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 Ingrid Bétancourt

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djodj

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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mer 5 Mar - 10:33

Citation :
Bernard Kouchner argue que la France fait tout pour libérer Ingrid Betancourt
Le 5 mars 2008 - 07:27
|

Bernard Kouchner a assuré mercredi que la France continuait "d'employer tous les moyens possibles" pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, malgré les obstacles qui "s'accumulent".

"Vous connaissez la situation, le président vient d'en parler. Ça ne nous empêche pas, non seulement de nous acharner, mais d'employer tous les moyens possibles pour essayer et pour réussir à faire sortir Ingrid Betancourt", a déclaré le ministre des Affaires étrangères à l'issue du conseil des ministres. "Les obstacles s'accumulent; eh bien!, notre décision est encore plus ferme que d'habitude et notre acharnement aussi", a lancé le ministre. "C'est une urgence véritable, c'est humainement pas possible de la laisser."

Selon le porte-parole du gouvernement, le président Sarkozy a répété sa disponibilité à se rendre à la frontière colombienne "à condition que ça puisse permettre une libération, notamment d'Ingrid Betancourt". "Dans la vie d'un homme politique (...) se battre pour sauver des vies, c'est quelque chose qui compte", a déclaré Nicolas Sarkozy, selon Laurent Wauquiez.

Il a en revanche précisé que le N2 des FARC Raul Reyes "avait iti pas récemment mais dans le passé, un interlocuteur de la France", "comme des autres pays qui sont investis sur ce sujet de la libération des otages". Mardi, le Quai d'Orsay avait affirmé que Paris avait des contacts avec Reyes, dont l'élimination samedi a fortement tendu les relations de la Colombie avec l'Équateur et le Venezuela.



© La Presse Canadienne, 2008
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djodj

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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mer 5 Mar - 15:15

Citation :


lundi 3 mars 2008 par Amédée Sonpipet

Le rondouillard n°2 des Farc colombiennes, Raul Reyes, s’est fait plomber dans la nuit de vendredi à samedi, en Equateur, à proximité de la frontière avec la Colombie. Portrait de celui qui était étroitement mêlé aux négociations de libération des otages, notamment celle d’Ingrid Betancourt.


« Raul Reyes est tombé ! ». Lancé d’une voix de speaker de stade, ce jingle est passé en boucle samedi, sur les ondes de radio Caracol, la principale radio d’informations colombienne. L’annonce tonitruante de la mort du numéro 2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) dans la nuit de vendredi à samedi a été officialisée dans la matinée par le ministre colombien de la Défense qui peinait à contenir sa jubilation. C’est que le trophée est de taille… Luis Edgar Devia Silva, alias Raul Reyes, figure dans le top 50 des personnes les plus recherchées de la planète. Pour sa capture, le ministère de la Défense offrait une prime de 6 800 millions de pesos et le Département d’Etat américain alignait cinq millions de dollars. Parmi la litanie de griefs qu’on lui reproche : terrorisme, homicides, séquestrations, narcotrafic…Un sordide tableau de chasse pour feu le porte-parole des Farc qui a passé la moitié de ses soixante années de vie dans la jungle. Sans doute l’amour de la nature.

Droit dans ses bottes en caoutchouc, le treillis tiré à quatre épingles, une Rolex clinquante au poignet - son pêché mignon -, jamais sans son calibre, ce petit homme au visage rond orné d’une barbe grisonnante et de binocles de matheux affiche un beau parcours de guérillero. Fils d’un paysan et d’une institutrice du département du Huila, cet ancien distributeur de lait, passé par l’usine Nestlé du coin, s’est vite converti aux « ismes » de gauche. Syndicalisme, jeunesse communiste, socialisme révolutionnaire avant de se glisser dans l’uniforme des Farc à compter des années 70. Il œuvre alors avec zèle à l’ouverture d’un front international de la guérilla et ouvre des succursales des Farc à l’étranger, notamment en Europe, au Costa Rica et au Mexique. À la mort de son mentor Jacob Arevas – considéré comme responsable idéologique - en 1990, Reyes « l’héritier direct » le remplace et se charge du prosélytisme en dehors de Colombie. Il délaisse un temps son fusil M16 pour son bâton de pèlerin et arpente les routes et les cieux du monde afin de glaner des soutiens.

De retour dans l’épaisse jungle colombienne, aux côtés de beau-papa « Tirofijo » (Raul Reyes a épousé Gloria Marin, fifille aujourd’hui incarcérée au Mexique de l’indéboulonnable chef suprême des Farc, Manuel Marulanda) et des cinq autres membres du secrétariat national du mouvement, il décide et coordonne les actions d’un contingent aujourd’hui estimé à près de 15 000 soldat(e)s répartis sur une cinquantaine de fronts. L’ami colombien supervise également les finances de la guérilla et, à ce titre, a été en charge de la gestion des deniers générés par le fort rentable business des otages. Au sujet des conditions inhumaines de détention de leurs proies, il concédait sans sourciller qu’ils « ne marchent pas en faisant du tourisme écolo dans la jungle ». Résultat : des caciques de l’Eglise aux représentants des gouvernements étrangers, en passant par les journalistes du monde entier, nombreux sont ceux qui ont eu affaire à Raul Reyes. C’est son rôle central dans le processus de négociation avorté (1999-2002) avec le précédent Président Andrés Pastrana qui l’a propulsé sur le devant de la scène politique et sous les spotlights médiatiques. Il incarnait depuis la face visible des Farc.

Chavez a le deuil guerrier
Si l’information de la mort de Raul Reyes passe en boucle sur les médias colombiens, la presse vénézuelienne et les organes réputés proche de la guérilla font profil bas. Il a fallu attendre le dimanche 2 mars pour recevoir un communiqué de l’agence de presse pro-Farc Anncol dont le site web hébergé en Suède est curieusement hors-service depuis ce week-end. Intitulé « Uribe assassine un autre syndicaliste : Raul Reyes », l’article dénonce les « méthodes sanglantes de l’oligarchie colombienne ».

Même tonalité au Palais de Miraflores où le bouillonnant Hugo Chavez sonne le tocsin et vocifère contre la violation de la souveraineté équatorienne (Raul Reyes a été abattu en Equateur, à proximité de la frontière avec la Colombie). Le président équatorien Rafael Correa a aussi moufté, en expulsant l’ambassadeur colombien à Quito. En sus d’accuser Alvaro Uribe de « criminel, mafieux, paramilitaire », Chavez, tout chafouin, a rappelé tout son personnel en poste en Colombie, fermé son ambassade et posté des hommes à la frontière. Lors de sa folklorique émission dominicale « Alo Presidente » entre les diatribes anti-Uribe habituelles, il a tenu une minute de silence pour son « camarade » Reyes. Cela aurait pu être pire. Il aurait pu chanter « ce n’est qu’un au revoir » en espagnol…
Dans les faits, il en était l’éminence grise et le diplomate en chef. C’est d’ailleurs avec lui que les sémillants négociateurs du Quai d’Orsay palabraient d’Ingrid Betancourt et d’accord humanitaire en catimini…

Hasta la vista baby
Opiniâtre, obstiné et inflexible, Raul Reyes ne faisait pas dans la dentelle. Chantre de l’aile dure politique de la guérilla, proche de la branche militariste de son « camarade » Mono Jojoy, Reyes n’a jamais démordu. « Les Farc vont prolonger la lutte pour le pouvoir et l’obtiendront soit par voie militaire soit par des accords politiques. Nous sommes contraints par l’Etat colombien de faire la guerre pour nous défendre et obtenir la paix », martelait-il encore au cours de sa dernière interview accordée au magazine brésilien Terra cinq jours avant sa mort.

Avec la mort de Reyes, les Farc de « Monsieur Maralunda », selon les termes de notre vénérable Président Sarkozy, encaissent là le plus gros coup de leur existence. Au lendemain de la libération unilatérale des quatre ex-congressistes en février, l’armée colombienne plante sa flèche en plein dans la bête. C’est la première fois qu’un membre du secrétariat national des Farc est abattu. Youpi ! Un succès militaire et politique sans précédent qui couronne la politique intransigeante du gouvernement à l’égard de la guérilla, blessée mais toujours debout. Selon les spécialistes, des débats houleux pourraient avoir lieu en interne entre les militaristes et les modérés pour remplacer Reyes. Et les pronostics penchent plus du coté du second camp, misant sur Luciano Marin Arango, alias Ivan Marquez. Membre du secrétariat des Farc, au parcours similaire à celui de Reyes, il représente le courant « modéré ». Sa nomination pourrait rimer avec négociation…

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djodj

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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mer 5 Mar - 22:53

Citation :
Au Brésil, Rafael Correa se dit persuadé que la Colombie a voulu empêcher la libération d'otages
06/03/2008 - Le Nouvel Obs, El Universal
Le président équatorien Rafael Correa s'est rendu mercredi au Brésil en vue d'obtenir de son homologue Lula da Silva son soutien dans la condamnation de l'opération militaire colombienne sur le sol équatorien le week end passé.

Devant les journalistes, Rafael Correa s'est dit d'accord avec la théorie selon laquelle les autorités colombiennes avaient tué Raul Reyes, N°2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), pour "empêcher les négociations de libération d'otages d'avancer".

De son côté, le président brésilien Lula da Silva avait déclaré la veille que la Colombie avait eu tort d'envoyer un commando en Equateur, insistant néanmoins pour que les dirigeants de la région s'entendent pour mettre fin à la crise. "Je suis persuadé que nous allons trouver une solution calme et pacifique à tout cela", a-t-il affirmé.

Le président équatorien devait se rendre ensuite au Venezuela avant de reprendre sa tournée en Amérique latine via le Panama, le Nicaragua, et la République dominicaine en vue de rallier d'autres pays à sa vision des faits.

Reprochant à Bogota d'avoir violé sa souveraineté nationale en menant une opération militaire sur son territoire, Quito a coupé toute relation diplomatique avec son voisin et envoyé des troupes à la frontière. Le Venezuela voisin a également déployé des milliers de soldats sur sa propre frontière avec la Colombie

Le Président Sarkozy prêche la « modération »

Le président français, Nicolas Sarkozy, a appelé aux pays de la région andine et à « tous les acteurs concernés » dans la crise de « faire preuve de modération », dans une conversation téléphonique qu'il a eue aujourd'hui avec son homologue Hugo Chavez, a informé l'Elísée.

« Le président de la République a parlé aujourd'hui (mercredi) par téléphone avec le président Hugo Chavez pour discuter de la situation régionale et de la question des otages en Colombie », a annoncé dans un communiqué le porte-parole de la présidence, David Martinon.

« Devant l'augmentation inquiétante de la tension dans la région andine », Sarkozy « a réitéré son appel à tous les pays de la région et tous les acteurs concernés pour qu'ils fassent preuve de modération et de responsabilité, de sorte qu'on puisse rapidement retourner au dialogue et à la coopération », indique ce texte.

Les deux présidents ont en outre exprimé « leur espoir que les événements récents ne menacent pas la continuation du processus de libération des otages entre les mains du FARC ».

Sarkozy « a récemment remercié le président Hugo Chavez pour ses efforts, qui ont permis la libération de six otages», a ajouté le porte-parole.
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Jeu 6 Mar - 11:36

Citation :
Betancourt : Sarkozy engage la responsabilité du chef des Farc
06/03/2008 - Le Nouvel Obs, AFP, Le Monde, Le Point, Reuters, AFP, Semana, France24

"Je dis au chef des Farc, Manuel Marulanda, qu'il a sur les épaules le poids de la responsabilité de la vie ou de la mort d'une femme", a déclaré le chef de l'Etat, dans une interview à la télévision colombienne.

Nicolas Sarkozy a réitéré, mercredi 5 mars, ses appels à la libération d'Ingrid Bétancourt, "en danger de mort", en appelant directement à la responsabilité de Manuel Marulanda, le chef de la guérilla colombienne, lors d'une interview accordée à la première chaîne de télévision colombienne RCN.

"Je dis au chef des Farc, Manuel Marulanda, qu'il a sur les épaules le poids de la responsabilité de la vie ou de la mort d'une femme", a déclaré le président de la République. "Qu'il mesure bien la décision qu'il va prendre parce que cette femme est en danger de mort, elle peut mourir dans les jours qui viennent, à lui de savoir s'il veut laisser inutilement une femme mourir ou s'il la libère", a dit Nicolas Sarkozy. "S'il la laisse mourir, cela veut dire qu'il sera responsable d'un assassinat", a-t-il ajouté.

A la question de savoir si une libération de l'otage franco-colombienne pourrait amener la France à faire sortir les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) de la liste des organisations terroristes sur laquelle elles figurent, le président français s'est contenté de répondre qu'une chose "est sûre, c'est que si Ingrid n'est pas libérée dans le cadre humanitaire, jamais" les Farc n'en sortiront.

"J'espère que les Farc comprendront"

S'adressant aux téléspectateurs colombiens, Nicolas Sarkozy a affirmé comprendre "parfaitement" le problème de sécurité "immense" que les Farc posent à Bogota, mais si important que puisse être ce problème, cela "ne doit pas se payer du prix de la mort d'Ingrid, parce qu'elle n'y est pour rien", a-t-il estimé.

"J'espère que les Farc comprendront que le monde entier regarde ce qui se passe et que la réponse humanitaire que je leur demande de donner à la situation d'Ingrid Bétancourt peut être la première étape d'un règlement autre dans laquelle je ne veux pas intervenir", a ajouté le président sans préciser davantage.

Invité à réagir à l'opération militaire de l'armée colombienne en territoire équatorien qui a coûté la vie du numéro deux des Farc, Raul Reyes, samedi puis envenimé à l'extrême les relations entre la Colombie, le Venezuela et l'Equateur, déjà houleuses, Nicolas Sarkozy a répondu n'avoir "pas à porter de jugement".

Appel au calme dans la région

"J'appelle simplement au plus grand calme", a-t-il dit avant d'ajouter qu'il comprenait la vive réaction de l'Equateur. "Aucun gouvernement ne peut accepter" une telle ingérence, a jugé Nicolas Sarkozy.

Le président colombien Alvaro Uribe "sait parfaitement que la solution ne peut pas être que militaire", a-t-il déclaré. "Chacun doit respecter les frontières de l'autre et je pense que les démocraties doivent se défendre contre les terroristes avec les règles de la démocratie", a-t-il ajouté.

Début décembre déjà, Nicolas Sarkozy s'était adressé à Ingrid Bétancourt, otage des Farc depuis février 2002, et à Manuel Marulanda, chef des FARC pour lui demander de libérer la Franco-Colombienne, dans un message télévisé. Il a expliqué que la libération d'Ingrid Bétancourt constitue un "engagement personnel" et "une cause nationale pour la France".

Tout pour sauver Ingrid

Nicolas Sarkozy a assuré qu'il comptait "tout faire pour sauver" Ingrid Betancourt. "Mon devoir c'est de tout faire, je dis bien tout faire pour sauver une femme qui est aujourd'hui en danger de mort" et "je ne négligerai aucune piste et aucun effort pour obtenir la libération de cette femme. Six ans de calvaire cela suffit !" Le président a poursuivi en expliquant que "les farc sont inscrites sur une liste d'organisations terroristes, à eux de savoir s'ils veulent en sortir ou s'ils veulent y rester. S'ils laissent mourir Ingrid Betancourt, il est sûr qu'il n'y aura aucune discussion. S'ils sauvent Ingrid Betancourt, alors peut-être que le monde les regardera un peu différemment".

Citation :
Ce que raconte le geôlier d’Ingrid Betancourt
06/03/2008 - Courrier International, Semana

L’hebdomadaire Semana a recueilli les déclarations, quelques jours après sa capture, de “Martin Sombra”, le commandant des FARC qui a longtemps eu la responsabilité de garder les principaux otages politiques.

Helí Mejía Mendoza a assassiné pour la première fois à l’âge de 10 ans. “C’était un Noir qui s’appelait Golo, raconte-t-il. Quand il y avait des tueries, il coupait les oreilles des gens, les faisait griller et les montrait comme des trophées. J’étais très petit, mais ce Noir m’exaspérait. A l’époque, les problèmes se réglaient par balles. Je lui ai tendu un piège et je lui ai tiré dessus. Comme le mec était noir, on m’a surnommé ‘Sombra’ [L’Ombre] et, avec le temps, je suis devenu ‘Martín Sombra’.”

Helí Mejía ou “Martín Sombra” a passé plus de trente-cinq ans dans les FARC. Il a réchappé à plus de quarante opérations de grande envergure dirigées contre lui. Mais, lundi dernier [le 25 février], la chance a tourné pour l’insaisissable chef de la guérilla : il a été capturé par la police dans le petit village de Saboyá (département de Boyacá). Pendant de nombreuses années, “Sombra” a été mandaté par le Secrétariat [instance dirigeante de la guérilla] pour l’une des missions les plus importantes, à savoir s’occuper des otages, ce qui en dit long sur son degré de proximité avec l’état-major des FARC. “Ils avaient vraiment confiance en moi, assure-t-il. Je ne rendais de comptes directement qu’à [Manuel] Marulanda” [surnommé Tirofijo (tir dans le mille), fondateur et chef suprême des FARC].

Durant son parcours révolutionnaire, “Sombra” a laissé derrière lui une longue série de morts et de destructions. Mais, dans la vie de ce guérillero, les années qu’il a passées à veiller sur des dizaines d’otages occupent une place à part. C’est “Sombra” qui, pendant des années, a eu sous sa responsabilité Ingrid Betancourt et Clara Rojas, qu’il a aidée à accoucher du petit Emmanuel. Semana s’est entretenu avec ce commandant de la guérilla. Son témoignage, une grande première, est déchirant.

“L’otage [Clara Rojas] allait mourir, parce que le petit n’arrivait pas à sortir, explique-t-il. J’avais quelques connaissances paramédicales, et la seule solution, c’était de pratiquer une césarienne. On a cherché un livre, on a regardé comment il fallait faire, et j’ai dit à ‘Guillermo’, un des guérilleros présents dans le camp : ‘On va lui ouvrir le ventre.’ Nous l’avons endormie à la xylocaïne. On a incisé au bistouri, comme on a pu. Mais le bébé avait une très grosse tête, et c’était un vrai problème… Il était en train mourir et, avec ‘Guillermo’, on l’a extrait tant bien que mal. Mais il s’étouffait, car il avait du liquide amniotique dans le nez. On lui a aspiré ses glaires, on a fait comme avec un veau qui vient de naître, en lui suçant le nez et en soufflant dedans. Quand on a eu extirpé le mouflet, on s’est aperçu qu’il avait une lésion au bras.”

Quelques jours après sa naissance, le petit Emmanuel a été emmené dans l’une des interminables marches auxquelles étaient soumis les otages à travers les cordillères accidentées du pays. “Il a fallu partir à cause du ‘plan Patriote’, explique “Martín Sombra”. L’armée utilisait de nombreux moyens techniques, l’aviation était mobilisée, il y avait des débarquements, des déploiements de troupes terrestres sur notre zone. Alors, j’ai rassemblé les vivres pour partir. Cela faisait un mois et vingt jours qu’on était sur les lieux, avec 150 unités [guérilleros]. ­L’offensive de l’armée avait commencé, mais l’enfant pleurait et ç’a été un problème. Nous avions l’armée derrière nous et devant nous. Un enfant, ça s’entend de loin. Tout le monde était très inquiet, et j’ai dû prendre des mesures de sécurité. En plus, on avait des otages malades – notamment Ingrid, qu’on a dû transporter en hamac. Elle avait très mal au ventre. Pendant le trajet, on s’est retrouvés face à une patrouille de l’armée, ils étaient à environ 200 mètres de nous.”

