une réalité les seuls avec qui les FARC dialoguent de nos jours sont le président Chávez et Piedad. Son rôle est essentiel pour obtenir les libérations ", a t-il souligné.

Ingrid Betancourt - retenue depuis le 23 février de de 2002- considère Pérez comme son meilleur ami de captivité, dans une lettre il s'est référé à lui comme étant son confident.

Pérez croit que les FARC n'ont pas fermé les portes à une libération négociée des otages en dépit de l'assassinat ce mois de mars de deux de ses dirigeants, un tué par l'Armée et l'autre par son chef desécurité
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Sam 22 Mar - 11:46

Citation:

Clara Rojas: "L'accouchement a été un vrai traumatisme"
22/03/2008 - Le Courrier International, Clarin

La détention de Clara Rojas, enlevée par les FARC avec Ingrid Betancourt le 23 février 2002, a duré près de six ans. Très discrète depuis sa libération, le 10 janvier dernier, elle revient, dans une longue interview au quotidien argentin Clarín, sur ce calvaire interminable et la naissance, dans des conditions dramatiques, de son fils Emmanuel en pleine forêt colombienne.

Extrêmement maigre, élégante et chaleureuse, Clara Rojas n'élude pas les questions. Même si elle invoque son droit à l'intimité ou le droit pour Emmanuel, son fils né en captivité, de vivre une vie normale, elle se penche avec nous sur tous les instants de son drame au dénouement heureux, elle qui fut pendant six ans l'otage des FARC dans la forêt colombienne.

Comment se passait une journée dans la forêt ?

CLARA ROJAS : La vie y est difficile, parce que c'est une routine très monotone. Si nous sommes poursuivis, il faut se lever très tôt, s'habiller et partir. On dort habillé presque tout le temps. Il s'agit donc juste d'enfiler ses bottes, de se débarbouiller vite fait, et c'est parti pour des heures de marche, toute la journée. Quand on marche dans la forêt ou qu'on est en bateau ou ce genre de choses, on se déplace, il y a du mouvement, ça occupe l'esprit.

Il y avait de l'action…

Oui, mais toujours la même. Finalement, on finit par sombrer dans la fatigue et la sueur. C'est très lourd. Puis on arrive, où que ce soit, et il faut déterminer comment on va s'installer et dormir. C'est arrivé très souvent. On m'a demandé combien de fois j'avais été déplacée, mais je ne sais pas, il y en a eu tellement que j'ai perdu le compte. Et puis il y a un autre état, quand on reste au même endroit longtemps. "Longtemps", cela veut dire quelques mois, je ne suis pas restée au même endroit pendant six ans. Tu arrives, et ils organisent le site, ils débroussaillent la zone. C'est dans ces moments-là, lorsqu'on est tranquille à un endroit, qu'on peut se lever très tôt, essayer d'écouter la radio pour avoir les infos, se laver, avoir le temps de prier. Quand j'ai eu l'occasion de lire, je l'ai fait, même s'il y avait peu de livres. Et quand j'avais mon bébé, il m'occupait en permanence.

Comment se passaient les déplacements après la naissance d'Emmanuel ?

C'était un moment fort, qui m'a permis de faire abstraction de ce que je vivais. Je vivais normalement : me réveiller pour le nourrir, lui changer sa couche. C'était très difficile, nous n'avions pas tout ce qu'il est courant d'avoir ici. Il fallait par exemple fabriquer des couches avec des draps. Et les laver plusieurs fois par jour, parce qu'il n'y avait pas de couches jetables.

Comment s'est passée votre grossesse ?

Ce fut une grossesse normale, j'étais en bonne santé. Même si, les premiers mois, nous étions sans cesse déplacés. Ce qui était dur, c'était lorsque l'on ressentait le harcèlement de l'armée colombienne. Lorsqu'on se trouve avec des gens malades et qu'il faut tout faire rapidement, sous la pression non seulement de l'armée qui s'approche mais aussi des guérilleros en armes. Ce sont ces moments qui ont rendu ma grossesse difficile.

Vous avez été d'accord pour être séparée de votre enfant ?

Je voulais qu'il reçoive des soins médicaux, parce qu'il en avait besoin. Je ne pouvais pas me voiler la face : dans la jungle, on n'a rien, et s'il lui était arrivé quelque chose, il aurait pu mourir. Ç'a été une décision difficile, mais je gardais l'espoir que mon fils serait remis à la Croix-Rouge, comme je le leur avais demandé.

Vous leur avez proposé de le remettre à votre mère ?

Oui, mais ils ne l'ont pas fait. Ils m'ont fait miroiter cette possibilité, et j'ai donc accepté la séparation. Ils m'avaient dit qu'elle ne durerait que quinze jours. Disons que j'ai fait contre mauvaise fortune bon cœur. Mais les années ont passé, et ç'a été très dur. Ils me disaient que mon enfant allait bien, mais ce n'était pas vrai.

Comment s'est passé l'accouchement ?

Un vrai traumatisme. Cela a été très dur pour moi de m'en remettre, j'étais très affaiblie. J'étais sous l'empire d'une drogue très forte ; j'avais beaucoup maigri, perdu beaucoup de sang, et si je ne m'étais pas secouée, j'aurais pu mourir. Il y a eu trente, quarante jours très difficiles. Puis j'ai compris qu'il fallait que je recommence à m'alimenter, que je me remette vite pour pouvoir élever mon fils.

