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 Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?

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Blackmore's rainbow

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MessageSujet: Bête de somme   Lun 12 Déc - 6:00

Un autre article du dct Chauve, en complément du 1er.

Bonne lecture,

Philippe

Pas simple de se lever ce matin. Envie de s’abandonner à cette douce chaleur du réveil comme un dimanche matin d’hiver quand la pluie cingle les volets secoués par un vent glacial. Alors pourquoi pas une grasse matinée, genre 40e reposants ? Ca changerait, non ? Allongé dans la couchette, bonnet sur la tête,  le corps bien emmitouflé dans le duvet, vous flottez dans une tiède somnolence où s’entremêlent le réel et le rêve.
Il y a quelques jours encore, vous auriez été incapable de laisser le bateau dévaler seul  les vagues à plus de 20 nœuds. Mais l’organisme humain a cette capacité incroyable de s’habituer à tout.  Alors la trépidation de l’eau qui défile, tout contre votre oreille, de l’autre côté de la fine couche de carbone de la coque, vous comble plutôt qu’elle ne vous inquiète. Ca va vite, tout va bien. Dormir, encore un peu, un tout petit peu.

Se recroqueviller, rentrer dans sa coquille et fermer les yeux. Mais le rêve que vous venez de vivre est encore trop présent dans la mémoire pour vous laisser dormir. Un rêve qui vous a fait plonger dans ce monde que  vous côtoyez sans le voir, ce monde sous-marin sur lequel vous planez comme un long-courrier survole l’océan. Les images vous reviennent. Vous voilà en-dessous, dans les profondeurs de l’onde, regardant la surface de la mer comme un autre ciel. Un ciel sombre ou clair, une voûte dont les reflets d’argent se teintent de noir, de bleu ou de rose selon les nuages et l’heure. Les rayons du soleil la traversent et balayent, à coups de projecteurs blafards, le bouillonnement de vie de cette immensité liquide. Ce matin, ce ciel est agité, parcouru par les longs rouleaux des vagues. Les nuages brillants des bulles d’écume des déferlantes éclatent et s’étalent dans un roulement assourdi. Vous êtes une baleine nageant sans effort. Près de la surface, les vagues vous ballotent mais ces mouvements vous bercent sans vraiment vous gêner.  
Soudain, vous percevez un bruit que vous n’avez jamais entendu. Ce n’est pas le puissant crépitement des hélices des cargos. Celui-là, ce pollueur acoustique trop ignoré, vous le connaissez bien. Il est redoutable car il agresse, perturbe, étourdit et coupe toute communication avec vos congénères à des centaines de kilomètres à la ronde.  Non, il s’agit d’un autre bruit, plus aigu, plus régulier, comme une plainte qui monte crescendo. Le bruit se rapproche, s’amplifie, envahit l’espace liquide. Et brutalement, là, juste au-dessus, la surface de l’eau est zébrée par un cône sombre comme le ventre d’un énorme poisson. En dessous, à l’extrémité d’une longue nageoire rouge fluo, un bulbe effilé transperce l’eau comme une torpille. A peine le temps de l’apercevoir qu’il est déjà sur vous. Un coup de queue réflexe et vous avez juste le temps d’éviter le tranchant de la nageoire et la pointe de l’engin. Le tourbillon du sillage vous bouscule. Même pas le temps de le suivre du regard. Trop tard, il a déjà disparu. Ne reste plus qu’une longue trace blanche qui ondule et s’amenuise lentement comme celle que font les avions dans le ciel d’en haut, celui que vous apercevez quand vous venez respirer à la surface.
Mais ce n’était qu’un rêve et ce danger imaginaire évité de justesse vous réveille tout à fait. Vous vous dîtes que si cette baleine avait été réelle, vous auriez pu la percuter avec votre quille et sans doute lui faire très mal. Sans compter la casse sur le bateau. Il va falloir inventer un puissant klaxon sous-marin pour prévenir qu’on arrive. Laisser passer ! Dégagez la route s’il vous plait !