“Ici, celui qui essaie de me baiser, je le tue”

“Martín Sombra” reconnaît qu’en cas d’opération de sauvetage par les forces de l’ordre colombiennes les FARC ont l’ordre d’abattre tous les otages. “Quand j’ai dû m’occuper d’Ingrid, elle vivait en bonne intelligence avec les autres et préparait des galettes au chocolat, raconte-t-il. Avec moi, Ingrid n’a jamais eu une mauvaise attitude. Ingrid est quelqu’un de très bien élevé, mais, si elle doit vous traiter de fils de pute, elle n’hésite pas à le faire. Un jour, un connard lui a joué un sale tour. Il lui a piqué quelques feuilles du journal intime qu’elle tenait. Elle m’a dit : ‘Sombra’, je ne peux pas lui parler, à cet Indien de ‘Guillermo’. Il a jeté mon journal.’ Je l’ai sanctionné. J’ai traité les otages du mieux que j’ai pu. Même si, pendant les marches, et aussi la nuit, il fallait les enchaîner. J’ai fait ce que j’avais à faire le plus humainement possible. Je leur ai amélioré l’ordinaire et je les ai fait respecter. J’ai toujours eu des plans d’urgence au cas où les militaires apparaîtraient, mais nous avions ordre de résister jusqu’au dernier moment avant de devoir tuer les prisonniers.

S’il y avait une urgence, la guérilla et les prisonniers devaient mourir, tous. Quoi qu’il arrive, on ne devait pas se laisser prendre nos prisonniers. J’ai été dur avec mes troupes et je leur disais toujours : ‘Ici, celui qui essaie de me baiser, je le tue ou je le fais tuer.’ Soit on s’en sortait tous, soit on mourait tous. Ma fierté, c’est qu’aucun de mes prisonniers ne s’est échappé.”

‘Martín Sombra’ reconnaît que la guérilla a été durement frappée ces dernières années, mais il affirme que la corruption, l’indiscipline et les excès envers la population sont les pires problèmes de FARC.

“Alvaro Uribe est très intelligent, c’est un ennemi redoutable. Depuis qu’il est au pouvoir, les FARC ont beaucoup souffert, surtout à cause des désertions. Mais, en un sens, ça nous a rendu service, on est passés de la quantité à la qualité. Il faut reconnaître qu’il y a eu une désintégration des fronts à cause de la mauvaise stratégie des FARC – en particulier les enlèvements, les assassinats d’innocents, l’ambition, l’insigne du peso [que certains arborent en pendentif]. En ce moment même, il y a une réflexion interne sur ces problèmes, mais ils sont devenus difficiles à corriger et à résoudre. Les nouvelles générations de guérilleros vont devoir être habiles. Il y a des jeunes qui sont entrés dans la guérilla sans savoir pourquoi ou seulement pour avoir un revolver. De mon temps, on était peu nombreux, mais on faisait les choses avec sérieux.”

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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Sam 8 Mar - 4:34

Le fils d'Ingrid Betancourt: «Maman est en train de mourir»07/03/2008 - 20 minutes.fr, Union Radio
«Maman est en train de mourir, il ne lui reste que quelques semaines à vivre». Face à la caméra du blogueur Nicolas Voisin, le fils d'Ingrid Betancourt, Lorenzo Delloye, lance un nouvel appel pour obtenir la libération de sa mère. Dans cette vidéo de plus de quatre minutes, mise en ligne jeudi sur DailyMotion, le site de partage de vidéos et sur agirpouringrid.com, le jeune homme «demande à tout le monde de faire un dernier effort pour la vie et la liberté».

Son message s’adresse surtout à Alvaro Uribe, le chef de l’Etat colombien: «Monsieur Alavaro Uribe, dit-il, vous êtes en train de gagner cette guerre, mais à quelle prix?». «Je vous demande de montrer que vous avez encore un reste d'humanité» pour l’honneur de la Colombie, implore le fils de la sénatrice colombienne, aux mains des Farc depuis six ans.

Delloye s'adresse aussi à Manuel Marulanda, le chef des Farc, et au président Hugo Chavez. A ce dernier, médiateur dans la crise des otages, le jeune homme, filmé dans la pénombre, demande d’«essayez d'oublier le conflit que vous avez avec la Colombie.» Le fils d'Ingrid Betancourt demande enfin «un dernier effort» à Nicolas Sarkozy.

Le jeune homme s'adresse enfin à sa mère qu'il n'a pas vue depuis l’âge de 13 ans et lui demande de «tenir le coup. Tu vas finir libre».


Rafael Correa: Ingrid Betancourt ne sera pas libérée dans les prochaines heures
07/03/2008 - La Presse canadienne, El Universo, El Universal


Le président équatorien Rafael Correa a démenti ce vendredi les informations selon lesquelles Ingrid Betancourt pourrait être libérée par les FARC dans les prochaines heures.

"Je déments ces informations, parce qu'il semble que cela ne sera pas possible", a déclaré M. Correa du XXe sommet du groupe de Rio en République dominicaine.

Selon plusieurs journaux sud-américains, le ministre équatorien de la Sécurité Gustavo Larrea avait affirmé qu'Ingrid Betancourt serait libérée en compagnie de plusieurs autres otages des FARC, parmi lesquels trois contractuels américains. Le ministre a lui aussi démenti ces déclarations.

Rafael Correa a également démenti les informations mentionnées pendant le sommet du groupe de Rio par son homologue vénézuélien Hugo Chavez
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Lun 10 Mar - 11:07

Citation :
Chávez demande à Marulanda de libérer Ingrid Betancourt
09/03/2008 - 20 minutes.fr, TeleSur, France24, BBC News

A l'occasion de la journée Internationale de la Femme, le président vénézuélien a demandé au chef des FARC la libération d'Ingrid Betancourt. Il a souligné le résultat obtrenu lors du Sommet de Rio tenu vendredi, où selon lui seul l'empire américain a été mis en échec. Il a aussi annoncé le retrait des troupes, déployés à la frontière colombienne durant la crise.

Le président du Vénézuéla, Hugo Chávez, a demandé ce samedi au commandant en chef des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC), Manuel Marulanda, de permettre la libération de l'ex candidate à la présidentielle colombienne, Ingrid Betancourt.

"Depuis ici j'envoie une demande Manuel Marulanda : libère Ingrid, en ce Jour Internationalde la Femme demande expressément, au nom des femmes vénézuéliennes, des femmes colombiennes, au nom de Yolanda (Pulecio, mère d'Ingrid)", a exprimé le chef de l'état, à l'occasion de la journée Internationale de la Femme, à Caracas en présence de la mère d'Ingrid Betancourt et de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba.

"Marulanda je te demande quand tu disposeras des conditions nécessaires, que tu libères Ingrid Betancourt, c'est la seule femme qui reste entre les mains des FARC, il n'y a aucune raison pour la maintenir dans la forêt", a t-il souligné.

L'empire américain a été mis en échec.

En soulignant les résultats du Sommet de Rio, qui s'était tenu vendredi à Saint-Domingue, Chávez a assuré que "ce qui est grand, c'est la mise en échec de l'empire américain".

Le mandataire vénézuélien a rejoint le chef cubain, Fidel Castro, qui dans sa réflexion publiée ce samedi, intitulée "le seul perdant", souligne que l'impérialisme américain a perdu par "KO" avec l'accord obtenu vendredi entre les gouvernements Équateur, le Nicaragua, la Colombie et du Vénézuéla.

"C'est lui qui a été mis en échec d'hier", a dit Chávez. "Parce que personne ne doute et personne ne doit douter que l'empire cherche chaque jour à élaborer des plans, en perpétrant différents types d' actions, pour essayer de freiner le processus de changement en Amérique latine et empêcher la véritable union entre nos peuples", a t-il souligné.

"Nous avons démontré à l'empire américain et à ses agents dans ces terres qu'il n'y a pas seulement Cuba qui soit disposée à faire face aux volontés de l'empire, que Vénézuéla n'est pas seul plus disposé à faire face à ces intimidations de l'empire. Nous démontrons que nous sommes capables et que nous pouvons nous mettre debout".

Yolanda Pulecio : Je me sentait "parfaitement menacée" par le gouvernement colombien

Yolanda Pulecio, mère de l'ex candidate à la présidentielle colombienne retenue par les FARC, Ingrid Betancourt, a remercié pour "l' occasion" que lui a offerte le président Chávez pour s'adresser à l'auditoire et elle a félicité "de tout coeur" les femmes vénézuéliennes à leur tour.

"Je sais que chacune de vous, qu'elles soient mères ou non, comprennent la situation que j'ai dû vivre", a t-elle affirmé.

Pulecio a remercié le président Chávez pour sa gestions en vue de la libération de sa fille, Ingrid Betancourt, et a assuré que durant six années "elle a demandé" au président de la Colombie, Álvaro Uribe, qu'il l'aide "à l'heure de la situation tellement difficile que vit la Colombie".

"Je me sentais parfaitement menacée, je ne savais plus où m'adresser quand j'ai eu l'appui de votre président. Depuis le premier jour où je suis venu converser avec lui j'ai senti toute la qualité humaine qu'il a, sa solidarité, et il avait promis de m'aider et il m' a aidé, il a aidé à toutes les familles des otages colombiens ", a t-elle assuré.

La mère d'Ingrid Betancourt a remercié Chávez et la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, puisque " car grâce à eux sept personnes ont été libérées, et je demande à Dieu tous les jours, je lui demande qu'il vous aide et que la guérilla libère ma fille".

"Vous connaissez toute sa situation. Elle est malade, elle est très faible. Je ne veux pas vous rendre tristes avec ce sujet, je ne veux pas, la seule chose que je veux, c'est que vous n'ayez jamais à vivre une chose semblable, à vous qui jouissez de vos enfants, de votre toit, que vous jouissiez de tout de ce que vous avez aujourd'hui, et se rendent compte réellement de de ce qu'elles ont, parce il y a des choses de la vie et l'on ne se rend pas compte ", a t-elle assuré.

"Je les remercie dans l'âme pour leurs manifestations, et je sais que vous êtes solidaires avec moi", a ajouté Pulecio.

Piété Cordoba : "Je ne me reposerai pas tant que je n'obtiendrai pas la paix en colombie"

La sénatrice Piedad Cordoba a entamé ses mots en remerciant "de tout coeur" le président Chávez pour "son apport" et pour "pour l'accompagnement de tout le pays à contribuer à dépasser le drame énorme que vit la Colombie, ma Patrie".

"Je veux dire au peuple vénézuélien, à ces femmes qui ont la chance et la possibilité de construire un Vénézuéla différent, un Vénézuéla qui jouit aujourd'hui de nouvelles dispositions et pas seulement la Constitution, mais aussi cette démocratie contruite à travers la V République, ils peuvent dire qu'on peut, que des avancées peuvent être obtenues, qu'en effet il peut y avoir une Révolution, qu'il peut y avoir transformation, qu'en effet il y a changement, qu'en effet il y a le socialisme", a t-elle assuré.

Cordoba a aussi demandé des "excuses" au mandataire vénézuélien pour "l'avoir embarqué" dans "une tâche tellement difficile face au conflit colombien".

"Je savais que c'était difficile, et face à ces difficultés je lui ai demandé qu'il m'aide, mais jamais je n'aurai pensé que celà allait lui enlever tant de moments de tranquillité, tant l'approche est compliqué, tant de préoccupations, mais, pardessus tout, je sais aussi que sa solidarité, son affection, son amour, sa foi, son espoir, sa lutte pour la justice, son amour pour la paix en Colombie, font qu'il se soit entièrement consacré à nous aider", a t-elle affirmé.

"Aujourd'hui, nous combattons pour la liberté d'Ingrid et de beaucoup d'autres, mais il y a aussi dans mon pays beaucoup de prisonniers politiques, des victimes de la persécution de l'État, et des victimes de l'inégalité, de l'injustice et de l'incomprensión", a ajouté Cordoba.

La sénatrice colombienne a assuré qu'elle ne se reposerai pas tant qu'elle n'obtiendra pas la paix en colombie, l'égalité et que "puisse voir le jour une colombie, différente, différente, la Colombie de l'inclusion, la Colombie sans déplacés, une Colombie sans disparues, sans pauvreté, sans injustice".

"La Colombie où les hommes et les femmes qui devraient être dans les écoles, dans les universités, construire la paix, la Patrie, ne soient plus obligés d'être dans la forêt reclus dans des conditions cruelles mais, comme nos frères, contribuent aussi à cette Révolution qui unifie l'Amérique latine avec le socialisme et qu'au sein de l'Amérique latine il y aussi la Colombie et que la Colombie fait aussi partie de l'Amérique latine", a conclu Cordoba.

Citation :
Amérique latine - Le risque de guerre s’éloigne - La Colombie isolée
10/03/2008 - France Soir, L'Orient-Le Jour

La guerre semble évitée en Amérique du Sud où l’Equateur, le Venezuela et la Colombie sont parvenus à régler leurs différends. Hugo Chavez sort grand vainqueur de cette crise.

Une poignée de main symbolique a enterré la hache de guerre vendredi lors d’un sommet après une semaine d’inquiétants mouvements militaires et la rupture des relations diplomatiques de plusieurs pays avec Bogota.

La fin du différend, qui a éclaté le 1er mars à la suite d’une intervention militaire colombienne en Equateur pour tuer le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), est intervenue contre toute attente à la fin du sommet du groupe de Rio, à Saint-Domingue.

Pourtant, les échanges avaient été houleux entre la Colombie, le Venezuela et l’Equateur, allant parfois jusqu’à évoquer une guerre probable. Les poignées de main ont été retransmises en direct par les télévisions d’Amérique latine pour qui l’issue de la crise est une victoire diplomatique.

La Colombie isolée

Mais cette fin de crise est avant tout le désaveu de l’influence colombienne sur ses voisins. Alvaro Uribe est entouré de pays ayant basculé à gauche, le président n’est pourtant pas sans atouts puisqu’il bénéficie du soutien américain. Force est de constater que l’allié, plus préoccupé par les élections que par la situation en Amérique latine, est resté muet.

Afin de régler le conflit, Alvaro Uribe s’est donc vu contraint de s’excuser publiquement auprès du président équatorien qui s’est également résolu à ne plus empiéter sur les plates-bandes de ses voisins.

Hugo Chavez connaît, quant à lui, une fortune bien différente. Pour le président vénézuélien, « ce sommet est un don de Dieu ». Le chef d’Etat saisit l’occasion pour se moquer des Etats-Unis et retrouve sa position de « libérateur d’otages ».

Chavez a annoncé détenir de nouvelles preuves de vie d’otages avant de lancer samedi un nouvel appel aux Farc. « Envoyez-nous Ingrid », s’est-il exclamé l’homme fort de Caracas, qui ne désespère pas de parvenir à la libération d’Ingrid Betancourt. Cela ferait de lui « le patron de l’Amérique latine ».

Un demi-succès pour Chavez ?

L’épisode de la crise en Amérique latine a valu un demi-succès au président vénézuélien Hugo Chavez, acteur-clé de la réconciliation dans une région, où sa campagne contre les États-Unis et son soutien aux FARC sont encore loin de faire l’unanimité.

Après avoir jeté de l’huile sur le feu durant une semaine, cet orateur au naturel bouillant a scellé la paix entre la Colombie et l’Équateur, par une intervention pleine de mesure, lors du sommet du Groupe de Rio, vendredi à Saint-Dominigue. « Il est incontestable que Chavez a joué un rôle important et que son attitude a été fondamentale pour le dénouement de la crise », a expliqué Carlos Romero, professeur de sciences politiques à l’Université centrale du Venezuela (UCV), dans un entretien à l’AFP. Toutefois, selon cet expert en relations internationales, le dirigeant vénézuélien a aussi « suscité de nombreux doutes » en apportant son soutien aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). M. Chavez avait qualifié de « bons révolutionnaires » la vingtaine de guérilleros marxistes, abattus lors de l’incursion de l’armée colombienne en territoire équatorien, qui a déclenché toute la crise le 1er mars. Chef de file de la gauche radicale, cet allié de Cuba avait en outre accusé « l’empire américain et ses laquais », – une allusion aux États-Unis et au président colombien Alvaro Uribe –, de vouloir implanter une « colonie ».

« Cette rhétorique ne fonctionne pas dans la région, où la majorité des pays ne veulent plus être étiquetés, ni comme alignés sur les États-Unis ni comme anti-impérialistes », souligne M. Romero, en citant le cas du Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ou de la Chilienne Michelle Bachelet, tous deux à gauche. Seul le président du Nicaragua, Daniel Ortega, ancien chef de la guérilla sandiniste, avait emboîté le pas de son allié équatorien Rafael Correa, en rompant ses relations diplomatiques avec la Colombie, allié traditionnel des États-Unis. Les 34 pays de l’Organisation des États américains (OEA) refusaient en revanche de condamner explicitement la Colombie, dans une résolution qui reconnaissait seulement la « violation de souveraineté » de l’Équateur.

« Chavez a fait preuve d’une grande habileté politique en désamorçant la crise, mais les problèmes de fond demeurent », a estimé pour sa part Edmondo Gonzalez Urrutia, directeur du Centre d’analyse diplomatique et stratégique à Caracas. Cet ancien ambassadeur du Venezuela redoute notamment « le risque de nouveaux incidents » avec les FARC, toujours très présents dans la région frontalière avec l’Équateur.

La question des otages pourrait aussi donner lieu à de nouvelles passes d’armes. M. Chavez, qui a obtenu la libération de six d’entre eux depuis le début de l’année, n’a pas l’intention de mettre fin à son rôle de médiateur, dont l’ont déchargé les autorités colombiennes. D’ailleurs, samedi M. Chavez a lancé un appel au chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Manuel Marulanda, pour qu’il libère Ingrid Betancourt. « Il est devenu incontournable dans le dossier des otages. Mais seul son rôle de négociateur lui est bénéfique », a expliqué le directeur de l’Institut d’enquêtes indépendant Datanalisis, Luis Vincente Leon. « Dans son propre pays, les habitants ne portent pas les FARC dans leur cœur et ils ne voient pas d’un bon œil la sympathie que leur témoigne leur président », signale ce politologue vénézuélien, joint par téléphone à l’AFP. À force de se focaliser sur son audience internationale, M. Chavez pourrait « se mettre en danger chez lui », souligne-t-il. Les électeurs lui ont d’ailleurs infligé en décembre sa première défaite en rejetant sa réforme constitutionnelle qui instituait un socialisme d’État.
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Lun 10 Mar - 11:41

Citation :
Expéditeur : "Armand Burguet" <armand@educweb.org>
Date : 09/03/08 12:15
Objet : Ingrid Betancourt : le point sur la situation


Bonjour à toutes età tous. Les événements se sont précipités au cours des dernières semaines, et il est nécessaire, je crois, de faire aujoird'hui le point de la situation.