Vous ne l'avez pas allaité ?

Je ne pouvais pas : le lait ne montait pas. Et, vu tous les médicaments qu'on me donnait, il aurait de toute façon été mauvais.

Qu'avez-vous ressenti en découvrant que vous étiez enceinte ?

C'est un sentiment compliqué : j'avais toujours voulu avoir un enfant, mais bien sûr pas dans la jungle. J'ai été prise d'une angoisse terrible, je me disais "Mon Dieu, pourquoi ici ?". C'était très dur, parce que je suis très citadine : j'espérais comme tout le monde accoucher dans un hôpital, avec une assistance médicale. J'imaginais pouvoir faire des échographies pour suivre ma grossesse…

Quelles sont vos relations avec votre enfant ?

Il m'appelle mamá, mamita à longueur de journée, je suis sur un petit nuage. Mais il y a des choses qui m'inquiètent, comme cette exposition médiatique excessive. Ce que je veux pour lui, c'est qu'il puisse être un petit garçon normal. Que tout ça ne l'accapare pas, que ça ne le perturbe pas.

Comment s'est passée votre première nuit avec lui, après votre libération ?

Je n'ai pas arrêté de le regarder, bouche bée : il était tellement plus grand ! Et puis, c'est une responsabilité énorme, je suis le papa et la maman de mon fils. Ma famille me soutient, mais c'est moi qui ai le plus à fournir.

Il réclame son père ?

Pas encore, il est trop petit (il aura 4 ans en avril). J'imagine qu'il finira par le faire, et qu'à ce moment-là, Dieu m'éclairera, non ?

Clara, vous n'abordez pas le sujet, et la seule version que nous avons est celle du journaliste Jorge Enrique Botero, qui affirme dans son livre [Últimas noticias de guerra, paru en février 2006 en Colombie] qu'Emmanuel est le fruit d'une relation librement consentie avec un guérillero.

Mais je n'ai jamais eu la moindre "relation" et n'ai jamais évoqué ce genre de choses ! Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ? J'ai dit qu'il avait globalement raison, mais jamais je n'ai donné le moindre détail.

Alors, quelle est la vérité ?

J'ai le droit de protéger ma vie privée, et mon fils aussi, car je le fais aussi en pensant à lui. Ce que je veux, c'est que mon fils n'ait pas de doutes, pas de peurs non plus, qu'il ait une vie normale.

Mais c'est à cause de cette version des faits que tout le monde voit Emmanuel comme l'"enfant de la grande tragédie colombienne".

Oui, et c'est vrai. Il l'est parce que je suis une femme otage, j'ai été otage. Dans ce sens, je comprends. Mais de là à approfondir la question… Je m'efforce de mettre des limites à la médiatisation de ma vie privée, je veux que ça continue.

Votre vision politique des FARC a-t-elle changé depuis votre enlèvement ?

Evidemment. Finalement, je ne vois rien, et c'est ce qui me fait le plus mal. J'ai mal à mon pays, je ne vois aucun horizon [aux FARC], aucune direction, ils n'ont pas de discours politique qui leur permette de se présenter comme une alternative.

Vous regrettez d'être restée avec Ingrid ? [Le 23 février 2002, au moment où Ingrid Betancourt était enlevée par des guérilleros des FARC, elle l'a spontanément suivie, alors qu'elle allait être relâchée, comme les autres occupants de la voiture].

Les regrets ne servent à rien, mais c'est sûr que je me suis trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Ma solidarité avec Ingrid m'a poussée à l'accompagner dans une situation dangereuse. C'est là que je me suis trompée, parce que pas plus qu'elle je ne me suis dit que nous étions un objectif militaire.

On raconte que vous vous êtes disputées après une tentative d'évasion. C'est vrai ?

Non, je crois que dans une situation aussi dramatique, il n'y a pas de place pour les disputes. Il y a des différends, dans la vie quotidienne, dans l'amitié, mais ce sont des peccadilles dans une tragédie pareille. En fait, ils nous ont séparées. Et moi, j'étais très occupée par mon fils, très centrée sur lui, parce qu'il le fallait, vous comprenez. Je souhaite le meilleur à Ingrid.

Vous vous imaginez dans les bras l'une de l'autre ?

Bien sûr, évidemment, je n'ai absolument rien contre elle.

Comment avez-vous pris la nouvelle de la mort de Raúl Reyes ? Vous le connaissiez ?

Disons que je ne m'y attendais pas. Je ne le connaissais pas. Je crois que sa mort met fin au mythe des FARC invulnérables, eux aussi subissent des coups durs. Nous sommes à un moment où les gens croient qu'on ne peut rien faire, et il me semble qu'un mythe s'est effondré. D'une certaine façon, cela va les pousser à négocier.

Vous croyez que cet événement ne ralentit pas le processus de libération des otages, qu'il l'accélère au contraire ?

D'une certaine manière, cela les a amenés à un carrefour : ou ils continuent sur le même chemin, et alors il est possible qu'ils soient encore nombreux à mourir, ou alors ils cherchent une sortie, une solution.

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Ingrid Bétancourt

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