Bon, ce n’est pas tout ça, le quart d’heure de vacances est terminé, plus de temps à perdre. Il faut se lever. S’extirper du duvet. En garçon prévoyant, vous avez rangé vos sur-chaussettes au chaud, à l’intérieur, à l’abri de l’humidité. Malgré les mouvements du bateau, il faut réussir à les enfiler, puis se contorsionner sur les fesses pour ne pas poser les pieds sur le sol humide. Les chaussons, maintenant. Parfait. Puis dans l’urgence, faire chauffer l’eau pour le thé.    
Coup d’œil sur la montre. Vous avez dormi une heure et trente minutes, la durée moyenne d’un cycle de sommeil. Avec le bruit ce n’était pas évident, mais vous avez tout de même réussi à plonger sans délai dans l’inconscient. L’endormissement rapide est crucial pour ne pas s’angoisser à penser que l’on ne va pas réussir à dormir. Après quelques dizaines de minutes, vous avez, sans vous en rendre compte, atteint le sommeil profond. C’est la phase essentielle où les muscles se relâchent, la fatigue s’élimine, le physique se régénère et où les enfants grandissent. Un peu plus tard, vous avez entamé la remontée vers l’éveil, avec un palier comme dans une vraie plongée. Ici, le stop se nomme sommeil paradoxal. Le paradoxe est une activité cérébrale proche de l’éveil malgré un sommeil très profond. Le corps bouge, les yeux clignotent comme si vous étiez éveillé, pourtant vous êtes toujours très endormi. C’est le moment où les rêves semblent les mieux construits et les plus accessibles. Des voyages oniriques qui éliminent les stress, stimulent la créativité et sauvegardent l’important du jour d’avant. Puis survient le retour à la  conscience avec parfois le rêve qui déborde et cette baleine toujours présente dans vos pensées.
1h30 de sommeil. Un cycle de sommeil avec son rêve en apothéose, que demander de mieux ? 7 heures d’affilée, c’est pour la terre. Ici, on dort cycle par cycle. Certains scientifiques pensent que trop de prédateurs menaçaient les premiers êtres humains pour qu’ils restent inconscients toute une nuit. Pour survivre, pas d’autre choix que ce sommeil d’environ une heure et demi suivi d’un éveil pour inspecter les alentours. L’idéal ici, en course, quand les alentours ne sont pas trop inquiétants.
Pour les skippers, le sommeil quotidien se divise ainsi en 3 ou 4 cycles, plutôt la nuit que le jour. 5 à 6 heures en tout, au mieux. Cette durée permet de tenir longtemps sans perte de vigilance.
Mais parfois, les conditions sont plus préoccupantes. Alors l’organisme, fatigué, s’adapte et joue les apnéistes du sommeil : descente verticale vers le stade profond pour y rester quelques minutes et récupérer puis remontée rapide vers l’éveil. Les rêves, ce sera pour plus tard. En un quart d’heure ou un peu plus, l’aller-retour est joué. Court, très efficace, mais réalisable seulement en situation de stress et de manque de sommeil. Impossible de s’y entraîner en dehors de ces conditions. Ce sommeil « parking » est très pratiqué la nuit sur les aires d’autoroute, d’où son nom.
Reste enfin la solution du sommeil flash quand rien d’autre n’est possible. Quelques secondes pour se relaxer, fermer les yeux, respirer posément. Juste le temps de faire un « reset » de l’ordinateur cérébral. Ne plus penser, sauf peut-être à la baleine qui, elle, garde une moitié de cerveau en éveil pendant que l’autre est en train de dormir. L’idéal d’un sommeil à demi-éveillé qui restera un rêve de skipper, une histoire à dormir debout.
Dr Jean-Yves CHAUVE
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Lun 12 Déc - 8:02

Articles très intéressants sur le sommeil. Cela me rappelle l'expérience vécue par Michel Siffre. J'étais bien jeune !

Michel Siffre - Wikipédia



Michel Siffre et son horloge de chair.