L'exécution ciblée de Raul Reyes, le négociateur international des farc, par l'armée colombienne, sur le territoire de l'Equateur, au moment même où ce pays et le Vénézuéla négociaient avec la guérilla la libération de nouveaux otages, avait fait craindre le pire. Heureusement, les Farc avaient très vite signalé par un communiqué que cet événement ne remettait pas en cause leur volonté de négociation.

Si la disparition de l'interlocuteur numéro un a évidemment créé pas mal de nouveaux problèmes, il faut signaler que Raul Reyes n'était pas la seule personne avec qui nous étions en contact pour obtenir une libération unilatérale et rapide d'Inrid, pour des raisons humanitaires. Ces contacts continuent et notre espoir reste intact.

La manière dont cette exécution a été plannifiée et exécutée ne laisse malheureusement plus de doute sur la position du président Uribe. Nous savions qu'il n'avait jamais montré un grand intérêt pour la libération des otages - nous savons maintenant qu'il est prêt à prendre des actions concrètes pour l'empêcher. Le seul espoir des familles reste donc l'action des gouvernements amis - principalement du Président Chavez soutenu maintenant par plusieurs pays latino-américains, et que la France a également soutenu dans un communiqué.

La crise qui avait éclaté à l'occasion de cette incursion de l'armée colombienne dans un territoire étranger vient heureusement de se résoudre au Sommet de St Domingue, à l'initiative du président Correa de l'Equateur. Ce sommet des chefs d'Etats sud-américains a été l'occasion pour plusieurs pays de mettre la pression sur la Colombie pour qu'elle cesse sa politique belliqueuse et qu'elle accepte l'idée de négociations avec les rebelles. A l'occasion de la journée de la femme, Hugo Chavez y a lancé un appel solennel au chef des Farc en lui demandant de libérer Ingrid Betancourt.

Accompagnant Hugo Chavez dans cette réunion, Yolanda Pulecio, la maman d'Ingrid, a joué un rôle très important dans l'évolution des événements. Yolanda a déployé toute son énergie, dans la discrétion et l'efficacité, pour rencontrer plusieurs chefs d'Etat et préparer avec eux ce sommet. Elle est maintenant à Cuba où elle continue sans faiblir ses efforts pour libérer sa fille.

En ce moment nous poursuivons donc deux efforts en parrallèle : d'une part la demande aux Farc de libération immédiate et unilatérale d'Ingrid Betancourt et d'autres otages dont l'état de santé exige des soins immédiats, et d'autre part une action internationale concertée vers le gouvernement colombien, pour qu'il accepte le principe de négociations directes avec les FARC, dans une zone préalablement démilitarisée et sécurisée par la communauté internationale, afin d'y assurer la sécurité des négociateurs et de la population locale.

Plus d'informations sur tout cela, bien sur, sur www.Betancourt.info

Plus que jamais nous avons besoin du soutien et de la mobilisation de tous

Armand


* Armand Burguet - +32 (0) 474 50 80 04 - armand@educweb.org

* www.EducWeb.org - pour les enseignants et leurs classes

* www.Betancourt.info - soutien à Ingrid Betancourt, otage depuis février 2002
* www.Aeropostale-3000.org - écrire à un des 3.000 séquestrés de Colombie
* www.Atterrissage.org - l'Europe : rêve ou cauchemar ?
* www.AlterFocus.com - un autre regard sur l'actualit



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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mar 11 Mar - 11:43

Citation :
Les Farc ne libéreront pas Betancourt, affirme le tueur d'un chef guérillero
11/03/2008 - France Info, UniVision, AFP

La guérilla des Farc ne veut pas libérer l’otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, a affirmé lundi à Bogota le guérillero Pablo Montoya, alias "Rojas", qui a assassiné son chef Ivan Rios, l’un des sept membres du secrétariat des Farc (organe dirigeant).

"Pour rien au monde ils (les Farc) ne libéreront Ingrid. Que Mme Yolanda (Pulecio, la mère d’Ingrid Betancourt) le sache", a déclaré le guérillero à Radio Caracol (privée).

Concernant les trois Américains détenus par les rebelles, "Rojas" a affirmé que les Farc allaient leur infliger le même traitement que celui que la justice américaine a infligé au chef guérillero Ricardo Palmera, alias "Simon Trinidad". "Ils (les Farc) vont condamner les gringos comme ces derniers ont condamné Simon (Trinidad)", a-t-il dit. Simon Trinidad a été condamné aux Etats-Unis à 60 ans de prison.

Les trois civils américains, Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, qui travaillaient en Colombie pour le compte du département américain de la Défense, ont été capturés par la guérilla en février 2003 alors que leur avion s’était écrasé dans la jungle colombienne.

"Rojas" est l’un des trois guérilleros qui, après avoir tué leur commandant Ivan Rios, lui ont coupé la main droite afin de prouver aux autorités qu’il s’agissait bien du dirigeant des Farc et de toucher la rançon promise. Présenté aux médias par l’armée colombienne, l’homme, qui a également assassiné la compagne de "Rios", une jeune fille de 17 ans, a jusqu’à présent donné des versions contradictoires sur les circonstances de la mort de son chef et sur ses motivations pour le tuer.

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) veulent échanger un groupe de 39 otages contre 500 de leurs guérilleros emprisonnés.
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Sam 15 Mar - 3:09

Citation :
L'ex otage des FARC arrive à Paris avec des proposition pour Sarkozy concernant les libérations
15/03/2008 - 20 minutes.fr, TeleSur, BBC News

Luis Eladio Pérez, ex otage de la guérilla colombienne des FARC, arrive ce vendredi à Paris avec une proposition pour le président Nicolás Sarkozy envue de la libération des otages restés dans la forêt, dont Ingrid Betancourt, dont il a été le confident.

"Ma proposition, est très simple, est bien étayée et cherche déplacer ce qui est inamovibles concernant l'accord humanitaire entre le gouvernement et les FARC pour entamer un échange (des otages contre des rebelles emprisonnés)", a dit l'ex congressiste sans offrir de plus grands détails.

Selon Pérez, la participation du mandataire français pour la libération des otages "est fondamentale". "Non seulement pour l'intérêt énorme pour la libération de sa compatriote (Ingrid Betancourt, aussi de nationalité française), mais également du restes des otages".

"Je suis très optimiste, a ajouté l'ancien confident d'Ingrid Betancourt pendant sa détention, car le président de mon pays Alvaro Uribe connait déjà cette proposition et la considère comme viable".

Il a aussi souligné le rôle du mandataire vénézuélien,Hugo Chávez, et de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, auxquelles les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC) ont livré six otages cette année.

"Il y a une réalité les seuls avec qui les FARC dialoguent de nos jours sont le président Chávez et Piedad. Son rôle est essentiel pour obtenir les libérations ", a t-il souligné.

Ingrid Betancourt - retenue depuis le 23 février de de 2002- considère Pérez comme son meilleur ami de captivité, dans une lettre il s'est référé à lui comme étant son confident.

Pérez croit que les FARC n'ont pas fermé les portes à une libération négociée des otages en dépit de l'assassinat ce mois de mars de deux de ses dirigeants, un tué par l'Armée et l'autre par son chef desécurité
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Sam 22 Mar - 5:46

Citation :

Clara Rojas: "L'accouchement a été un vrai traumatisme"
22/03/2008 - Le Courrier International, Clarin

La détention de Clara Rojas, enlevée par les FARC avec Ingrid Betancourt le 23 février 2002, a duré près de six ans. Très discrète depuis sa libération, le 10 janvier dernier, elle revient, dans une longue interview au quotidien argentin Clarín, sur ce calvaire interminable et la naissance, dans des conditions dramatiques, de son fils Emmanuel en pleine forêt colombienne.

Extrêmement maigre, élégante et chaleureuse, Clara Rojas n'élude pas les questions. Même si elle invoque son droit à l'intimité ou le droit pour Emmanuel, son fils né en captivité, de vivre une vie normale, elle se penche avec nous sur tous les instants de son drame au dénouement heureux, elle qui fut pendant six ans l'otage des FARC dans la forêt colombienne.

Comment se passait une journée dans la forêt ?

CLARA ROJAS : La vie y est difficile, parce que c'est une routine très monotone. Si nous sommes poursuivis, il faut se lever très tôt, s'habiller et partir. On dort habillé presque tout le temps. Il s'agit donc juste d'enfiler ses bottes, de se débarbouiller vite fait, et c'est parti pour des heures de marche, toute la journée. Quand on marche dans la forêt ou qu'on est en bateau ou ce genre de choses, on se déplace, il y a du mouvement, ça occupe l'esprit.

Il y avait de l'action…

Oui, mais toujours la même. Finalement, on finit par sombrer dans la fatigue et la sueur. C'est très lourd. Puis on arrive, où que ce soit, et il faut déterminer comment on va s'installer et dormir. C'est arrivé très souvent. On m'a demandé combien de fois j'avais été déplacée, mais je ne sais pas, il y en a eu tellement que j'ai perdu le compte. Et puis il y a un autre état, quand on reste au même endroit longtemps. "Longtemps", cela veut dire quelques mois, je ne suis pas restée au même endroit pendant six ans. Tu arrives, et ils organisent le site, ils débroussaillent la zone. C'est dans ces moments-là, lorsqu'on est tranquille à un endroit, qu'on peut se lever très tôt, essayer d'écouter la radio pour avoir les infos, se laver, avoir le temps de prier. Quand j'ai eu l'occasion de lire, je l'ai fait, même s'il y avait peu de livres. Et quand j'avais mon bébé, il m'occupait en permanence.

Comment se passaient les déplacements après la naissance d'Emmanuel ?

C'était un moment fort, qui m'a permis de faire abstraction de ce que je vivais. Je vivais normalement : me réveiller pour le nourrir, lui changer sa couche. C'était très difficile, nous n'avions pas tout ce qu'il est courant d'avoir ici. Il fallait par exemple fabriquer des couches avec des draps. Et les laver plusieurs fois par jour, parce qu'il n'y avait pas de couches jetables.

Comment s'est passée votre grossesse ?

Ce fut une grossesse normale, j'étais en bonne santé. Même si, les premiers mois, nous étions sans cesse déplacés. Ce qui était dur, c'était lorsque l'on ressentait le harcèlement de l'armée colombienne. Lorsqu'on se trouve avec des gens malades et qu'il faut tout faire rapidement, sous la pression non seulement de l'armée qui s'approche mais aussi des guérilleros en armes. Ce sont ces moments qui ont rendu ma grossesse difficile.

Vous avez été d'accord pour être séparée de votre enfant ?

Je voulais qu'il reçoive des soins médicaux, parce qu'il en avait besoin. Je ne pouvais pas me voiler la face : dans la jungle, on n'a rien, et s'il lui était arrivé quelque chose, il aurait pu mourir. Ç'a été une décision difficile, mais je gardais l'espoir que mon fils serait remis à la Croix-Rouge, comme je le leur avais demandé.

Vous leur avez proposé de le remettre à votre mère ?

Oui, mais ils ne l'ont pas fait. Ils m'ont fait miroiter cette possibilité, et j'ai donc accepté la séparation. Ils m'avaient dit qu'elle ne durerait que quinze jours. Disons que j'ai fait contre mauvaise fortune bon cœur. Mais les années ont passé, et ç'a été très dur. Ils me disaient que mon enfant allait bien, mais ce n'était pas vrai.

Comment s'est passé l'accouchement ?

Un vrai traumatisme. Cela a été très dur pour moi de m'en remettre, j'étais très affaiblie. J'étais sous l'empire d'une drogue très forte ; j'avais beaucoup maigri, perdu beaucoup de sang, et si je ne m'étais pas secouée, j'aurais pu mourir. Il y a eu trente, quarante jours très difficiles. Puis j'ai compris qu'il fallait que je recommence à m'alimenter, que je me remette vite pour pouvoir élever mon fils.

Vous ne l'avez pas allaité ?

Je ne pouvais pas : le lait ne montait pas. Et, vu tous les médicaments qu'on me donnait, il aurait de toute façon été mauvais.

Qu'avez-vous ressenti en découvrant que vous étiez enceinte ?

C'est un sentiment compliqué : j'avais toujours voulu avoir un enfant, mais bien sûr pas dans la jungle. J'ai été prise d'une angoisse terrible, je me disais "Mon Dieu, pourquoi ici ?". C'était très dur, parce que je suis très citadine : j'espérais comme tout le monde accoucher dans un hôpital, avec une assistance médicale. J'imaginais pouvoir faire des échographies pour suivre ma grossesse…

Quelles sont vos relations avec votre enfant ?

Il m'appelle mamá, mamita à longueur de journée, je suis sur un petit nuage. Mais il y a des choses qui m'inquiètent, comme cette exposition médiatique excessive. Ce que je veux pour lui, c'est qu'il puisse être un petit garçon normal. Que tout ça ne l'accapare pas, que ça ne le perturbe pas.

Comment s'est passée votre première nuit avec lui, après votre libération ?

Je n'ai pas arrêté de le regarder, bouche bée : il était tellement plus grand ! Et puis, c'est une responsabilité énorme, je suis le papa et la maman de mon fils. Ma famille me soutient, mais c'est moi qui ai le plus à fournir.

Il réclame son père ?

Pas encore, il est trop petit (il aura 4 ans en avril). J'imagine qu'il finira par le faire, et qu'à ce moment-là, Dieu m'éclairera, non ?

Clara, vous n'abordez pas le sujet, et la seule version que nous avons est celle du journaliste Jorge Enrique Botero, qui affirme dans son livre [Últimas noticias de guerra, paru en février 2006 en Colombie] qu'Emmanuel est le fruit d'une relation librement consentie avec un guérillero.

Mais je n'ai jamais eu la moindre "relation" et n'ai jamais évoqué ce genre de choses ! Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ? J'ai dit qu'il avait globalement raison, mais jamais je n'ai donné le moindre détail.

Alors, quelle est la vérité ?

J'ai le droit de protéger ma vie privée, et mon fils aussi, car je le fais aussi en pensant à lui. Ce que je veux, c'est que mon fils n'ait pas de doutes, pas de peurs non plus, qu'il ait une vie normale.

Mais c'est à cause de cette version des faits que tout le monde voit Emmanuel comme l'"enfant de la grande tragédie colombienne".

Oui, et c'est vrai. Il l'est parce que je suis une femme otage, j'ai été otage. Dans ce sens, je comprends. Mais de là à approfondir la question… Je m'efforce de mettre des limites à la médiatisation de ma vie privée, je veux que ça continue.

Votre vision politique des FARC a-t-elle changé depuis votre enlèvement ?

Evidemment. Finalement, je ne vois rien, et c'est ce qui me fait le plus mal. J'ai mal à mon pays, je ne vois aucun horizon [aux FARC], aucune direction, ils n'ont pas de discours politique qui leur permette de se présenter comme une alternative.

Vous regrettez d'être restée avec Ingrid ? [Le 23 février 2002, au moment où Ingrid Betancourt était enlevée par des guérilleros des FARC, elle l'a spontanément suivie, alors qu'elle allait être relâchée, comme les autres occupants de la voiture].

Les regrets ne servent à rien, mais c'est sûr que je me suis trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Ma solidarité avec Ingrid m'a poussée à l'accompagner dans une situation dangereuse. C'est là que je me suis trompée, parce que pas plus qu'elle je ne me suis dit que nous étions un objectif militaire.

On raconte que vous vous êtes disputées après une tentative d'évasion. C'est vrai ?

Non, je crois que dans une situation aussi dramatique, il n'y a pas de place pour les disputes. Il y a des différends, dans la vie quotidienne, dans l'amitié, mais ce sont des peccadilles dans une tragédie pareille. En fait, ils nous ont séparées. Et moi, j'étais très occupée par mon fils, très centrée sur lui, parce qu'il le fallait, vous comprenez. Je souhaite le meilleur à Ingrid.

Vous vous imaginez dans les bras l'une de l'autre ?

Bien sûr, évidemment, je n'ai absolument rien contre elle.

Comment avez-vous pris la nouvelle de la mort de Raúl Reyes ? Vous le connaissiez ?

Disons que je ne m'y attendais pas. Je ne le connaissais pas. Je crois que sa mort met fin au mythe des FARC invulnérables, eux aussi subissent des coups durs. Nous sommes à un moment où les gens croient qu'on ne peut rien faire, et il me semble qu'un mythe s'est effondré. D'une certaine façon, cela va les pousser à négocier.

Vous croyez que cet événement ne ralentit pas le processus de libération des otages, qu'il l'accélère au contraire ?

D'une certaine manière, cela les a amenés à un carrefour : ou ils continuent sur le même chemin, et alors il est possible qu'ils soient encore nombreux à mourir, ou alors ils cherchent une sortie, une solution.

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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Dim 23 Mar - 6:49

Citation :

Ingrid Betancourt pourrait être libérée en territoire français
23/03/2008 - El Pais (Cali), El Tiempo, Clarin, Globovision, Info BAE, Caracol Radio, 20 minutes.fr, AFP


L'ex candidate à la présidentielle colombienne Ingrid Betancourt, également de nationalité française, pourrait être libérée en France, comme l'informe ce samedi à radio Caracol de Bogota, qui cite un article du journal argentin Clarín.

Selon Caracol, cette proposition a été porté au président français Nicolás Sarkozy, par l'ex sénateur Luis Eladio Pérez, qui avance un plan pour concrétiser l'échange humanitaire en Colombie.

Ce plan d'échange se produirait en Guyane française ou en Martinique, deux territoires français de l'outre-mer, et est déjà en connaissance des FARC.

Dans ce processus d'échange, le président Sarkozy est disposé à donner un traitement « différent » aux FARC, ajoute le rapport, qui ne spécifie pas s'il s'agit d'accorder le statut de belligérance à la guérilla.

Cette semaine l'ex sénateur Luis Eladio Pérez, discutera de cette proposition avec les présidents du Vénézuéla, Hugo Chavez, et de la Colombie, Álvaro Uribe, pour conclure les derniers détails.

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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Lun 24 Mar - 17:35

Citation :
La Colombie aurait été aidée par les USA dans l'attaque contre les FARC
24/03/2008 - AFP, Romandie.com, La Presse canadienne, Los Andes, TimesOfIndia

Le rôle joué par les Etats-Unis dans l'incursion menée contre un camp Farc et leur numéro deux Raul Reyes tué par l'armée colombienne, début mars en Equateur, est au centre d'une vive polémique et des tensions persistantes entre Bogota et Quito.

"Nous gagnons la guerre contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc - guérilla marxiste) grâce aux Etats-Unis qui partagent des informations qui demeuraient auparavant secrètes", a révélé à l'AFP un haut fonctionnaire du ministère de la Défense qui a requis l'anonymat.

"Aujourd'hui, nous (les Colombiens) obtenons des informations précises sur les coordonnées, les conversations et l'identification des réseaux de soutien qui déstabilisent les Farc qui ne savent comment s'échapper et n'y parviendront pas", a affirmé ce haut responsable.

Le bombardement d'un camp Farc installé sur le territoire équatorien dans lequel Raul Reyes a trouvé la mort le 1er mars et qui fut suivi d'une crise diplomatique sans précédent dans la région, a relancé les interrogations sur le rôle des conseillers américains en Colombie et en Equateur.

Compte tenu de la précision de l'attaque menée contre le campement de Reyes, les autorités équatoriennes et les Farc affirment que l'aviation colombienne a eu recours à des armes "intelligentes", semblables à celles utilisées en Irak par les Etats-Unis et que seule possède l'aviation américaine.

Selon le journal équatorien "El Comercio", l'aviation équatorienne a établi après enquête que les dix bombes GBU 12 Paveway II de 500 livres, utilisées lors du bombardement, "ne peuvent être transportées par les avions dont dispose actuellement l'aviation colombienne".

Les autorités équatoriennes s'interrogent également sur la mission d'un avion américain Hercule-130 qui, selon elles, a décollé de la base américaine de Manta (230 km au sud-ouest de Quito) quelques heures avant le bombardement du campement des rebelles.

Selon l'agence ANNCOL (proche de la guérilla), les pilotes américains ont lancé l'attaque aérienne contre le campement de Reyes en ayant recours à des bombes intelligentes (smart bombs) puis, "une fois atteint l'objectif, ils ont dit aux Colombiens: allez cherchez vous-mêmes les corps !".

En revanche, le gouvernement du président Alvaro Uribe soutient que l'aviation colombienne a eu recours à dix bombes conventionnelles lancées depuis la Colombie par 5 avions Super Tucano et 3 A-37 grâce à un système de guidage par GPS.

"Nous n'utilisons pas les bombes intelligentes des Etats-Unis, nous utilisons une partie des renseignements que nous communique ce pays pour améliorer notre propre arsenal qui grâce aux accords de coopération est très sophistiqué", explique le haut fonctionnaire colombien du ministère de la Défense.

"La participation américaine, ajoute-t-il, se limite à la communication directe d'informations clefs au chef de la police colombienne, dont le directeur (ndlr: le général Oscar Naranjo) jouit de la confiance totale de Washington".

Selon un commandant de l'aviation colombienne "les avions Super Tucano disposent d'un système avancé de vision nocturne, d'une technologie de vision thermique ainsi que d'un système satellitaire de guidage des bombes mis au point par les Israéliens".

Les Etats-Unis considèrent le président Uribe comme leur meilleur allié en Amérique du sud et ont versé depuis 200O à la Colombie plus de 4 milliards de dollars pour combattre le trafic de drogue et les guérillas.

En octobre 2004, le Congrès américain a doublé le nombre de militaires américains stationnés en Colombie, soit 800 soldats, et passé de 400 à 600 les personnels civils employés par le Département d'Etat.

Bogota confirme la mort d'un citoyen équatorien dans le raid anti-FARC en Equateur début mars

Le ministre de la Défense colombien a confirmé dimanche qu'un Equatorien figure bien parmi les victimes du raid de l'armée colombienne contre un camp des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en territoire équatorien le 1er mars, dans lequel avait péri notamment le n2 de la guérilla marxiste colombienne.

Juan Manuel Santos a confirmé que l'un des corps ramenés en Colombie après l'attaque controversée qui avait 26 morts et plusieurs blessés, appartenait à un Equatorien qu'il n'a identifié que par le nom de guerre "Lucho".

Samedi, le président équatorien Rafael Correa, a menacé la Colombie d'une nouvelle offensive diplomatique si les tests ADN confirmaient qu'un citoyen équatorien avait été tué dans l'attaque de l'armée colombienne.

Le raid, qui avait fait 26 morts -dont le n2 des FARC Raul Reyes, quatre étudiants mexicains et un soldat colombien-et trois blessées, avait provoqué dans les jours suivants une crise diplomatique sans précédent entre l'Equateur, la Colombie et le Venezuela.
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Ven 28 Mar - 16:51

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Citation :
L'état de santé d'Ingrid Betancourt se détériore, selon un médiateur colombien
28/03/2008 - Le Monde, Le Point, TF1, Reuters, Irish Times
Ingrid Betancourt, l'otage franco-colombienne de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a reçu des soins médicaux en raison de son état de santé "très délicat", a annoncé jeudi 27 mars un médiateur colombien. "L'information dont nous disposons, du moins jusqu'au mois de février, c'est que son état est très délicat, que ses conditions physiques et sa santé se sont détériorées", a indiqué Volmar Perez, chargé des relations entre la population et les autorités, à la radio privée colombienne Caracol.

Selon les informations fournies au médiateur, l'otage serait atteinte d'une hépatite B et de leishmaniose, une maladie de la peau transmise par des piqûres d'insectes. L'ancienne candidate à la présidence, séquestrée depuis le 23 février 2002 par les FARC, aurait reçu des soins dans des postes médicaux situés dans le département de Guaviare, dans le sud-ouest du pays. "Nous avons pu vérifier qu'Ingrid Betancourt avait été soignée dans plusieurs postes de santé" dépendant des localités de San José del Guaviare et d'El Retorno, a précisé le médiateur colombien, ajoutant que les autorités colombiennes cherchaient à lui faire parvenir des médicaments.

LE VENEZUELA A "PERDU" LE CONTACT AVEC LES FARC

L'armée colombienne avait affirmé, mardi, ne pas détenir d'information sur Ingrid Betancourt, alors que plusieurs articles publiés dans la presse locale faisaient état d'une aggravation de son état de santé et de sa libération imminente. "Ce sont des bruits et des rumeurs. La vérité, c'est que nous n'avons rien de concret", avait alors affirmé le commandant de l'armée, le général Mario Montoya, sur la radio Caracol.

Le quotidien El Colombiano, de la localité de Medellin, avait repris dans son édition de mardi des témoignages de paysans du département de Guaviare affirmant avoir aperçu l'otage dans un état de santé alarmant. Le journal soulignait que cela "pourrait conduire la guérilla à la libérer à court terme" dans cette région où les FARC ont déjà relâché six otages depuis le début de cette année.

Le Venezuela avait quant à lui indiqué, mardi, qu'il n'avait plus de nouvelles informations sur Ingrid Betancourt depuis la mort du numéro deux de la guérilla colombienne, Raul Reyes, le 1er mars en Equateur. "Nous avons perdu les contacts, nous ne savons rien, nous espérons que les contacts et le mécanisme [de communication] seront rétablis" avec les FARC, avait affirmé le président vénézuélien, Hugo Chavez, lors d'une conférence de presse. "J'espère que le gouvernement [du président colombien, Alvaro Uribe] nous aidera dans ce sens." M. Chavez avait également rappelé qu'après la mort de Raul Reyes, "la probabilité de [parvenir] à la libération d'Ingrid" s'était "écroulée". "Ce n'est pas que c'est clos, ni que ce soit improbable, mais elle s'est écroulée."

Citation :
Le gouvernement colombien prêt à faire des concessions pour obtenir la libération de nouveaux otages, dont Ingrid Betancourt
28/03/2008 - La Tribune.fr, Le Point, Romandie.com, Reuters, Irish Times
La Colombie est prête à libérer des prisonniers de la guérilla marxiste si le commandement des FARC faisait le premier pas en relâchant de nouveaux otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a annoncé jeudi soir le Haut commissaire à la paix colombien.

Si certains otages étaient libérés par la guérilla, cela pourrait amorcer le processus d'échange de membres des FARC contre les otages les plus en vue.

"Il suffit simplement qu'Ingrid Betancourt soit immédiatement libérée pour que nous considérions que cette accord humanitaire se fasse, en appliquant les bénéfices d'une suspension de peine aux membres de la guérilla" emprisonnés, a-t-il déclaré à la presse.

En échange, les rebelles devront s'engager à ne pas retourner dans les rangs des FARC.

"Les bases juridiques d'un échange humanitaire sont jetées et nous avons réduit autant que possible les exigences", a déclaré Luis Carlos Restrepo, haut commissaire colombien à la paix.

"Le gouvernement s'est joint à l'appel national et international pour sauver Ingrid Betancourt. Nous ne pouvons pas courir de risques dans cette affaire et il n'y a plus de temps à perdre."

"Nous espérons à présent que l'appel national et international à la libération d'Ingrid Betancourt pourrait nous mener le plus vite possible à sa liberté", a ajouté M. Restrepo à l'issue d'une rencontre avec le président Alvaro Uribe.

Luis Carlos Restrepo a fait cette annonce alors que dans la journée de jeudi plusieurs témoignages ont évoqué le très mauvais état de santé de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle colombienne, détenue dans la jungle depuis plus de six ans. Son mari Juan Carlos Lecompte a prévenu qu'il ne lui resterait que "quelques mois" à vivre.

Auparavant, les autorités colombiennes avaient qualifié jeudi de "rumeurs" infondées les nouvelles alarmantes fournies par un médiateur sur l'état de santé d'Ingrid Betancourt, otage des Farc depuis février 2002.

"Nous n'avons pas octroyé de grande crédibilité à ces rumeurs", a ainsi indiqué M. Restrepo, soulignant que "rien n'avait pu être corroboré".

Cette déclaration intervient après qu'un médiateur colombien, fonctionnaire indépendant chargé des relations entre la population et les autorités, eut affirmé que Mme Betancourt souffrait d'hépatite et avait été soignée dans un poste médical en zone rurale, en raison de son état "très délicat".

Citation :
La France appelle les Farc à accepter la proposition de Bogota
29/03/2008 - 20 minutes.fr, France Info
La France a solennellement appelé vendredi la guérilla des Farc «à saisir sans délai» l'opportunité offerte par la Colombie en faveur de la libération de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt en soulignant que le «temps presse» pour l'otage, malade et très affaiblie.

Le gouvernement colombien avait affirmé jeudi soir que si l'otage franco-colombienne était libérée par les Farc, il était prêt à un accord humanitaire et à «réduire au minimum» ses exigences pour la sortie de prison de guérilleros.

«Nous appelons les Farc à saisir sans délai cette opportunité dans un moment crucial. Les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie, NDLR) doivent réaliser les avancées décisives attendues. Leur responsabilité est engagée. Le temps presse», a déclaré le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères françaises, Frédéric Desagneaux. «Il y a urgence à la libérer. C'est une urgence humanitaire absolue», a-t-il ajouté, lors d'un point de presse.

200 à 300 guerilleros ont escorté Betancourt jusqu'à un poste médical

Parallèlement, on a appris vendredi qu'Ingrid Betancourt, de plus en plus malade, a été soignée fin février, sous l'escorte de 200 à 300 guérilleros, dans un poste médical de la région rurale de San José del Guaviare (400km au sud-est de Bogota).

«Ils étaient 200 à 300 guérilleros qui ont établi un cordon de sécurité autour du poste médical d'El Capricho afin qu'elle (Ingrid Betancourt) puisse être reçue», a déclaré à la radio privée RCN le prêtre catholique Manuel Mancera. Ce dernier n'est pas un témoin direct mais a rapporté les témoignages de nombreux paysans qui lui ont précisé que l'otage franco-colombienne avait passé cinq jours, du 20 au 25 février, dans ce poste.

Jeudi, un médiateur colombien Volmar Perez avait indiqué que l'ex-candidate à la présidence, séquestrée depuis le 23 février 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), avait reçu des soins dans des postes médicaux situés dans ce même département de Guaviare (sud-est).

La fille d'Ingrid Betancourt toujours "très inquiète", en appelle aux Farc

La fille d’Ingrid Betancourt, Mélanie Delloye, a affirmé à l’AFP vendredi être toujours "très inquiète" sur l’état de santé de sa mère, appelant la guérilla colombienne des Farc qui la détient à comprendre qu’elle sera "dans une position très dangereuse" si l’otage meurt.

Elle a également appelé "le gouvernement colombien à aller de l’avant avec ses propositions et à être plus concret", après la proposition de Bogota de faciliter la libération de guérilleros emprisonnés si Ingrid Betancourt était relâchée par les Farc.

"Je reste très inquiète. Les informations récentes montrent que l’état de santé de maman est vraiment très grave", a affirmé Mélanie Delloye interrogée par téléphone depuis New York où elle poursuit ses études. Ingrid Betancourt est, selon plusieurs témoignages, dans un état alarmant notamment en raison d’une rechute d’hépatite B, après plus de six années passées aux mains des Farc dans la jungle.

"Je ne veux pas que tout se passe trop tard et qu’on ne réussisse pas à la sauver alors qu’on a les moyens de le faire", a estimé la fille de l’otage franco-colombienne. "Il faut que les Farc soient conscients que ce sont les premiers responsables s’il arrive quoi que ce soit à maman". "Je reste très inquiète et je ne sais pas ce qui va se passer. J’ai simplement espoir que les Farc comprennent qu’elles sont dans une position aussi très dangereuse" si Ingrid Betancourt meurt, a-t-elle poursuivi.

Les Farc "doivent se rendre compte que concernant les otages qu’ils ont entre les mains et qui sont vraiment dans un état terminal, ils ne peuvent pas jouer avec eux jusqu’au bout parce que ce sont eux qui vont tout perdre".

J'ai une opinion perso bien-sûr
j'aissaie de ne faire que relater pour informer
je suis très soucieux


PS: Tu as travaillé dans l'humanitaire, ou tu es militant des droits de l'homme, ou tu es tout simplement humaniste,
qui que tu soit
donnes moi ton avis
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mar 1 Avr - 15:35

Citation :

Grande marche et journée d'action internationale pour la libération de tous les séquestrés des Farc
02/04/2008 - AFP, Terra españa, La Tercera, RCN Radio, W Radio, Caracol Radio, 20 minutes.fr
En Colombie et en Europe, plusieurs organisations humanitaires appellent à manifester ce vendredi, pour demander la libération des personnes kidnappées par la guérilla du FARC, spécialement de ceux qui sont en mauvais état de santé comme l'ex candidate présidentielle Íngrid Betancourt.

En Colombie ou des marches seront organisées dans plusieurs villes, la presidente du Réseau d'Initiatives par la paix (Redepaz), Ana Teresa Bernal, a annoncé que ce vendredi il y aurait « une nouvelle journée contre le kidnapping ».

« Je crois que nous devons nous bouger, vu la gravité de de ce que nous savons, non seulement d'Íngrid Betancourt, mais également d'autres personnes détenues par les Farc», a déclaré Bernal à la presse.

Elle a cité le cas de plusieurs kidnappés des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), entre autre l'ex membre du Congrès Oscar Tulio Lizcano et l'ex gouverneur du Meta Alan Jara qui, selon des déserteurs ou des lettres envoyées à leurs parents, souffrent de diverses maladies dans la forêt après sept années de détention.

Ana Teresa Bernal a aussi demandé de pouvoir fournir une assistance médicale pour s'occuper des kidnappés en cas où ils seraient libérés.

Cette action est menée en coordination avec la Fédération Internationale des comités Ingrid Betancourt (FICIB), dont les comités participeront aux actions de ce vendredi. Le comité FICIB de Bogota sera présent à la marche qui sera organisée dans cette ville, avec d'autres organisations de soutien aux séquestrés, entre autre l'association ASFAMIPAZ.

A Paris, la FICIB organise une conférence de presse dans les locaux de la FIDH (Fédération Internationale des Ligues de Droits de l'Homme) pour lancer officiellement une campagne d'action urgente organisée par les deux ONG, à la demande de Luis Eladio Perez, otage qui était détenu jusqu'en février dernier avec Ingrid Betancourt, et qui travaille maintenant avec la FICIB et la FIDH pour obtenir la libération de tous les otages encore détenus.

Ce vendredi, les 65 comités de la FICIB organiseront, dans plusieurs villes de France et d'autres pays où ils sont implantés, une action de soutien à cette campagne internationale pour Ingrid et les autres séquestrés.

Par ailleurs le comité de soutien parisien de Fabrice Delloye, qui mène ses actions en-dehors de la FICIB, a annoncé pour dimanche une marche blanche pour Ingrid Betancourt. La FICIB a invité ses comités français à participer également à cette action.

Citation :
Nicolas Sarkozy annonce l'envoi d'une mission humanitaire pour accéder à Ingrid Betancourt

AP - Le président français Nicolas Sarkozy a annoncé mardi l'envoi "sans délai" d'une mission humanitaire en Colombie pour "prendre contact avec les FARC et obtenir accès" à Ingrid Betancourt, qui serait dans un état de santé extrêmement grave. Son homologue colombien Alvaro Uribe a déclaré de son côté qu'il avait accepté cette opération, et qu'il suspendrait toutes les opérations militaires dans le secteur.

Dans un communiqué, l'Élysée a annoncé que M. Sarkozy avait appelé M. Uribe pour lui faire "part de son intention de dépêcher sans délai une mission humanitaire sur place pour prendre contact avec les FARC et obtenir accès à notre compatriote".

"Il a demandé au président colombien de suspendre toute forme d'opérations militaires pour assurer la sécurité et le succès de cette mission", poursuit le communiqué.

Interrogés par l'Associated Press, les services de la présidence française ont refusé de préciser si l'opération était en cours, ou, le cas échéant, quand elle commencerait.

Nicolas Sarkozy a aussi appelé mardi soir le président du Venezuela, Hugo Chavez, pour faire le point avec lui sur la situation des otages en Colombie, selon l'Élysée.

A Bogota, le président colombien a déclaré qu'il avait accepté la demande de Paris, et précisé que l'objectif de cette mission internationale serait de "protéger l'état de santé empirant des otages" détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

Il a précisé qu'une fois les autorités colombiennes informées des coordonnées du point de rencontre entre la délégation française et les rebelles, l'armée suspendrait provisoirement ses opérations militaires dans le secteur.

Plus tôt mardi, le comité de soutien d'Ingrid Betancourt avait affirmé qu'elle était en grève de la faim depuis le 23 février.

Déjà atteinte d'une hépatite B récurrente, l'ancienne candidate à la présidentielle colombienne, enlevée il y a plus de six ans, est désormais "en danger de mort imminente", avait déclaré mardi M. Sarkozy dans un appel à sa libération lancé aux FARC.

"Relâchez Ingrid Betancourt!", a lancé mardi Nicolas Sarkozy dans un message adressé au chef des FARC Manuel Marulanda, le second en quelques mois. Dans le cas contraire, "ce serait une faute politique grave en plus d'une tragédie humanitaire. Ce serait un crime, vous seriez responsable de la mort de cette femme", prévient-il. "Chacun est désormais placé devant ses responsabilités. Vous avez les vôtres, assumez-les."

Le président Uribe a proposé de libérer des guérilleros des FARC si la guérilla colombienne acceptait de relâcher Ingrid Betancourt. La France a quant à elle fait savoir à plusieurs reprises ces derniers jours qu'elle est prête à accueillir sur son sol des militants des Forces armées révolutionnaires de Colombie dans le cadre d'un accord.

Un avion français est disponible depuis vendredi soir, prêt à partir pour accueillir Ingrid Betancourt dans l'hypothèse où elle serait libérée.

Les FARC, de leur côté, souhaitent échanger leurs "prisonniers politiques" -dont Ingrid Betancourt et trois sous-traitants américains de l'armée colombienne- contre des centaines de guérilleros détenus par le gouvernement colombien.



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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mer 2 Avr - 10:29

Citation :

Nicolas Sarkozy annonce l'envoi "sans délai" d'une mission humanitaire pour accéder à Ingrid Betancourt en Colombie
02/04/2008 - La Tribune
Le président français Nicolas Sarkozy a annoncé mardi l'envoi "sans délai" d'une mission humanitaire en Colombie pour "prendre contact avec les FARC et obtenir accès" à Ingrid Betancourt, qui serait dans un état de santé extrêmement grave. Son homologue colombien Alvaro Uribe a déclaré de son côté qu'il avait accepté cette opération, et qu'il suspendrait toutes les opérations militaires dans le secteur.