Le Monde jeudi 22 juillet 2004
Aux limites du corps
Michel Siffre et son horloge de chair

Sujets : Expérience hors du temps, Récit, Texte intégral

En 1962, un spéléologue, Michel Siffre, découvre, au terme d’un terrifiant séjour sous terre, qu’une pendule interne très précise règle la durée du cycle veille-sommeil à 24 h 30 min.

Michel Siffre a changé de millénaire le 4 janvier 2000. Seul, à 60 ans, dans le silence d’une grotte de l’Hérault. Depuis le 30 novembre 1999, privé de montre, en isolement temporel, il évaluait lui-même la durée de ses « jours » et de ses « nuits ». Quatre jours d’erreur en un mois : il s’est finalement peu trompé. Il connaît son horloge interne. Il en a découvert l’existence le 14 septembre 1962, dans les ténèbres absolues du gouffre du Scarasson, au terme d’une expérience cauchemardesque qui a bouleversé les connaissances sur les rythmes de l’homme.

Hors du temps, le récit qu’il écrivit alors mérite de rester comme un des classiques de l’aventure. C’est un livre oppressant, qui vous enferme dans un univers de claustration, un cercle de ténèbres au fond d’un gouffre glacé, qui se referme sur l’abri fragile d’une tente de soie rouge éclairée du dedans, sur le corps du cobaye tremblant, puis à l’intérieur même de son esprit déphasé. Michel Siffre l’a écrit en grande partie au fond, « avec une loupiote de 4,5 volts », un bras vite ankylosé sorti du duvet humide. Des observations lucides, d’une précision diabolique. Il avait 23 ans et lisait le Lagarde et Michard pour découvrir la littérature de son temps.

Ce gouffre, il devait l’explorer en géologue - sa passion depuis l’âge de 10 ans, avec la spéléo. Objet d’étude : le petit glacier souterrain que son équipe avait découvert l’année précédente, à 130 mètres sous les crêtes pelées du Marguareis, dans les Alpes-Maritimes. Il y faisait si froid, - 0,5° avec une humidité de 98 %, que les explorateurs n’y ont passé qu’une heure. Mais qu’importe : Siffre a décidé d’y séjourner quinze jours, assez longtemps pour étudier le mouvement de la glace. Ensuite, le projet s’est étoffé. Ce petit glacier est déjà trop maigre pour ses ambitions scientifiques. Précoce, il "pond" des communications de géologie pour l’Académie des sciences depuis qu’il a 17 ans, et son maître, Jacques Bourcart, lui trouve des airs de « jeune Darwin, celui du temps du Beagle ». L’élève boulimique a potassé des traités de biologie et découvert une science balbutiante, la chronobiologie, en plein essor à l’heure ou les premiers cosmonautes tournent autour de la Terre.

L’idée lui est venue à la Cité U, au milieu d’une nuit de discussion avec son coturne : il profitera de l’isolement pour étudier son rythme veille/sommeil (nycthéméral) en l’absence de tout repère temporel. Le protocole sera très simple. Une ligne téléphonique le reliera à une équipe de veille, en surface. Il appellera à chaque coucher, à chaque réveil, à chaque repas. Aucune indication ne lui sera donnée sur le temps réel, le temps des horloges. L’expédition doit finalement durer deux mois. Il ne sera prévenu que lorsque cette durée sera écoulée.

Il a embarqué dans l’aventure son club de spéléo, mais, à Paris, on lui a ri au nez. Il a beau s’être endetté jusqu’au cou, à l’heure de descendre dans le gouffre de Scarasson, il est équipé comme un chiffonnier. Mais il est convaincu que la piste mène tout droit à la conquête spatiale, et cette intuition lui donne une motivation en titane.

Le 16 juillet 1962, lorsqu’il remet sa montre au CRS Canova, qui le veillera depuis une petite tente plantée en surface, à 2 000 mètres d’altitude, il ne mesure pas combien la double logique dans laquelle il s’est enfermée risque de lui être fatale.

L’absolu inconfort de sa situation l’écrase dès l’instant où ses compagnons retirent l’échelle qui le reliait à la surface (c’est lui qui a voulu s’épargner la tentation de sortir sur un coup de tête de son piège volontaire). Par ce froid glacial, l’humidité se condense dans la tente et imprègne tout : tapis de sol, lit de camp, sac de couchage. Il n’a qu’un petit réchaud qu’il n’ose pas allumer la nuit de peur de s’intoxiquer à l’oxyde de carbone, ses chaussons en duvet se transforment en éponges dans la tente et en sabots de boue au dehors. Une dysenterie amibienne rapportée d’un voyage d’exploration au Sri Lanka le terrasse par crises, lui faisant craindre de rester paralysé...

Mais ce désastre matériel n’est rien face au vertige dans lequel il s’enfonce, plongé dans une obscurité totale : « J’avais l’impression d’être immobile, et pourtant je me savais entraîné par le flux ininterrompu du temps, écrit-il. Le temps était la seule chose mouvante dans laquelle je me déplaçais, j’essayais de le cerner, et, chaque soir, je savais que j’avais échoué. »

S’endormir devient son seul plaisir, ses réveils des moments déprimants : « J’hésitais longtemps, les yeux grands ouverts dans une obscurité totale, me demandant si je dormais ou non ; j’espérais toujours que je dormais encore, mais, au bout de quelques instants, je me rendais compte que j’étais bien réveillé. Alors, résigné, je pressais le bouton qui rompait l’unité de la nuit. Ma lampe s’éclairait. Je sortais aussitôt mon buste du duvet, me penchais hors du lit et tournais la manivelle du téléphone. »

Sa mémoire le trahit. Il est incapable de se souvenir de ce qu’il faisait l’instant d’avant. Les CRS, qui l’écoutent parfois à son insu, lui diront qu’il a remis jusqu’à dix fois de suite le même disque de Luis Mariano. Il pensait, chaque fois, qu’il venait de le poser sur le pick-up...

Comment évaluer le temps écoulé ? Comment savoir s’il a veillé deux minutes ou trois heures ? Comment estimer son heure de réveil ? Michel Siffre tente d’écouter ses sensations : s’il se sent reposé au réveil, il estimera avoir dormi dix heures plutôt que deux. S’il a faim, il jugera la matinée écoulée. Mais, toujours, ces sensations entrent en conflit avec l’évaluation de l’heure qu’il doit consigner dans son journal. Entre le temps subjectif et le temps physiologique, l’explorateur flotte dans un espace inconnu. Vertigineux.

« La nuit souterraine n’est pas la nuit cosmique, l’opacité est absolue. Dans ce monde où tout est néant, une seule chose subsiste, ma pensée : va-t-elle sombrer aussi dans ce néant sans fin ? »

Qu’est-ce que quarante-deux ans écoulés ? A-t-il vraiment changé, cet homme en sandales et chemisette de 65 ans qui, un jour de juin 2004, fait visiter son appartement du centre de Nice ? Des cartons s’y entassent jusqu’au plafond : tout le contenu de sa maison de l’Hérault, qu’il vient de déménager. Le lit disparaît sous un monstrueux empilement. Seul un bout de matelas est visible, où le creux d’un corps dessine une tanière minuscule.

Installé au café, il se raconte sur un ton enjoué, taillant d’habiles pistes dans la jungle scientifique. A-t-il fait des cauchemars au fond de son gouffre ? Non, des rêves, des scènes violentes où il liquidait des gangsters et réglait ses comptes avec ceux qui avaient refusé de le financer. Mais il a vécu dans la peur, jusqu’au monstrueux éboulement qu’il a entendu, tétanisé, « pendant 12 secondes », et qui a duré beaucoup plus longtemps. Des quartiers de roche de plusieurs tonnes sont tombés à quelques mètres de la tente. « Cette peur terrible m’a sauvé la vie, explique-t-il. Au début de l’expérience, j’avais pris ma température et lu 36°. Croyant le thermomètre cassé, j’avais cessé de la prendre. En fait, j’étais entré dans une semi-hibernation. Le choc émotionnel a fait remonter ma température, me sortant de ma léthargie. »