Dans un communiqué, l'Elysée a annoncé que M. Sarkozy avait appelé M. Uribe pour lui faire "part de son intention de dépêcher sans délai une mission humanitaire sur place pour prendre contact avec les FARC et obtenir accès à notre compatriote".

"Il a demandé au président colombien de suspendre toute forme d'opérations militaires pour assurer la sécurité et le succès de cette mission", poursuit le communiqué.

Interrogés par l'Associated Press, les services de la présidence française ont refusé de préciser si l'opération était en cours, ou, le cas échéant, quand elle commencerait.

Nicolas Sarkozy a aussi appelé mardi soir le président du Venezuela, Hugo Chávez, pour faire le point avec lui sur la situation des otages en Colombie, selon l'Elysée.

A Bogota, le président colombien a déclaré qu'il avait accepté la demande de Paris, et précisé que l'objectif de cette mission internationale serait de "protéger l'état de santé empirant des otages" détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

Il a précisé qu'une fois les autorités colombiennes informées des coordonnées du point de rencontre entre la délégation française et les rebelles, l'armée suspendrait provisoirement ses opérations militaires dans le secteur.

Plus tôt mardi, le comité de soutien d'Ingrid Betancourt avait affirmé qu'elle était en grève de la faim depuis le 23 février.

Déjà atteinte d'une hépatite B récurrente, l'ancienne candidate à la présidentielle colombienne, enlevée il y a plus de six ans, est désormais "en danger de mort imminente", avait déclaré mardi M. Sarkozy dans un appel à sa libération lancé aux FARC.

"Relâchez Ingrid Betancourt!", a lancé mardi Nicolas Sarkozy dans un message adressé au chef des FARC Manuel Marulanda, le second en quelques mois. Dans le cas contraire, "ce serait une faute politique grave en plus d'une tragédie humanitaire. Ce serait un crime, vous seriez responsable de la mort de cette femme", prévient-il. "Chacun est désormais placé devant ses responsabilités. Vous avez les vôtres, assumez-les."

Le président Uribe a proposé de libérer des guérilleros des FARC si la guérilla colombienne acceptait de relâcher Ingrid Betancourt. La France a quant à elle fait savoir à plusieurs reprises ces derniers jours qu'elle est prête à accueillir sur son sol des militants des Forces armées révolutionnaires de Colombie dans le cadre d'un accord.

Un avion français est disponible depuis vendredi soir, prêt à partir pour accueillir Ingrid Betancourt dans l'hypothèse où elle serait libérée.

Les FARC, de leur côté, souhaitent échanger leurs "prisonniers politiques" -dont Ingrid Betancourt et trois sous-traitants américains de l'armée colombienne- contre des centaines de guérilleros détenus par le gouvernement colombien.

Citation :
Alors que les nouvelles concernant Ingrid Betancourt laissent envisager le pire, le Comité de soutien ne désarme pas et poursuit une mobilisation plus intense que jamais. Nous sommes entrés dans la dernière ligne droite nous voulons croire que la libération d’Ingrid est au bout.

La société civile a été exemplaire d’activisme pour parvenir à la libération de cette femme d’exception. Nous l’appelons à se dépasser et à faire entendre sa voix jusque dans la jungle colombienne, pour soutenir Ingrid et faire comprendre aux Farc que la mort d’Ingrid ne servirait en rien leurs intérêts.

Cette clameur populaire inébranlable commencera à s’exprimer ce mardi 1er avril à 14h30, lorsque le Comité de soutien remettra près de 600000 signatures de la pétition à Nicolas Sarkozy, au Palais de l’Elysée. Cette pétition s’adresse au président français comme aux chefs d’Etats européens et internationaux: les citoyens y "remettent leur espoir entre leurs mains" en demandant de "faire tout ce qui est en [leur] pouvoir" pour sauver Ingrid Betancourt et les otages de Colombie.

Pour information, il a été calculé que depuis l’arrivée des preuves de vie d’Ingrid Betancourt en décembre, deux personnes par minute apposent leur signature. D’autre part, la pétition est disponible en version papier comme sur le site:


www.agirpouringrid.com

Cette clameur populaire s’exprime également à travers les spots télévisés qu’ont enregistrés Lorenzo Delloye-Betancourt et Florence Aubenas, où ils appellent les citoyennes et citoyens à participer à la Marche Blanche organisée à Paris et dans toute la France, ce dimanche 6 avril. Le Comité de soutien remercie chaleureusement BFM TV, Canal+, France 2, France 3, France 5, I-Télé, LCI et TF1 qui ont accepté une diffusion aussi importante que pertinente.

Enfin, cette clameur populaire tonnera lors de la Marche Blanche de ce dimanche 6 avril. A Paris, la manifestation démarrera à 14h30, Place de l’Opéra Garnier, en présence de la famille d’Ingrid, d’élus, de personnalités des mondes artistique et sportif. En province, la Marche Blanche aura lieu à Avignon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Marseille, Mont-de-Marsan, Montpellier, Nice, Saint-Nazaire, Strasbourg et Toulouse (détails disponibles sur www.agirpouringrid.com).

Le comité de soutien à Ingrid Bétancourt
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Ven 4 Avr - 11:05


J'essaie d'informer
j'ai mon avis bien-sur (on peut en parler en privé, chacun est le bienvenu)


Citation :
Mission humanitaire Betancourt : les FARC se méfient de Sarkozy
04/04/2008 - Latin Reporters

La France "capitaliste", "membre de l'OTAN" et gouvernée par un "président de droite" [Nicolas Sarkozy] n'inspire pas confiance à la guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) si l'on en croit ANNCOL, l'une des agences de presse officieuses des insurgés.

Cela semble réduire les chances de succès de la mission humanitaire médicalisée dépêchée en Colombie à l'initiative de la France pour accéder à Ingrid Betancourt, otage de la guérilla depuis plus de six ans et aujourd'hui gravement malade. Mais une éventuelle dissidence ou trahison de guérilleros qui la séquestrent faciliterait sa libération. L'opération humanitaire est-elle basée sur cet espoir?

ANNCOL qualifiait mercredi le président Sarkozy de "naïf" pour se lancer dans une "si dangereuse aventure" dans l'espoir d'une "libération unilatérale" [d'Ingrid Betancourt]. Sous le titre "Faites très attention! Vous ne pouvez pas avoir confiance", comme s'il s'agissait d'un conseil donné aux guérilleros, l'agence officieuse des insurgés a élargi le 4 avril ses considérations sur ce qu'elle appelle "La mission médico-humanitaire du président Sarkozy".

"Les FARC marcheront avec des pieds de plomb, se souvenant que ce fut précisément un appel de membres [il s'agissait plutôt d'émissaires; ndlr] du gouvernement français, incité par l'esprit criminel du psychiatre Dr Ternura [surnom donné par les FARC au psychiatre et surtout Haut commissaire colombien à la Paix, Luis Carlos Restrepo; ndlr], qui a permis au gouvernement des Etats-Unis de localiser le camp de Raul Reyes et de le bombarder".

Raul Reyes, numéro deux des FARC, et une vingtaine de guérilleros et sympathisants ont été tués le 1er mars dernier lors d'un raid de l'armée colombienne contre un camp de la guérilla au nord de l'Equateur. La sénatrice colombienne de gauche Piedad Cordoba affirmait le 19 mars à l'hebdomadaire Cambio que cette attaque "s'est produite deux ou trois jours après une réunion à Panama entre le commissaire Luis Carlos Restrepo, Daniel Parfait, ex-ambassadeur de France en Colombie et époux actuel de la soeur d'Ingrid Betancourt, et Noël Saez, assesseur du gouvernement français". [Mari d'Astrid Betancourt, Daniel Parfait dirige actuellement le département Amériques et Caraïbes au ministère français des Affaires étrangères; ndlr].

Selon la sénatrice, "la réunion eut lieu pour que Restrepo leur communique que le gouvernement [colombien] les autorisait à parler avec Reyes pour voir comment on pouvait obtenir la libération d'Ingrid ... Les Français ont appelé Reyes par téléphone satellitaire [probablement pour fixer le rendez-vous autorisé par Bogota; ndlr] et c'est là qu'ils l'ont écouté [Piedad Cordoba veut sans doute dire "localisé"; ndlr]. Saez a même dit ces derniers jours à l'un de mes amis qu'il se sentait responsable de la mort de Reyes, car il croyait que c'est suite à son appel que le chef guérillero a été localisé".

Interlocutrice habituelle des FARC et amie du président vénézuélien Hugo Chavez, la sénatrice Piedad Cordoba est également bien en cour à Paris, au point que l'ambassade de France à Bogota vient de lui demander de faciliter la mission humanitaire. La même ambassade démentait la semaine dernière qu'un appel satellitaire d'émissaires français ait permis l'exécution de Raul Reyes. Mais Piedad Cordoba a confirmé sa version. ANNCOL et sans doute à travers elle des dirigeants des FARC la reprennent désormais à leur compte, estimant donc qu'un appel téléphonique satellitaire du négociateur français Noël Saez au nº2 de la guérilla, Raul Reyes, fut fatal à ce dernier.

Or Noël Saez, ancien consul de France à Bogota et agent de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), fait partie de la mission humanitaire qui vient d'atterrir en Colombie pour prendre contact avec les FARC et tenter d'accéder à Ingrid Betancourt. Même s'il fut souvent l'interlocuteur de Raul Reyes, qui était l'homme clef de toute négociation sur les otages, on imagine que l'émissaire français ne risque pas aujourd'hui d'être applaudi par les FARC, pour autant qu'elles acceptent encore de le recevoir.

La méfiance jouxte la paranoïa lorsqu'ANNCOL se demande si en autorisant la mission humanitaire, le gouvernement colombien ne cherche pas, avec la complicité des Etats-Unis, à obtenir les coordonnées exactes de l'endroit où est séquestrée Ingrid Betancourt afin de le bombarder et d'assassiner la Franco-Colombienne. L'agence officieuse des FARC prétend que l'équipe du président Alvaro Uribe voit en Ingrid une éventuelle "sérieuse concurrente" politique qu'il conviendrait d'éliminer.

"Jusqu'où va la sincérité de Sarkozy?"

"Nous ne devons pas oublier que la France est un pays capitaliste, que son président est de droite, qu'elle est membre de l'OTAN et que nous ne savons pas jusqu'où va la sincérité de Sarkozy. En outre, il faut rappeler que les pays ont des intérêts, mais non des amis" écrit ensuite ANNCOL. Selon cette agence, "les Etats-Unis et leurs laquais" devraient apprendre "qu'on ne peut pas fermer absolument tous les canaux de communication avec l'ennemi" pour ensuite "envoyer des avions qui attendent inutilement quelqu'un" [Ingrid Betancourt; ndlr].

Jesus Santrich, commandant des FARC, et Rodrigo Granda, l'ex-"ministre des Affaires étrangères" de la guérilla libéré en juin 2007 par le président Uribe à la demande expresse de Nicolas Sarkozy, écrivaient déjà, le 19 mars dans les colonnes de la même ANNCOL, que l'expérience de la mort de Raul Reyes "nous donne raison quant à la nécessité d'exiger chaque fois plus de garanties pour des rencontres de n'importe quel type. Il n'y aura par exemple aucune rencontre entre le gouvernement et la guérilla sans l'existence d'une zone démilitarisée".

"Que personne ne fasse l'innocent. Tous les captifs [des FARC] sont responsables de l'expansion de la guerre, qu'il s'agisse d'Ingrid [Betancourt] et d'autres et il faut dire qu'aucun d'eux n'est dans de pires conditions que Simon Trinidad et Sonia" [deux chefs des FARC extradés et condamnés aux Etats-Unis; ndlr] ajoutaient Santrich et Granda.

Ce manque de sensibilité à l'égard de la Franco-Colombienne, considérée comme un rouage du système combattu par les FARC, et la méfiance de la guérilla découlant des circonstances de l'attaque mortelle contre Raul Reyes rendent donc improbable le succès de la mission humanitaire.

Le diagnostic serait différent si Paris disposait d'informations sur un groupe de guérilleros disposés à trahir leurs chefs pour empocher les primes millionnaires promises par Bogota aux rebelles qui déserteraient en emmenant leurs otages vers la liberté et qui jouiraient de l'asile offert par la France. L'un des sept principaux commandants des FARC, Ivan Rios, avait été abattu en mars par le chef de sa garde personnelle, qui se présenta avec la main coupée de sa victime pour authentifier son droit à la récompense...

Les révélations d'un prêtre relèvent peut-être de l'hypothèse de la dissidence ou de la trahison de guérilleros. "Les FARC cherchent à libérer Ingrid Betancourt, [à trouver] la manière de la livrer" affirmait dans le quotidien colombien El Tiempo du 1er avril le prêtre catholique Manuel Mancera. Il révélait avoir été contacté le 26 mars par la guérilla, sans préciser le niveau hiérarchique des ses interlocuteurs, et il croit que ce contact est lié à l'ouverture de démarches pour la libération d'Ingrid Betancourt. Coïncidence ou non, des prélats de l'Eglise colombienne étaient reçus à l'ambassade de France à Bogota la veille de l'annonce, le 1er avril aussi par le président Sarkozy, de l'envoi de la mission humanitaire.

Titulaire de la paroisse de la localité de La Libertad, dans le département du Guaviare (450 km au sud-est de Bogota) que contrôlent partiellement les FARC, le père Mancera avait déjà été contacté par les rebelles avant qu'ils ne libèrent Clara Rojas, ex-directrice de campagne et colistière d'Ingrid Betancourt pour l'élection présidentielle de 2002. Les six otages colombiens, dont Clara Rojas, libérés unilatéralement par la guérilla depuis le mois de janvier dernier l'ont tous été dans le département du Guaviare.

C'est aussi dans le Guaviare que divers témoins affirment avoir aperçu Ingrid Betancourt, en février et mars, lorsque des guérilleros l'auraient amenée dans divers dispensaires pour tenter d'enrayer l'hépatite B, la leishmaniose et le paludisme qui la mettraient au bord d'une issue fatale.

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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Ven 4 Avr - 11:10

Citation :
Les Farc considèrent inadmissibles les demandes de libérer unilatéralement Ingrid Betancourt
04/04/2008 - Union Radio, El Pais Vallenato, Le Grand Soir, A.P.


Dans un texte écrit par Rodrigo Granda et le commandant partisan Jesus Santrich, les FARC assurent que "seulement suite à un échange de prisonniers seront libérés les captifs de nos campements".

Le chancelier des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), Rodrigo Granda, a qualifié ce jeudi "inadmissible" la demande de libération de l’ex candidate à la présidentielle Ingrid Betancourt, comme nouveau geste unilatéral. Il faut que le gouvernement colombien prépare les libérations de guérilleros en vue d’entamer un échange humanitaire éventuel.

"Il n’est pas admissible qu’on nous demande davantage de gestes de paix, quand après tant d’échantillons probants de notre volonté politique pour trouver des sorties au conflit, on nous répond avec infamie et malfaisance", assure Granda dans une lettre écrite avec le commandant partisan Jesus Santrich publiée par l’Agence de Nouvelles nouvelle Colombiene (Anncol).

(.....)

Dans le texte, Santrich et Granda signalent que "seulement suite à un échange de prisonniers sortiront libres ceux qui sont captifs de nos campements", dit la note au moment où la France et la Colombie avancent une mission médicale pour s’occuper de l’otage franco-colombienne, sans l’approbation des FARC.

En janvier, le groupe rebelle a livré à une mission de paix dirigée par le Gouvernement du président vénézuélien, Hugo Chávez, l’aide de campagne d’Ingrid Betancourt, Clara Rojas, et l’ex congressiste Consuelo González de Perdomo.

En février, ils ont aussi libéré les congressistes Gloria Polanco, Luis Eladio Pérez, Orlando Beltrán et Jorge Eduardo Géchem Les deux libérations ont été effectuées comme geste de dédommagement aux gestions humanitaires effectuées par le président Chávez et la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, ceux qui ont été expulsés abruptement par le gouvernement colombien, du processus de médiation qu’ils effectuaient pour obtenir le tellement souhaité échange humanitaire.

Pour la libération de guérilleros

Le chancelier nommé par les FARC affirme que la guérilla suivra "plus que jamais" la libération de prisonniers partisans dans des prisons colombiennes et américaines. "Ceux qui réclament la liberté pour ceux qui sont dans nos campements, avec quelques exceptions ne sont jamais disposés à bouger le moindre petit doigt pour la liberté des nôtres", dit la note.

"Beaucoup demandent une libération des "kidnappés" mais beaucoup oublient aussi que le nôtres, les fils pauvres de la colombie qui ont combattu comme combattants de l’armée du peuple à la recherche de la justice sociale, sont dans de pires conditions que les prisonniers qui sont entre les mains des FARC", fustige t-il.

"Et sachez qu’aucun d’eux n’est dans de pires conditions que Simón Trinidad ou Sonia", extradés aux Etats Unis.

Victimes de la guerre

Granda et Santrich font en outre allusion aussi "aux dirigeants politiques et chefs populaires qui ont été saisis sans être partisans dans le déroulement de cette chasse aux sorcières soutenu par le Gouvernement pour écraser la résistance populaire", qu’il mentionne en référence aux meurtres de syndicalistes et paysans par des militaires de l’Armée colombienne, pour les faire ensuite passer pour des guérilleros.

"Avec de fausses accusations ont été condamnées ou au moins saisies ces personnes qui sont aussi civiles et ont été insérées dans le conflit", ajoutent t-il.

"Que l’on ne vienne pas alors avec des euphémismes hypocrites surtout avec leur position de "la société civile". Ils incitent à la guerre avec une culpabilité et une maladie supérieures à celui de tout soldat", indiquent t-ils.

"Ordinateur indestructible"

Dans le document ils affirment que Bogota "s’apprête sûrement à redoubler" la guerre "en justifiant dans chaque nouveau mensonge qui apparaissent ’de l’ordinateur indestructible de Raúl Reyes", disent ils en allusion aux supposées informations que Bogota dit d’extraire d’un ordinateur du numéro deux des FARC, assassiné dans l’attaque du 1er mars dernier en territoire équatorien, dans lesquelles ils lient le Vénézuéla et l’Équateur avec la guérilla.

La note de Granda a été publiée au moment où un avion avec des membres d’une mission médicale française se trouve en Colombie pour s’occuper de la franco-colombienne Ingrid Betancourt, au pouvoir des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) depuis 2002.

L’ Agence de Nouvelles Colombiennes (Anncol), dont le siège est à Stockholm et qui fréquemment publie des articles sur le groupe partisan, a signalé ce jeudi qu’il sera difficile pour la mission médicale d’atteindre son objectif car actuellement tous les canaux de communication avec la guérilla sont rompus, suite au décès du numéro deux du groupe rebelle, Raúl Reyes, seul canal pour les négociations à propos d’Ingrid Betancourt.

Le 19 mars dernier, Rodrigo Granda a assuré aussi dans un texte, publié par Anncol, qu’ avant d’être assassiné, Reyes préparait une rencontre avec des délégués français, qui faciliteraient une réunion avec le président Nicolás Sarkozy, pour obtenir la liberté d’Ingrid Betancourt.