Le 14 septembre 1962, lorsque, au téléphone, le CRS de veille annonce à Michel Siffre la fin de l’expérience d’isolation temporelle, il pense qu’on lui ment pour le faire sortir plus tôt que prévu : il se croit le 20 août. Les veilleurs de surface le détrompent, et un incroyable échange a eu lieu avec le spéléologue. L’espace d’une conversation de « 5 minutes », qui en réalité en a duré 20, Michel Siffre comprend tout ce qui lui était arrivé pendant ces deux mois d’angoisse. Ses « journées » étaient beaucoup plus longues que ce qu’il évaluait. Il pensait s’être ennuyé quelques heures, il avait en fait veillé jusqu’à 14 ou 18 heures d’affilée. Il « déjeunait » donc à la fin de la « matinée ». Quand il se couchait pour une « sieste » (évaluée à une heure ou deux), puis veillait un « après-midi » et « dînait », il réalisait en fait un deuxième cycle veille/ sommeil. Le temps qu’il percevait s’écoulait presque deux fois moins vite que le temps réel : au bout de deux mois, il avait vingt-cinq jours de retard sur l’horloge !

Mais il y a autre chose. Quelque chose de fascinant. En surface, l’un des CRS a commencé à dessiner un graphique de ses cycles nycthéméraux. Il peut déjà y lire une remarquable régularité entre deux réveils. Quand le cobaye veille d’avantage, ses nuits sont plus courtes. L’ensemble du cycle a une durée très régulière de 24 h 30.

Une horloge interne réglait la durée du cycle veille/sommeil de Michel Siffre. Mais, n’en connaissant pas l’existence, son esprit avait été incapable d’en percevoir le tic-tac.

Michel Siffre est descendu dans le gouffre de Scarasson en géologue, il remonte porteur d’une découverte de portée universelle. Mais dans quel état...

Sous-alimenté, épuisé par son séjour dans cet univers glacial, il s’évanouit à deux reprises pendant la longue remontée vers la surface. Comme un grand blessé, on l’enlève sur un brancard, yeux masqués par des lunettes opaques, jusqu’à l’hélicoptère qui le transporte à l’hôpital. L’accueil du grand public est à la hauteur de cette émotion : à l’âge des abris antiatomiques et des sous-marins nucléaires, on se passionne pour cette aventure de survie sous terre. Pas pour l’isolation temporelle, angoissante et complexe. Baroque, absurdement risquée, l’expérience de Michel Siffre restera comme la seule expérience « pure » d’isolation temporelle, la seule où le sujet, ignorant l’existence de son horloge de chair, ne pouvait pas être influencé par elle. Bientôt, Russes et Américains enfermeront leurs cobayes dans des bunkers, confirmant, dans des conditions scientifiques rigoureuses, les conclusions du jeune géologue niçois.

Jusqu’en 1972, Michel Siffre se passionne pour cette science découverte au fond du gouffre. Il organise d’autres campagnes dont il n’est plus le cobaye, étudiant le sommeil paradoxal et la durée des rêves, toujours soutenu par l’armée, première « cliente » de ses résultats. Toujours courant après la reconnaissance d’un milieu scientifique un peu soupçonneux devant cet ovni pluridisciplinaire. « Ce qui m’intéresse, dit-il aujourd’hui, c’est d’être pionnier. L’analyse mathématique m’ennuie. »

En 1972, au Texas, il descend pour six mois dans une grotte tout confort, dormant dans une pièce à 20°, mangeant les rations lyophilisées du programme Apollo 16. Il s’endette lourdement, misant sur les retombées médiatiques. A la sortie, la prise d’otages aux Jeux olympiques de Munich lui vole la vedette. Pour la première fois, sa motivation le quitte, ce « moral de fer » qu’il admirait tant chez Alain Bombard quand il lisait Naufragé volontaire au fond du gouffre. Il plonge financièrement et tourne le dos à cette science qui lui a fait sacrifier une belle carrière de géologue océanographe.

Aujourd’hui, il lui reste un émerveillement intact : « J’ai eu la chance, dit-il, de vivre dans la décennie la plus fabuleuse de la course aux étoiles. C’était fascinant de participer à l’aventure spatiale. » De retrouver, dans une bibliothèque de la NASA, la traduction d’un ouvrage soviétique décryptant ses expériences et de tomber sur cette citation de Gagarine : « Je lis Siffre très attentivement. Ce qu’il dit sur la perte de mémoire, je l’ai ressenti exactement. » Il attend « Mars » avec impatience : « Je ne serai plus là, mais mes expériences seront reprises. »

En 1999, quand il a entendu que John Glenn repartait sur la navette, il a eu une idée. Il a décidé d’étudier l’action du vieillissement sur les rythmes biologiques. Cette fois, il pouvait se fier à son horloge interne. La grotte de Clamouse avait l’électricité. La NASA, une fois encore, avait prêté du matériel. Bardé d’électrodes, il a lu Les Trois Mousquetaires et s’est « emmerdé furieusement ». Ce printemps, Michel Siffre a vendu sa maison pour repartir à l’aventure. « J’ai 65 ans, j’ai décidé de me donner cinq ans. J’irai au Guatemala, à la recherche d’art rupestre maya. Je veux vivre pleinement, tant que je le peux physiquement. » En 1962, au fond du gouffre, il se demandait : « Est-ce la durée perçue qui conditionne le vieillissement ? »

Charlie Buffet
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hornblower

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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mar 13 Déc - 3:08

très intéressante la question du sommeil.
Un cycle de sommeil dure environ 1h30. Ensuite le conscient reprend le dessus, et "normalement", replonge dans le sommeil.
Perso, je me réveille à la fin de chaque cycle. Selon un spécialiste, mon activité cérébrale est plus forte que mon besoin physiologique.
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BDS_OERSTED

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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mar 13 Déc - 13:10

Passionnant!

Merci à vous pour ces récits. Plus on vieillit moins on dort. Cela est réconfortant quant on ne dort que 4 à 5 heures par nuit.
L'important est de le faire quand le corps le réclame, rien ne sert de forcer.
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mar 13 Déc - 13:57

Léa et Colleen, piratebeige a jeté l'ancre sur un iceberg. Vous êtes à l'arrêt ! Cap au 55° 60° après correction.
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mar 13 Déc - 14:01

BDS_OERSTED a écrit:
Passionnant!

Merci à vous pour ces récits. Plus on vieillit moins on dort. Cela est réconfortant quant on ne dort que 4 à 5 heures par nuit.
L'important est de le faire quand le corps le réclame, rien ne sert de forcer.
C'est à peu près ma moyenne, tu le sais ! Sauf en ce moment vu que je suis en congé et que je thésaurise des heures avant la reprise... l'année prochaine.
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mer 14 Déc - 1:04

Dans le sujet sur « la tasmanie », je vous ai un peu parlé d’Eric Tabarly.
Sans qui beaucoup de grands coureurs au large actuels ne seraient peut-être pas là.

Éric Tabarly est un navigateur français, né à Nantes Nantes et mort le 13 Juin 1998 à
la suite d'une chute à la mer.
Officier pilote de l’aéronautique navale, puis officier de marine jusqu’au grade de capitaine de vaisseau, il se passionne très tôt pour la course au large et remporte plusieurs courses océaniques, mettant fin à la domination anglaise dans cette spécialité.
Il forme toute une génération de coureurs océaniques et contribue par ses victoires au développement des activités nautiques en Bretagne et en France.
Bien que très attaché à son vieux Pen Duick de 1898, il joue également un rôle de pionnier dans le développement du multicoque en concevant son trimaran Pen Duick IV (1968),
un des tout premiers multicoques de course au large,
confirmant la suprématie de ce type
de bateau sur les monocoques.












Éric Tabarly marqua plusieurs générations de navigateurs et de coureurs hauturiers.
En effet, il a véritablement créé une « école française » de la course au large,
en prenant à son bord et formant de nombreux équipiers qui s'illustreront par la suite,
tels que : Alain Colas, Olivier de Kersauzon, Gerard Petitpas, Eric Loizeau, Marc Pajot, Alain Colas, Titouan Lamazou  vainqueur du 1er vendée globe, Philippe poupon, Yves parlier, Michel Desjoyaux, vainqueur de 2 Vendé Globe,  Jean le Cam, une fois deuxième et en course en 2016 sur le Vendée globe.