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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Lun 7 Avr - 12:56



Shocked Shocked
Citation :
Selon Kouchner, Betancourt va peut-être mieux qu'on ne le pense
07/04/2008 - AFP, Le Point, Houston Chronicle, Reuters

L'otage Ingrid Betancourt va peut-être "mieux qu'on ne l'avait dit" ces derniers jours, a déclaré lundi le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, ses services affirmant que la mission humanitaire en Colombie restait "pleinement mobilisée" pour sa libération.



Selon M. Kouchner, qui s'exprimait sur la chaîne d'informations en continu LCI, la santé de l'ex-candidate à la présidentielle colombienne "doit être dégradée bien sûr mais nous avons le sentiment, non seulement qu'elle est en vie, mais qu'elle se porte mieux qu'on ne l'avait dit".

"Mais je peux hélas me tromper", a aussitôt précisé M. Kouchner, sans donner l'origine de ses informations sur l'état de santé d'Ingrid Betancourt, que certains membres de sa famille ont récemment décrite comme au bord de la mort, après plus de six années passées aux mains de la guérilla des Farc.

Le président Nicolas Sarkozy avait affirmé mardi que l'otage était "en danger de mort imminente", après une série d'informations alarmantes sur son état de santé relayées notamment par certains membres de la famille.

Une mission humanitaire (un avion médicalisé avec au moins un médecin et deux émissaires à son bord), associant la France, la Suisse et l'Espagne, était partie le lendemain de Paris pour Bogota, où elle se trouve toujours. est stationné depuis. L'objectif fixé à cette mission était d'entrer en contact avec les Farc et d'accéder à l'otage.

Alors que certains médias français ont évoqué un départ de Bogota de l'avion, la porte-parole du Quai d'Orsay Pascale Andréani a affirmé que "la mission demeure en Colombie".

"Elle est pleinement mobilisée pour la libération d'Ingrid Betancourt et des autres otages en Colombie", a-t-elle ajouté.

Selon des sources proches du dossier, "il n'est pas question" que l'avion, un Falcon 50, reparte pour l'instant et les émissaires sur place restent "très actifs".

L'Elysée a confirmé que la mission humanitaire était "toujours en cours", à l'issue d'un déjeuner entre M. Sarkozy et son homologue argentine Cristina Kirchner, en visite en France, durant lequel la situation de l'otage a été évoquée.

M. Kouchner a précisé que la mission humanitaire attendait toujours un signal de la guérilla des Farc, réfutant toute idée d'abandonner la mission.

"Elle n'est pas bloquée. Alors qu'il y a six ans que cette pauvre femme est enchaînée (....) et que probablement on la malmène, on ne va pas s'en aller au bout de 24 heures! Comment peut-on penser ça ?", a-t-il demandé.

Les présidents vénézuélien et colombien, Hugo Chavez et Alvaro Uribe, "travaillent", "toute l'Amérique latine bouge", a-t-il ajouté.

M. Kouchner a rappelé que "les Farc ont été très choquées et sans doute très désorganisées par les attaques qui ont été portées par le gouvernement et l'armée colombienne", faisant allusion à la mort début mars du numéro deux des Farc, Raul Reyes, tué dans une opération militaire colombienne en Equateur.

"Alors il faudra plus de temps. Nous attendons toujours", a-t-il admis.

Les Farc, en lutte contre les autorités colombiennes, détiennent depuis plus de six ans Ingrid Betancourt, un des 39 otages dit "politiques" que la guérilla entend échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.


Citation :
Betancourt : mission impossible ?
08/04/2008 - M6 Info

Si l'espoir reste le mot d'ordre en France, l'éventuelle libération d'Ingrid Betancourt suscite scepticisme et pessimisme en Colombie. Exemple avec la sénatrice Piedad Cordoba, une proche des Farc, qui a récemment négocié la libération de six otages de la guérilla, aux cotés du président vénézuélien Hugo Chavez. Aujourd'hui, et plus que jamais, cette femme de 52 ans s'inquiète du sort d'Ingrid Betancourt. Selon elle, la mission humanitaire lancée par la France a peu de chance de réussir.

"Il est possible que les Farc ne veuillent plus communiquer tant que le gouvernement actuel sera en place en Colombie. Ca va être très difficile de renouer le contact, notamment après l'assassinat de leur médiateur Raoul Reyes... ça a été un gros coup dur pour les Farc", estime-t-elle.

Un pessimisme partagé par une autre personnalité qui connaît bien la guérilla marxiste : le journaliste José Botero. C'est lui qui, il y a un an, avait révélé l'existence d'Emmanuel, l'enfant que Clara Rojas avait eu avec un guérillero pendant sa captivité. Pour lui, la France n'a pas compris comment il fallait négocier : "cette mission n'a pas fonctionné car elle avait au départ un défaut de fabrication. Elle est née de la seule initiative de Nicolas Sarkozy. Il en a discuté avec le gouvernement colombien, mais n'a pas compté sur l'autorisation au préalable des Farc", a-t-il expliqué.

Tant que la guérilla restera silencieuse les chances de retrouver Ingrid Betancourt seront très minces. L'avion français censé la récupérer dans la jungle, attend depuis cinq jours maintenant, le feu vert des Farc pour décoller

Où en est la mission humanitaire française ?

Au point mort. Paris attend donc toujours de la part des Farc, l'autorisation d'intervenir et surtout les coordonnées géographiques de l'endroit où se trouve l'otage franco-colombienne. Car sans ces informations, impossible de la trouver dans l'immense forêt tropicale du sud-est du pays, grande comme deux fois la Suisse.

Depuis l'envoi de la mission humanitaire française, la guérilla a répondu sur un seul point, essentiel : aucune libération unilatérale d'otages n'aura lieu. Le mouvement réclame la sortie de prison de centaines de guérilleros et la démilitarisation d'une zone du pays pour procéder à toute libération.

Les chances pour sauver la Franco colombienne diminuent au fil des heures. Mais Paris garde espoir : "Nous sommes en train d'essayer, d'essayer, d'essayer et il n'y a pas d'autre solution", a déclaré Bernard Kouchner. La soeur d'Ingrid Betancourt, Astrid, ne partage pas le même optimisme : "Telle que la mission humanitaire est présentée, il est peu probable que la guérilla donne une réponse favorable", indique-t-elle. Seule lueur d'espoir pour elle : le président du Venezuela Hugo Chavez a proposé de jouer à nouveau un rôle de médiateur dans cette affaire. C'est lui, qui avait obtenu la libération de six otages colombiens, dont Clara Rojas, la directrice de campagne d'Ingrid Betancourt.

Ingrid Betancourt est aujourd'hui en danger de mort. Selon les derniers témoignages, la franco-colombienne, serait très affaiblie. Elle aurait décidé depuis un mois de ne plus s'alimenter et de ne plus prendre ses médicaments. Ingrid Betancourt, qui souffre notamment d'une hépatite B, aurait besoin d'une transfusion sanguine

Dimanche, une "marche blanche" était organisée pour prouver la mobilisation de la France pour l'otage détenue depuis plus de six ans dans la jungle colombienne. Un pari réussi : de Paris à Nice en passant par Bordeaux ou Toulouse, des milliers de personnes ont témoigné de leur solidarité avec Ingrid Betancourt, appelant les Farc et Alvaro Uribe à tout faire pour obtenir sa libération.

Dans la capitale, de nombreuses personnalités sont venues manifester leur soutien. Carla Bruni-Sarkozy a réaffirmé la détermination du chef de l'Etat pour obtenir la libération de l'otage franco-colombienne. "Mon mari ne cédera pas", a-t-elle assuré
scratch
Citation :
Betancourt : les confidences de Sarko Otage / lundi 7 avril par Amédée Sonpipet
Au lendemain de la « marche blanche » en soutien à Ingrid Betancourt et alors que Nicolas Sarkozy s’entretient ce lundi avec la présidente argentine, Cristina Kirchner, le sort de l’otage franco-colombienne est toujours incertain. Coup de bluff ? Coup de pub ? Le volontarisme du président français et l’envoi d’une mission humanitaire n’ont rien changé. Et les confidences de Sarko révèlent que les argumentaires sont prêts à l’Élysée en cas d’échec.

Alors que la mission humanitaire dépêchée en toute hâte par Nicolas Sarkozy pour libérer Ingrid Bétancourt piétine en Colombie, certains diplomates, fins connaisseurs du dossier, ne lui donnent pas une chance sur mille de réussir. En tout cas pas à court terme. Selon ces experts du Quai d’Orsay, le chef de l’État a surtout voulu occuper le terrain médiatique au moment où la santé de l’otage franco-colombienne, détenue depuis plus de six ans au fin fond de la jungle, se détériore.

Silence radio
Le pire, c’est que le président de la République ne s’en cache même pas. En marge du sommet de l’OTAN, qui s’est tenu en fin de semaine dernière à Bucarest, Sarko a reconnu devant des proches, tout comme une poignée de journalistes, que les délégués français n’avaient pour l’heure aucun contact avec la guérilla. Et qu’ils étaient chargés d’en trouver sur place…

Depuis la mort du numéro 2 des Farc, Raul Reyes, localisé par l’armée colombienne grâce à son téléphone portable, la guérilla, n’a en effet, donné aucun signe de vie. Ni au président vénézuélien Hugo Chavez, qui a pourtant réussi à faire libérer six otages ces derniers mois. Ni aux français qui avaient jusque là un seul interlocuteur : Raul Reyes.

Sarko à la rescousse de cette « pauvre femme »
Et alors ? Où est le problème ? Pour Sarkozy, même s’il y a une infime lueur d’espoir, il faut tout tenter. En tout cas, il s’agit d’en persuader le grand public. Au risque de décevoir une nouvelle fois la famille et les proches de la sénatrice franco-colombienne.

Amateurisme ? Coup de bluff ? Pas du tout, rétorque Sarko en petit comité. En cas d’échec de la mission, les argumentaires sont prêts à l’Élysée : « Au moins on ne pourra rien nous reprocher si cette pauvre femme perd la vie, a t-il soupiré devant certains visiteurs du soir, qui l’ont immédiatement répété à Bakchich. Les responsables, ce seront les Farc et leur entêtement à ne pas saisir la main tendue ». La présence de la nouvelle Première dame à la « marche blanche » pour Ingrid, dimanche 6 avril, aux côtés de la présidente argentine Cristina Kirchner, de Bernard Kouchner, Rama Yade ou encore Florence Aubenas, conforte au moins l’idée d’un bon coup de pub…

Le come-back du médiateur Chavez ?
Preuve que le mission française est partie démunie : c’est à Noël Saez, ancien consul de France à Bogota, membre honorable de la DGSE, que la présidence a confié le soin de trouver une solution. Le même Saez qui a déjà fait de nombreux allers-retours dans la jungle ces dernières années, a rencontré plusieurs fois Raul Reyes… sans rien obtenir du tout. Par quel tour de magie parviendra t-il, cette fois, à débloquer la situation ? Mystère ! « Le seul a avoir été un peu efficace dans cette affaire c’est Hugo Chavez, note un diplomate du Quai. C’est lui qui a réussi à obtenir les preuves de vie d’Ingrid que l’on attendait depuis si longtemps. Les Farc ne jurent que par lui ».

Mais même Chavez semble à « court d’idées ». Dès lors il faudrait un « miracle » pour que la « Doctora » Bétancourt, comme on la surnomme à Bogota, soit libérée dans les heures ou même les jours qui viennent. Un « miracle », c’est précisément le terme employé par Astrid, sa sœur, qui est aussi la femme de Daniel Parfait, directeur des Amériques au Quai d’Orsay, très impliqué dans le suivi de cette affaire. Autant dire que l’optimisme n’est pas de mise dans le camp français.
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mer 9 Avr - 11:00

Citation :
Retour de la mission française après le refus cinglant des Farc
09/04/2008 - AFP, La Voz

La France a annoncé mardi soir le retour prochain de la mission humanitaire, envoyée pour secourir l'otage Ingrid Betancourt en Colombie, après avoir essuyé un refus cinglant de la guérilla des Farc.

La présidence française a indiqué que son chef de la diplomatie Bernard Kouchner se rendrait "prochainement dans la région" pour discuter de la situation des otages.

Yolanda Pulecio, mère de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, otage des Farc, a rendu visite mardi soir à des détenus membre du mouvement de la guérilla colombienne, dans la prison Modelo de Bogota. Ancien otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), Luis Eladio Perez, qui accompagnait Mme Pulecio, a déclaré à des journalistes, avoir expliqué aux prisonniers des Farc sa proposition pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt et d'autres otages aux mains de la guérilla.

"Comme l'avait dit le président (français Nicolas) Sarkozy (...), ce rejet est une faute politique grave en plus d'une tragédie humanitaire", a annoncé le ministère français des affaires étrangères au nom des trois pays, la France, l'Espagne et la Suisse, participant à cette mission partie il y a une semaine. "Les trois pays facilitateurs prennent acte de la décision du secrétariat de l'Etat-major central des Farc de rejeter la mission médicale qui était destinée à venir en aide à Ingrid Betancourt et aux autres otages les plus affaiblis", selon le communiqué du Quai d'Orsay.

Quelques heures plus tôt, le secrétariat de l'état-major central des Farc avait jugé "irrecevable" cette mission, excluant d'agir sous "la pression médiatique". Cette initiative n'est "pas le résultat d'une concertation mais de la mauvaise foi du (président colombien Alvaro) Uribe à l'encontre du gouvernement français", a proclamé la guérilla marxiste. "Nous n'agissons pas sous l'influence du chantage, ni sous l'impulsion de campagnes médiatiques", peut-on lire dans un communiqué publié mardi par l'Agence bolivarienne de presse, proche de la guérilla.

Selon les Farc, la mort de son dirigeant Raul Reyes, abattu lors d'un raid de l'armée colombienne le 1er mars en Equateur, démontre que le président colombien est "l'obstacle principal et l'ennemi numéro un de l'échange". "Alors que nous faisions des gestes concrets en faveur d'un échange de prisonniers, le président Uribe planifiait et exécutait le lâche assassinat du commandant Raul Reyes", indique le texte de la guérilla qui constitue sa première réaction officielle.

"Celui qui ordonne à ses généraux un sauvetage (des otages) par l'armée, a feu et à sang, celui qui offre des millions de dollars, appelant la guérilla à déserter avec les prisonniers, celui-là ne veut pas d'échange", estiment les Farc, en référence aux récentes déclarations de M. Uribe. La direction des Farc déclare également que la libération "des guérilleros emprisonnés en Colombie et aux Etats-Unis sont notre priorité". La Colombienne Anayibe Rojas, membre de la guérilla, et le guérillero Ricardo Palmera, sont actuellement détenus aux Etats-Unis.

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), en lutte contre les autorités colombiennes, réclament aussi la libération de 500 guérilleros en échange de celle de 39 otages, dont Mme Betancourt, séquestrée depuis plus de six ans. Mardi déjà la sénatrice de gauche Piedad Cordoba a estimé, lors d'une déclaration à la chaîne de télévision privée Caracol, que le rétablissement de la confiance avec les guérilleros était un "travail complexe". "Mais si l'on ne parle pas avec les Farc, il est impossible qu'il existe une possibilité" d'organiser une telle mission, a dit la sénatrice, dont la médiation au côté du président du Venezuela Hugo Chavez avait débouché sur la libération de six otages depuis janvier.

Un avion français Falcon 50 a attendu en vain à Bogota pendant une semaine un signal pour se rendre dans la jungle de San José del Guaviare (sud-est), une région où se trouverait Ingrid Betancourt. A Paris, Astrid Betancourt, la soeur de l'otage, a qualifié le rejet des Farc de "mauvaise nouvelle", mais estimé que la guérilla laissait "la porte ouverte à des négociations".

De son côté, Hervé Marro, porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt, a qualifié "de claque" aux efforts de la France le rejet par la guérilla.

La Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (Ficib) a réagi au communiqué des Farc, estimant que "le rejet par les Farc de la mission humanitaire est une mauvaise nouvelle" mais n'est pas "surprenante". "Cette mission avait été envoyée par la France dans l'urgence, sur la base d'informations non vérifiées concernant l'état de santé d'Ingrid Betancourt. La réaction des Farc semble prouver qu'effectivement l'état de santé d'Ingrid ne justifie pas une opération d'extrême urgence, ce qui est un point positif ", poursuit le communiqué de la Ficib.
Citation :
Echec de la mission lancée par Paris en Colombie
09/04/2008 - AFP, Edicom
Le cuisant échec la mission humanitaire lancée par Paris en Colombie pour Ingrid Betancourt, qui s'ajoute à une longue liste de rendez-vous manqués, renvoie le dossier à la case départ et à de longues négociations diplomatiques pour une libération de l'otage.

Prenant acte de l'échec, Paris a décidé mardi soir le retour de l'avion médicalisé et de tous les émissaires envoyés la semaine dernière à Bogota. Quelques heures avant, la guérilla des Farc avait adressé une sèche fin de non recevoir à Paris, en jugeant "irrecevable" cette mission et en expliquant refuser d'agir sous "la pression médiatique".

Cette initiative française rappelle celle lancée par le Premier ministre de l'époque Dominique de Villepin, qui avait envoyé un avion en juillet 2003 à Manaus (Brésil) pour tenter, en vain, de récupérer l'otage dans la jungle. A la grande différence, toutefois, qu'il s'agissait en 2003 d'une opération secrète, qui avait tourné au fiasco diplomatique, le Brésil reprochant à la France de ne pas l'avoir informé.

"Ce dossier me rappelle 2003. Il y avait les mêmes rumeurs sur l'état alarmant de santé de ma soeur. Mais comme le dit la France, s'il y a une chance de sauver Ingrid, il faut la saisir", disait vendredi à la presse Astrid Betancourt, qui avait participé à l'opération en 2003.

Cet échec avait alors porté un dur coup d'arrêt aux négociations. La France avait ensuite essuyé d'autres revers, comme en 2005 lorsque Paris, à sa grande surprise, avait été accusé "d'ingérence" par le président colombien Alvaro Uribe. La Colombie avait critiqué les contacts entre l'émissaire français, Noël Saez, ex-consul de France à Bogota, son homologue suisse Jean-Pierre Gontard, et le numéro deux des Farc Raul Reyes, homme clef, dont la mort en mars lors d'un raid de l'armée colombienne a terriblement compliqué le dossier.

Ces mêmes émissaires participaient à la dernière mission annulée, selon des sources proches du dossier. La France a accusé mardi les Farc de "faute politique grave", la guérilla laissant elle entendre que Paris avait été abusée par la "mauvaise foi" de M. Uribe. Mais Paris "s'obstine" et poursuivra ses efforts "d'une façon ou d'une autre", a encore répété M. Kouchner mercredi. Il a confirmé qu'il se rendrait "dans un avenir proche" dans la région pour "réévaluer la situation avec les dirigeants des pays les plus concernés".

Le président Nicolas Sarkozy n'a pas directement réagi à l'échec de son initiative, mais la présidence a indiqué qu'il avait accueilli l'annonce des Farc "avec une profonde déception".

Reste désormais la voie plus classique de la diplomatie. M. Sarkozy a multiplié les contacts et reçu le soutien de plusieurs pays latino-américains, dont le Brésil et l'Argentine. L'otage est devenue un enjeu majeur du conflit opposant le président Uribe, soutenu par Washington, à la guérilla marxiste proche des idées du président vénézuélien Hugo Chavez.

Rétablir la "confiance" est un "travail complexe", a estimé la sénatrice colombienne Piedad Cordoba qui a obtenu des Farc, avec M. Chavez, la libération unilatérale de sept otages.

"Les Farc refusent la mission humanitaire (...) mais laissent la porte ouverte à des négociations plus globales", a estimé pour sa part Astrid Betancourt.

Selon elle, la guérilla attend qu'on lui apporte "une contrepartie et des garanties pour la libération d'Ingrid et des autres otages". L'ex-otage et ancien sénateur Luis Eladio Perez a présenté mardi soir à des guérilleros emprisonnés des propositions élaborées avec Paris. Le fils de l'otage, Lorenzo Delloye, a lui dénoncé la réponse "cynique" des Farc et de nouveau appelé M. Uribe a un accord avec la guérilla.

Faudra-t-il "que je sois obligé d'enterrer ma mère ?" a-t-il dit.

La Suisse ne se décourage pas

La Suisse ne se laisse pas décourager par l'échec de la mission humanitaire en Colombie, a affirmé l'ambassadeur Thomas Greminger. Berne va poursuivre son engagement, a précisé le représentant du DFAE.

"Le processus connaît des hauts et des bas. Il faut être patient et ne pas se laisser décourager par l'échec de cette mission", a déclaré le chef de la division politique IV, interrogé au Club suisse de la presse à Genève. "Nous allons continuer notre engagement et profiter de la présence de notre envoyé spécial en Colombie pour identifier des possibilités de revitaliser le processus pour obtenir un accord humanitaire", a ajouté le représentant du DFAE.

L'ambassadeur Greminger a expliqué que les trois pays, la France, l'Espagne et la Suisse, avaient décidé il y a une semaine d'organiser la mission humanitaire "suite aux informations fournies par les FARC sur l'état de santé d'Ingrid Betancourt". La mission a été annulée mardi faute de progrès.

"Nous étions loin d'être sûrs du succès de cette mission, mais si l'on ne prend pas de risques il ne faut même pas s'engager", a fait remarquer l'ambassadeur. "Nous n'avons pas obtenu les informations des FARC qui auraient permis de continuer cette mission", a-t-il expliqué.

Il a affirmé ne pas être en mesure d'évaluer l'état de santé d'Ingrid Betancourt et des autres otages, et attendre des informations supplémentaires pour évaluer la situation.

La Suisse recherche un accord humanitaire depuis 2004 pour échanger les otages aux mains des rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) contre 500 détenus rebelles aux mains de Bogota.
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mer 16 Avr - 10:26

Citation :

Avec le mari d'Ingrid


16/04/2008 - Le Figaro, Pagina 12, A.P.


Un reporter du Figaro a accompagné Juan Carlos Lecompte sur les traces d'Ingrid Betancourt, otage de la guérilla des Farc depuis 2002.
Tout à coup, pile le 4x4 de tête. Les commandos sautent du pick-up et se déploient en bordure de jungle, le doigt sur la détente de leurs fusils d'assaut. En plein milieu de l'ocre de la piste, se dresse une petite table de camping en plastique bleu. Dessus, trois bouteilles vides, une vieille musette militaire, des détritus. Drôle d'invitation à déjeuner. Le capitaine de cette unité d'élite de la police donne l'ordre de ne pas s'approcher. «Typique des Farc ! Mascarade ? Piège à l'explosif ? Le problème, c'est qu'on ne sait jamais à l'avance !» , dit-il, très calmement. Dix kilomètres auparavant, nous avons trouvé dans l'herbe un bout de cordon détonant. Il semblait neuf.
«C'est un message, pour montrer qu'ils tiennent le terrain, qu'ils ont des informateurs partout, qu'ils sont capables de monter en moins d'une demi-heure une telle mise en scène !» , explique Yolver Larrota, le chef de cabinet du maire de San José de Guaviare, à Juan Carlos Lecompte, assis à sa droite, à l'avant du pick-up tout-terrain de la municipalité, qui a pris la deuxième position dans le convoi. Issu d'une vieille famille de savonniers de Carthagène aux lointaines origines françaises, architecte passé à la pub comme créatif, le mari d'Ingrid Betancourt ne joue pas les héros. Il reconnaît que les routes défoncées, la jungle, les moustiques, la guerre, ce n'est pas son truc. Quand on lui demande si c'est son «premier Paris-Dakar», il cite en riant la chanson de Renaud : «Cinq cents connards sur la ligne de départ !» . Même dans les circonstances les plus dramatiques, un gentleman colombien ne perd ni son sens de l'humour ni l'élégance de l'autodérision.
Le côté cool de Juan Carlos, c'est sans doute ce qui a séduit Ingrid. Leur première rencontre remonte à 1994, lors d'un week-end organisé dans la propriété de Mauricio Villa, un riche ami commun, dans la montagne, à une heure et demi de route de Bogotá. Passionnée d'équitation, Ingrid montait là sa propre jument, presque chaque semaine. Juan Carlos est fasciné par cette jeune députée, élue au Congrès deux mois plus tôt. Elle ne lui prête aucune attention. Obstiné, le jeune homme se fait réinviter chez son ami à chaque fois qu'Ingrid a annoncé qu'elle viendrait. Six mois plus tard, un dimanche soir, elle accepte qu'il la raccompagne à Bogotá. Sur la route serpentant dans la cordillère, le petit Lorenzo, alors âgé de cinq ans, ne cesse de vomir dans la voiture. Ingrid se confond en excuses ; Juan Carlos lui assure que l'incident n'a aucune importance, réconfortant autant qu'il peut le garçonnet, né du premier mariage de la jeune femme avec le diplomate français Fabrice Delloye. Arrivée à Bogotá, Ingrid envoie sa bonne nettoyer la voiture. Juan Carlos, qui habite tout près, propose à Ingrid une virée à moto. C'est le début de leur relation sentimentale. Deux ans plus tard, le 30 janvier 1997, ils se marient, à Moorea (Polynésie française), de retour d'un voyage en Nouvelle-Zélande, où Ingrid, victime de menaces de mort en Colombie, était allée confier ses deux enfants à leur père, alors en poste à Auckland.
Depuis six ans qu'Ingrid est séquestrée par les Farc, Juan Carlos n'a pas eu de nouvelles de sa femme, hormis les trois vidéos transmises aux médias par les guérilleros (juillet 2002, août 2003, novembre 2007). Dans celle de 2003, figuraient six messages personnels, qu'Ingrid adressait, dans l'ordre, à Lorenzo, à Mélanie, à sa mère, à son mari, à sa sœur Astrid, à Fabrice. Ému, Juan Carlos évoque le sien, une métaphore, caractéristique du tempérament poétique d'Ingrid : «l'amour est comme un fleuve, les eaux peuvent se séparer, mais elles finissent toujours par se retrouver en aval» .
La jungle n'est pas vide
Le convoi a repris sa progression dans la jungle. Nous sommes partis le matin de San José de Guaviare, minuscule chef-lieu de province lové dans un méandre du fleuve amazonien, pour rejoindre El Capricho, village perdu dans la campagne, en pleine zone traditionnelle des Farc, où Ingrid aurait reçu des soins, à la fin du mois de février. Juan Carlos a l'intention d'entendre lui-même ce que dit la population. Obstruée de gigantesques nids de poule, la piste fend une végétation inextricable. Une marée verte, à perte de vue, striée de minuscules rios. Parfois, émergent les falaises d'énormes rochers noirs, de la taille d'une colline. On se croirait dans L'Oreille cassée.
La jungle n'est pas vide. On croise des jinete, les gauchos colombiens, droits sur leurs chevaux. Ils vous jettent un regard bref, ni chaleureux, ni vraiment hostile, impénétrable. On croise aussi des camions du gouvernement provincial, remplis de terre, où il est écrit «Un pacto political y social». Pour éloigner la population de l'emprise des Farc, les autorités multiplient les constructions de routes, d'écoles, de dispensaires.
Par moments, le relief s'éclaircit, on tombe sur des clairières, où paissent des vaches. Les fincas ne sont que de misérables baraques de planches au toit de tôle. Ca sent la bouse, l'herbe, le brûlis. La déforestation est apparemment anarchique. Deux Indiens, chaussés de bottes en caoutchouc noir, descendent vers la route, le long d'un sentier. «Ce sont des raspachines (ramasseurs de feuilles de coca)», explique Yolver Larrota, le collaborateur du maire. Cinq cents mètres plus loin, on tombe sur une vaste surface, d'un vert plus pâle. C'est un champ de coca, dont les feuilles, pas encore mûres, poussent entre les squelettes de grands arbres calcinés.
Malgré les campagnes d'épandage aérien financées par les États-Unis, la production de cocaïne n'a pas grandement chuté en Colombie. Elle est toujours de 600 tonnes annuelles, ce qui représente une valeur de 20 milliards de dollars (un sixième du PIB du pays). Les trafiquants ont développé des espèces qui permettent quatre moissons par an. Dans les années 1980, les Farc ont développé une stratégie originale de broker, qui consistait à acheter à prix fixe la pâte de coca aux paysans, à protéger militairement les laboratoires de transformation, puis à vendre la cocaïne aux narcotrafiquants. Pour communiste qu'elle se prétende toujours, la plus vieille guérilla d'Amérique latine est riche.
Impôt et terreur révolutionnaires
Le problème est que l'argent ne fait pas bon ménage avec le marxisme. Début mars, deux des sept membres du secrétariat (la direction) des Farc ont été tués. Raul Reyes par une bombe de 250 kg guidée au laser, larguée la nuit par l'aviation colombienne, sur son camp secret, situé à deux kilomètres à l'intérieur du territoire équatorien. Ivan Rios fut abattu dans les montagnes de la cordillère centrale, par l'un de ses propres gardes du corps, qui amena ensuite la main coupée de son chef à la police. À l'informateur comme au tueur, le gouvernement versa la prime promise de 5 milliards de pesos (environ 2 millions d'euros).
Dans un hameau voisin d'El Capricho, on sait tout de suite à quoi s'en tenir. Peinte en noir sur un réservoir d'eau en ciment, une inscription murale proclame : «Unete a las Farc» (rejoignez les Farc). La calligraphie est soignée, on dirait une affiche murale du gouvernement. Ici règnent l'impôt et la terreur révolutionnaires. En mai 2002, les Farc furent capables d'enfermer dans leur église les paysans du village récalcitrant de Bojaya, puis d'y mettre le feu (119 morts, dont 45 enfants).
Au dispensaire comme à l'école d'El Capricho, le discours tenu à Juan Carlos Lecompte est le même : «Oui, on voit bien passer, de temps en temps, de petits groupes de Farc, mais jamais Ingrid n'est venue ici. Tout ça est le résultat d'un vaste bidonnage journalistique». Lorsqu'on demande à Bertha Ayala comment elle explique la disparition du médecin et de l'infirmière du dispensaire juste après la date de la supposée visite d'Ingrid, ainsi que celle du curé du village, à qui des paysans ayant vu Ingrid se seraient confiés, la sympathique directrice d'école répond en souriant : «Vous savez, dans la vie, les coïncidences existent. Le médecin et l'infirmière avaient fini leur temps réglementaire. Ils voulaient vivre ailleurs. Quant au curé, il est simplement parti en vacances !» Quelque chose cloche dans l'argument de l'institutrice. Dans ce pays profondément catholique, le curé d'El Capricho, parti fin février (et toujours pas revenu le 12 avril), aurait-il manqué la semaine sainte avec ses ouailles, pour simplement «prendre des vacances» ? Cela ne tient pas debout. Cela sent l'omerta à plein nez.
Revenu fourbu, tard le soir, à San José, Juan Carlos Lecompte ne sait pas à quoi s'en tenir. D'autant plus que Yolver Larrota lui a confié s'être entretenu avec des paysans début mars, bien avant que les médias ne se mêlent à l'affaire, et que tous lui avaient raconté qu'Ingrid avait bien passé une nuit au dispensaire, à la fin du mois de février.
Le lendemain matin, nous affrétons un petit Cessna 172, pour survoler la jungle en direction du sud, jusqu'à la bourgade de Calamar. Vus du ciel, les ravages de la déforestation sauvage semblent encore plus dramatiques. Assis à la place du copilote, Juan Carlos ouvre sa vitre, pour balancer des tracts illustrés de photos récentes de Mélanie et Lorenzo. Quelque 8 000 tracts, comme autant de bouteilles à la mer. Il fait le pari que les guérilleros en ramasseront plusieurs, et qu'Ingrid finira par en récupérer au moins un. Juan Carlos espère que l'image de ses enfants, maintenant magnifiques jeunes étudiants, redonnera à Ingrid l'envie de vivre, malgré le calvaire que lui font subir les Farc, depuis six très longues années.

Citation :

Le gouvernement français n'a plus d'interlocuteur avec la guérilla


16/04/2008 - Romandie.com, Union Radio, AnnCol


Le gouvernement français n'a plus d'interlocuteur au sein de la guérilla depuis la mort du numéro deux des Farc, Raul Reyes, a déclaré le chef guérillero Ivan Marquez dans une interview publiée mardi par l'agence ANNCOL, proche du mouvement rebelle colombien.
"La personne désignée par le secrétariat des Farc (organe dirigeant) pour parler avec la délégation du gouvernement français était le commandant Raul Reyes, mais comme tout le monde le sait Raul a été abattu au cours d'une attaque militaire des gouvernements colombien et des Etats-Unis en territoire équatorien", le 1er mars, poursuit le dirigeant guérillero.
"C'est la raison pour laquelle le gouvernement français n'a pu contacter les Farc", a-t-il dit.
Le responsable de la guérilla faisait allusion à l'échec de la mission humanitaire lancée début avril par le gouvernement français pour tenter de secourir la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis plus de six ans.
Paris a décidé la semaine dernière le retour en France d'un avion médicalisé envoyé à Bogota et des émissaires après avoir essuyé un refus cinglant des Farc.
Evoquant la mort de Raul Reyes et l'assassinat du commandant Ivan Rios, Ivan Marquez indique que des "commandants vertueux dans les domaines militaire et politique tels Joaquin Gomez et Mauricio Jaramillo ont occupé la place de ceux qui sont tombés, garantissant à l'état-major, une cohésion autour du commandant en chef".
Par ailleurs, Ivan Marquez écarte toute négociation avec l'Eglise catholique, désignée comme médiateur par le gouvernement colombien d'Alvaro Uribe.
Ce gouvernement "assassine nos porte-parole et se déclare disposé à négocier", ironise-t-il.
"Il se dit favorable à l'accord humanitaire et dans le même temps il ordonne la libération par la force des prisonniers (ndlr: otages). Il extrade des guérilleros aux Etats-Unis et exige la libération des trois gringos (ndlr: Américains) prisonniers des Farc", s'indigne Ivan Marquez avant de conclure que "Les Farc ne réagissent pas au son des campagnes médiatiques ou des médiations partisanes".
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Jeu 17 Avr - 12:17


Citation :

10 jours avec la guérilla des FARC


17/04/2008 - Latin Reporters, France 24, ADN.es


"Le problème de la santé d'Ingrid Betancourt doit nous mener à un débat sur la santé de tous les Colombiens" affirme Pastor Alape, membre de l'état-major de la guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) dans le reportage vidéo "Dix jours avec les FARC" du journaliste espagnol David Beriain.

Diffusé sur le site Internet du journal espagnol ADN, ce reportage récent a été tourné dans la 2e quinzaine du mois de mars, lorsque des informations alarmantes circulaient sur la santé de la célèbre otage Franco-Colombienne, séquestrée par les FARC depuis le 23 février 2002.
LatinReporters et France 24 reproduisent quelques parties de ce reportage exceptionnel.
Selon le journaliste, Ingrid Betancourt n’est pas prête d'être libérée. L’absence de réponse de la part du gouvernement après la libération de six otages a contrarié les guérilleros qui sont arrivés à la conclusion que "libérer des otages ne leur avait servi à rien".
Les rumeurs autour de la mort d’Ingrid, "infondées"

Selon les informations données au journaliste par Pastor Alape, membre de l'Etat-major des FARC, Ingrid Betancourt serait effectivement malade, en raison des conditions de détention difficiles.

"La captivité est dure. Il y a un proverbe qui dit : 'bien que la cage soit en or, c'est toujours la prison'. Pour nous, cela est certain. Ces prisonniers de guerre, qu'ils soient des politiques ou des militaires, vivent comme nous, les combattants. Les pois, les graines, et les céréales qu'ils mangent, ce sont les combattants qui les leur donnent. Voilà notre réalité, voilà la réalité de la guerre."

Pour Pastor Alape, "la plupart des Colombiens avaient des problèmes de santé". Selon lui, "le débat autour de la santé d’Ingrid devrait ouvrir les discussions autour de la santé des Colombiens" en général.

Quant aux supputations concernant sa mort, "Pastor Alape m'a dit que ces rumeurs étaient totalement infondées", rapporte David Beriain. Un guérillero explique, concernant les images diffusées par les FARC sur les otages que "si on les montre dans une situation difficile, dure, c'est dans le but d'émouvoir. Mais tous ceux qui ont été libérés sont sortis en bon état, physiquement. Ils ont pu parler, faire des déclarations et occuper par la suite des fonctions au sein de l'Etat."
Dix jours dans la jungle

Parti en Colombie mi-janvier, le journaliste a passé deux mois et demi à négocier pour pouvoir entrer dans ce campement, muni d'une petite caméra. "Je ne sais pas encore moi-même pourquoi ils m'ont dit oui", sourit David.

Après trois jours de voyage, et environ 120 kilomètres de marche à pied et à cheval, David Beriain a pu vivre quelques jours au cœur de la jungle avec les guérilleros et assister à leurs réunions.

Il décrit leurs conditions de vie comme très dures : "Ils dorment à même le sol toutes les nuits et sont capables de marcher sur une distance de 120 kilomètres en trois jours sans être fatigués."

Pour autant, dans la région où se trouvait David Beriain, les FARC ne semblent pas inquiétés par l'armée colombienne. Et malgré la mort de deux de leurs chefs, dont Raul Reyes, Beriain affirme que l’organisation ne faiblit pas et n’est pas prête à libérer la Franco-colombienne.

"J'ai vu qu'ils avaient beaucoup de ravitaillement, de la nourriture en abondance, des équipements militaires en abondance. J'ai marché pendant 10 jours pratiquement, et ce sans voir un seul militaire de l'armée colombienne à proximité", raconte le journaliste.

"De plus, en ce qui concerne les communications internes : j'ai vu un jour le secrétariat des FARC, leur organe de direction, se mettre en contact par radio avec tous les campements… C'est-à-dire qu'il les a tous contacté en même temps par radio pour lire un communiqué. Preuve qu'ils ont la possibilité de communiquer, alors que le gouvernement Uribe prétend le contraire."
Les vidéos sur Latin Reporters :

1. Le long chemin jusqu'au coeur de la guérilla
Le reportage est en espagnol. Nous en soulignons et en traduisons les éléments les plus intéressants. Par ailleurs, les images parlent d'elles-mêmes quant au milieu naturel inhospitalier, la jungle colombienne, dans lequel vivent les guérilleros et leurs otages. Dans cette première partie, le journaliste d'ADN David Beriain relate son cheminement vers un camp des FARC où il arrive à la mi-mars, après deux mois de démarches en Colombie pour obtenir le feu vert de la guérilla.
Le camp, explique le journaliste, relève d'un "front du Magdalena medio", l'un des sept "blocs" en lesquels les FARC ont divisé militairement la Colombie. Ces "blocs" ne correspondent pas aux départements officiels. Situé au nord-est du pays, collé au Venezuela, le "Magdalena medio" compte, selon David Beriain, un millier de guérilleros, commandés par Pastor Alape, principale personnalité du reportage. Membre de l'état-major des FARC, Pastor Alape n'appartient pas au Secrétariat, le commandement collectif suprême composé des sept principaux commandants. David Beriain estime cependant qu'Alape aurait pu accéder au Secrétariat "après la mort de Raul Reyes [nº2 des FARC abattu le 1er mars par l'armée colombienne; ndlr;] et d'Ivan Rios" [comandant des FARC assassiné en mars par le chef de sa garde personnelle; ndlr].
Le reportage précise que la tête de Pastor Alape est mise à prix à raison de 4 millions de dollars par la Colombie et par les Etats-Unis. [Une page Internet du Département d'Etat américain offre effectivement une récompense, mais de 2,5 millions de dollars, pour la capture de Pastor Alape, dont le vrai nom serait Felix Antonio Muñoz Lascarro. Le département d'Etat l'accuse du "meurtre de centaines de personnes" et de la "production et distribution, à destination des Etats-Unis et du monde, de centaines de tonnes de cocaïne"; ndlr].
A noter que les informations les plus récentes situent Ingrid Betancourt dans le département du Guaviare, à quelque 800 km au sud du "Magdalena medio".
2. Le drame d'Ingrid et des autres séquestrés
La deuxième partie du reportage débute par cet avertissement écrit: "Les FARC sont considérées comme une organisation terroriste par l'Union européenne et par les Etats-Unis. Les Nations unies et Amnesty International ont dénoncé les FARC pour violations du droit international humanitaire. Selon des sources officielles colombiennes, elles [les FARC] maintiennent séquestrées plus de 700 personnes".
La vidéo montre les guérilleros, levés d'ordinaire dès 4h30 du matin, commentant collectivement après le petit-déjeuner les informations recueillies à l'écoute de la radio. Et ce jour-là, on parlait essentiellement d'Ingrid Betancourt. Le commandant rebelle Pastor Alape expose, avant de la repousser, l'offre faite le 27 mars dernier aux FARC par le président colombien Alvaro Uribe de libérer tous les guérilleros prisonniers en échange de la libération d'otages, voire de la seule Ingrid Betancourt, à condition que les rebelles élargis ne rejoignent pas les rangs de la guérilla. [Le 1er avril, la France annonçait l'envoi en Colombie d'une mission humanitaire, rejetée par la guérilla, pour tenter d'accéder à Ingrid Betancourt. Le reportage s'est donc prolongé quasi jusqu'à la veille du début de cette mission avortée; ndlr].
Pastor Alape rapporte, incrédule devant ses hommes, les informations sur l'apparition supposée en mars d'Ingrid Betancourt, en très mauvaise santé, en divers endroits du département du Guaviare. Le journaliste David Beriain lui demandant si l'indignation soulevée par le triste état d'Ingrid Betancourt sur ses dernières preuves de vie [photo et vidéo diffusées le 30 novembre 2007; ndlr] ne risque pas de justifier l'appellation "terroristes" appliquée aux FARC, le chef rebelle réplique que l'image de la guérilla souffrirait de la vision "que le monde du pouvoir diffuse en utilisant la terreur médiatique".
A la question "les FARC pourraient-elles libérer Ingrid pour raison de maladie?", le commandant Alape répond: "Non, non, non, je n'ai pas ces éléments. Cela dépend d'un niveau à haute responsabilité de la direction de notre mouvement". Et d'ajouter alors, après une critique du gouvernement de Bogota, qui laisserait les citoyens démunis face à la maladie: "Le problème de la santé d'Ingrid Betancourt doit nous mener à un débat sur la santé de tous les Colombiens".
Comme son chef, le guérillero prénommé Cornelio refuse le terme "séquestrés", n'admettant que les mots "prisonniers politiques ou de guerre" pour ésigner les otages. Un autre guérillero, Raul, argumente des "lois adoptées par les politiciens en appui à la guerre" pour en déduire que les politiciens "font partie de cette guerre". Des propos qui ressemblent à une justification presqu'explicite de la séquestration d'Ingrid Betancourt, qui fut sénatrice et candidate à la présidence de la Colombie
.

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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Ven 18 Avr - 8:58

Citation :

Piedad Cordoba : "Uribe utilise de manière perverse l'état de santé d'Ingrid Betancourt" !


18/04/2008 - Union Radio


La sénatrice colombienne Piedad Cordoba a affirmé jeudi que le gouvernement de son pays utilisait de « manière perverse » et « irresponsable » l'état de santé d'Ingrid Betancourt, kidnappée par les FARC, pour dissimuler la « crise interne », qui « est suprêmement grave ».
Cordoba, qui a pris part à Barcelone aux "VI èmes journées sur la Colombie" organisées par l'Agence Catalanne de Coopération au Développement, a souligné la coïncidence : c'est exactement le même jour où ont été lancées dans l'opinion publique les informations qu'Ingrid Betancourt serait « sur le point de mourir » qu'étaient arrêtées des « personnes extrèmement proches » du président colombien, Alvaro Uribe, « pour des affaires de parapolítique ».
La sénatrice, qui a agi comme médiatrice dans la libération de certains des kidnappés de FARC, et qui a critiqué la « stratégie » de ne pas permettre de « nouveaux échanges humanitaires », estime que, à sa connaissance, « jusqu'il y a très peu de temps », la santé d!Ingrid Betancourt ne montrait pas un état « critique ».
Cordoba a rappelé qu'elle-même avait été également détenue, et bien qu'elle reconnaisse que l'état mental d'Ingrid n'est vraisemblablement pas très bon, elle a soutenu que dans les processus de libération auxquels elle a pris part « on fait toujours croire que les personnes sont sur le point de décéder, et quand elles seront retrouvées elles sont en meilleure santé que ce qui avait été annoncé ».
La sénatrice, qui a rencontré le maire de Barcelone, Jordi Hereu, a souligné le rôle de médiateur dans ce conflit du président du Vénézuéla, Hugo Chavez.
« Alors que la guerre passe par (George) Bush, l'accord humanitaire et la paix passent par Chávez », a affirmé Cordoba, pour laquelle le président vénézuélien essaye de tracer le chemin d'un rapprochement avec les FARC.
Elle a aussi déclaré que « il ne reste aujourd'hui aucune possibilité qu'une autre personne puisse atteindre le degré de confiance qu'a le président Chávez » avec la guérilla.
« Mais je veux être claire : je ne suis un agent diplomatique ni du gouvernement vénézuélien, ni d'Hugo Chávez, avec qui j'ai des liens d'amitié », a-telle ajouté.
Cordoba a assuré qu'à cause du rôle de médiateur qu'elle-même joue dans le conflit, elle fait l'objet de menaces de mort et qu'elle a subi des agressions dans des aéroports ou dans des avions, et croit qu'elle est une « proie facile » pour un possible attentat.
« Mais j'ai assumé me "brûler politiquement" si c'était nécessaire, parce que je sais qu'à long terme l'histoire reconnaîtra que c'est ce qu'il fallait faire », a affirmé la sénatrice, que sait qu'elle est comme « une pierre dans la chaussure de l'« establishment » qui gouverne le pays comme il le veut et qui reste insensible à la pauvreté de ses habitants».
Cependant, elle considère que la population se sensibilise de plus en plus pour obtenir la paix, et que, alors qu'on constate une faiblesse croissante des partis politiques, on assiste à une renaissance de quelques secteurs sociaux, comme les universitaires, les groupes de femmes ou les minorités indigènes.
« Si quelque chose a perdu toute valeur en Colombie, c'est la vie humaine, et je crois que nos plus grands défis sont de redonner valeur de la vie et à la liberté », a-t-elle ajouté.
Sur l'éventuelle réélection d'Uribe, Cordoba a déclaré que « il n'aura pas la majorité, parce que la majorité de amis sont déjà n prison, et il sera difficile de garder sa majorité au Congrès ».

Citation :

Ingrid Betancourt "va bien", selon la sénatrice colombienne Piedad Cordoba


18/04/2008 - AFP, UniVision


La sénatrice colombienne de gauche Piedad Cordoba, qui a joué un rôle de médiation auprès des FARC, a assuré vendredi à Madrid qu'Ingrid Betancourt allait "bien", et a reproché au gouvernement colombien de faire obstacle à un échange humanitaire avec la guérilla.
"Les dernières nouvelles que j'ai, qui remontent à la semaine dernière" sur Ingrid Betancourt, otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis six ans, sont qu'elle va bien", a déclaré Mme Cordoba lors d'une conférence de presse.
"Elle n'a aucune maladie qui puisse donner lieu à des complications", a assuré la sénatrice colombienne, proche du président vénézuélien Hugo Chavez, dont la médiation a obtenu la libération de six otages depuis janvier.
Le haut commissaire colombien pour la paix Luis Carlos Restrepo, avait assuré dimanche dans un entretien publié dimanche en Colombie qu'Ingrid Betancourt était "atteinte de maladies chroniques", mais "pas confrontée au risque imminent de mort".
"Il y a beaucoup de spéculations et de rumeurs sur la santé de Mme Betancourt. Nous savons que son état physique est entamé mais nous ne savons pas avec précision comment elle va", avait pour sa part indiqué mercredi le commandant en chef de l'armée colombienne, le général Freddy Padilla.
Ces déclarations interviennent après l'échec de la mission humanitaire envoyée début avril par la France, à la suite d'informations alarmantes sur l'état de santé de l'otage franco-colombienne.
Piedad Cordoba, sénatrice d'opposition, a également reproché au gouvernement colombien du président conservateur Alvaro Uribe de faire obstacle à la libération d'otages, assurant que ce dernier "n'a aucun intérêt à trouver un accord humanitaire".
En lutte contre les autorités depuis 1964, les Farc réclament la libération de quelque 500 guérilleros en échange de celle d'un groupe de 39 otages dits "politiques", dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.
"Il y a un courant très fort à l'intérieur du gouvernement (colombien) qui ne veut pas de cet accord", a-t-elle ajouté.
La sénatrice a estimé à l'inverse que les libérations "unilatérales" d'otages auxquelles ont récemment procédé les FARC "montrent clairement qu'il y a une volonté de dialogue".
Il faut "réhausser la crédibilité" des FARC pour réactiver le processus de paix, a-t-elle ajouté, enjoignant le président colombien Alvaro Uribe à "reprendre le dialogue". "De toute façon, la sortie (du conflit) est politique", a-t-elle estimé.
Mme Cordoba a indiqué qu'elle rencontrerait mardi à Madrid la secrétaire d'Etat espagnole pour l'Amérique latine Trinidad Jimenez, et peut-être le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero.

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Dernière édition par djodj le Lun 28 Avr - 10:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mer 23 Avr - 14:39

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Pour en savoir +
www.Betancourt.info
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Lun 28 Avr - 10:14

28/04/2008 : Kouchner, un coup pour rien dans une négotiation difficile ?
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
Trois semaines après l'échec de la mission humanitaire qui visait à entrer en contact avec Ingrid Betancourt, Paris tient à prouver que sa mobilisation sur ce dossier reste intacte. Même si, pour l'heure, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances.</BLOCKQUOTE>

28/04/2008 : Selon les Farc, les possibilités de libération des otages sont "closes"
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
Les possibilités de continuer à libérer des otages sont "closes" et le président vénézuélien Hugo Chavez est le seul espoir pour délivrer Ingrid Betancourt, déclare le chef des Farc Ivan Marquez dans une interview publiée dimanche par le quotidien argentin Perfil.</BLOCKQUOTE>

27/04/2008 : Les révélations des paramilitaires en Colombie
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
Accusé par un détenu de liens avec les miliciens, le président colombien Uribe dément fermement. De nombreuses révélations dénoncent aussi les liens de parlementaires avec les forces paramilitaires. Déballage...</BLOCKQUOTE>

26/04/2008 : Betancourt: Bernard Kouchner se rendra lundi en Colombie
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
Le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, se rendra lundi à Bogota avant de gagner l'Equateur et le Venezuela pour évoquer le sort des otages en Colombie et notamment celui de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a indiqué vendredi le quai d'Orsay. </BLOCKQUOTE>

25/04/2008 : La libération de Betancourt était sur les rails jusqu'à la mort de Reyes
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
La libération de l'otage franco-colombienne détenue par les Farc, Ingrid Betancourt, était sur les rails jusqu'à la mort du numéro deux de la guérilla colombienne, Raul Reyes, le 1er mars, a déclaré la sénatrice colombienne Piedad Cordoba au quotidien espagnol El Pais jeudi.</BLOCKQUOTE>

24/04/2008 : Enquête ouverte contre le président Uribe concernant un massacre de paysans en 1997
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
Le président colombien Alvaro Uribe a révélé mercredi à Bogota qu'une enquête avait été ouverte contre lui à la suite d'une dénonciation d'un prévenu l'accusant d'être impliqué dans un massacre de paysans en 1997.</BLOCKQUOTE>

23/04/2008 : Arrestation du cousin d'Alvaro Uribe en Colombie
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
Le cousin du président colombien Alavaro Uribe et ancien sénateur Mario Uribe a été arrêté mardi en sortant de l'ambassade du Costa Rica à Bogota après que l'asile politique lui ait été refusé.</BLOCKQUOTE>

22/04/2008 : Un cousin du président colombien demande l'asile politique au Costa Rica
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
Mario Uribe, cousin du président colombien Alvaro Uribe, dont l'arrestation a été ordonnée mardi par le parquet pour ses liens présumés avec les groupes paramilitaires, est à l'ambassade du Costa Rica pour demander l'asile politique, a annoncé la radio privée Caracol. Quelque 62 hommes politiques colombiens, dont 32 membres ou anciens membres du Congrès, ont déjà été emprisonnés pour avoir eu des liens avec ces milices accusées d'avoir tué des milliers de paysans et de s'être emparées de leurs terres. </BLOCKQUOTE>

21/04/2008 : L'Espagne et la Colombie analysent des formules qui permettraient de libérer les otages des FARC
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
La sénatrice colombienne Piedad Cordoba et la Secrétaire d'Etat espagnole pour l'Amérique Latine, Trinidad Jiménez, ont analysé aujourd'hui la possibilité de rétablir les contacts avec les FARC en vue de conclure avec la guérilla un accord humanitaire pour la libération des kidnappés.</BLOCKQUOTE>

20/04/2008 : Prochaine rencontre Sarkozy, Chavez, et Uribe ?
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
Les présidents français Nicolas Sarkozy, vénézuélien Hugo Chavez et colombien Alvaro Uribe, ont l’intention de se rencontrer bientôt afin de mettre au point une stratégie leur permettant de nouer des contacts avec la guérilla des Farc en vue de la libération des otages, a affirmé samedi un ex-otage.</BLOCKQUOTE>

19/04/2008 : Les déplacés en Colombie
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
La Colombie est le second pays au monde pour le nombre de personnes déplacées de force. Selon le dernier rapport de l'UNHCR, l'agence pour les réfugiés des Nations Unies, le conflit interne a déjà laissé quatre millions de personnes sans maison ni travail, et les a obligé à se réfugier dans les faubourgs de Bogota, à la recherche d'une aide du gouvernement.</BLOCKQUOTE>

19/04/2008 : Ingrid Betancourt "va bien", selon la sénatrice colombienne Piedad Cordoba
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
La sénatrice colombienne de gauche Piedad Cordoba, qui a joué un rôle de médiation auprès des FARC, a assuré vendredi à Madrid qu'Ingrid Betancourt allait "bien", et a reproché au gouvernement colombien de faire obstacle à un échange humanitaire avec la guérilla.

</BLOCKQUOTE>
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MessageSujet: Re: Ingrid Bétancourt   Mar 6 Mai - 14:08

05/05/2008 : Où Kouchner veut-il en venir ?
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
Dans El Tiempo aujourd'hui, un éditorial consacré à la récente visite de Bernard Kouchner : "Le Gouvernement colombien devrait faire une proposition sérieuse à la Communauté internationale sur l'échange humanitaire".</BLOCKQUOTE>

04/05/2008 : En ce moment, l'espoir des kidnappés se tourne vers la Suisse et le Pérou
<BLOCKQUOTE dir=ltr style="MARGIN-RIGHT: 0px">
Après la visite du chancelier français Bernard Kouchner en Colombie, au Vénézuéla et à en Équateur, pays qui ont entre eux des problèmes diplomatiques et qui ont été impliqués dans la libération des otages des Farc, le panorama de l'Accord Humanitaire reste sombre et imprévisible.</BLOCKQUOTE>

03/05/2008 : Le scandale «parapolitique» prend de l'ampleur en Colombie
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Les menaces de mort contre un témoin-clé dans le scandale «parapolitique» en Colombie, réfugié au Canada depuis six ans, coïncident avec la mise en cause du président Alvaro Uribe lui-même, et les entraves à un accord de libre-échange avec les États-Unis et le Canada.</BLOCKQUOTE>

03/05/2008 : "Regain d'espoir" après la mission Kouchner (Astrid Betancourt)
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La tournée du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner en Colombie et dans la région a fait naître un "regain d’espoir" pour une future libération des otages dont fait partie Ingrid Betancourt, a estimé vendredi sa soeur Astrid Betancourt.</BLOCKQUOTE>

03/05/2008 : Betancourt: Kouchner "pas très optimiste", mais juge "utile" sa tournée
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Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a reconnu vendredi ne pas être "très optimiste" sur les chances d’une libération à court terme de l’otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, tout en affirmant que sa tournée sud-américaine avait été "utile".</BLOCKQUOTE>

02/05/2008 : Otages colombiens: Sarkozy demande à Chavez de poursuivre sa médiation
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Le président français Nicolas Sarkozy a demandé à son homologue vénézuélien Hugo Chavez de poursuivre sa médiation auprès de la guérilla colombienne des Farc dans le but d'obtenir la libération d'autres otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, dans une lettre en espagnol dont l'AFP a obtenu une copie. </BLOCKQUOTE>

02/05/2008 : L'interview du numéro 2 des FARC
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Le magazine argentin "Perfil" a publié dimanche dernier une interview exclusive avec le numéro deux des FARC, Ivan Marquez, recueillie par le secrétaire général du Parti communiste argentin, "quelque part dans la forêt colombienne". ( Marquez est le successeur de Raul Reyes, celui qui menait les négociations avec la France et qui a été tué par les forces colombiennes il y a quelques semaines);</BLOCKQUOTE>

01/05/2008 : Kouchner rentre bredouille
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Bernard Kouchner a achevé ce mercredi une visite de trois jours en Colombie, en Equateur et au Venezuela. Le ministre des Affaires étrangères a tenté, en vain semble-il, de réconcilier les trois pays, dont les relations sont tendues depuis la mort du n° 2 des FARC Raul Reyes, en territoire équatorien, le 1er mars dernier.</BLOCKQUOTE>
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