Je laisse peut-être la place à l’autre JP….Jean-pierre de BDS_Pen Duick
qui connaît le sujet mieux que moi.

Jean-Paul
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mer 14 Déc - 2:04

Merci pour cet article, Jean-Paul. Eric a également été un précurseur dans l'utilisation d'hydrofoil, technique employée par les plus rapides des monocoques du Vendée Globe 2016.

JP (l'autre)


ESSAIS TABARLY ET HYDROFOIL
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Ven 16 Déc - 3:14

ALERTE ! piratebeige arrive à proximité de la ligne rouge d'exclusion. Correction a effectuer en direction de l'est, cap 85°.
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Sam 17 Déc - 3:02

Bonjour les moussaillons,

Attention, vous devez passer le prochain way point (bouée n* 8 par le nord. Votre cap est trop est.

JP (l'autre)

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Fomalhaut

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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Dim 18 Déc - 3:36

Pour piratebleu.
Cap urgent au 25°, sinon vous allez dans peu d'air et contraires.
Jean-Paul
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mar 20 Déc - 3:00

Pour piratebeige, Léa et Colleen, RAS (rien à signaler) pour le moment si ce n'est la voile a surveiller pour éviter le rouge.
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mar 20 Déc - 3:44

pirateorange
Yanis et Alexandre, votre cap est excellent au 130°
vous allez pouvoir rester sans rien toucher jusqu'au Horn, sauf changement de méteo important
A mon avis vous allez remonter sérieusement dans le classement
Joyeux Noël
JJ sur noppy
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mar 20 Déc - 12:43

Ce n'est pas le cas pour piratebeige ! Vous êtes à l'arrêt ! Iceberg ou OFNI ?
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mar 20 Déc - 23:57

Ce matin il y a plusieurs gros problèmes: la meteo nous joue un de ces tour dans l'ouest que je n'ai jamais vu à ce point dans cette région ?
Mais il y a plus grave : la vitesse du bateau est bloquée a 14 nœuds quelque soit l'allure et l'angle au vent . Avec 24 nœuds de vent et génois a 150°
On n'avance qu'à 14 nœuds !!!!!!! Jamais vu ca !!!!!
Au secours Hervé , il y a un big certain.
Bonne journée a toute la flotte
Vincent sur Orion
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mer 21 Déc - 0:41

ORION a écrit:
Ce matin il y a plusieurs gros problèmes: la meteo nous joue un de ces tour dans l'ouest que je n'ai jamais vu à ce point dans cette région ?
Mais il y a plus grave : la vitesse du bateau est bloquée a 14 nœuds quelque soit l'allure et l'angle au vent . Avec 24 nœuds de vent et génois a 150°
On n'avance qu'à 14 nœuds !!!!!!! Jamais vu ca !!!!!
Au secours Hervé , il y a un big certain.
Bonne journée a toute la flotte
Vincent sur Orion

Salut Vincent,

Je te vois à plus de 18 nds sur la carte à la mise à jour de 8h00. Ton bateau semble aller comme il faut, mais pas ton affichage. Change de support pour voir (smartphone ou autre PC).
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jpgbreton

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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Mer 21 Déc - 4:22

Ca devait être le même problème pour piratebeige qui malgré le vent faible est resté à 0 noeuds pas mal de temps. Actuellement il se traine à 3,74 noeuds mais c'est surement un problème de voile rouge.

Léa et Colleen, pouvez vous vérifier votre voile. La cap au 88° est bon.
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Jeu 22 Déc - 12:26

Bravo les pirategris,

vous avez trouvé le bon mode de fonctionnement, plus rien ne vous résiste, belle remontée.
Bravo, bravo, bravo, continuez comme cela, c'est parfait Laughing Laughing Laughing

Thierry
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Ven 23 Déc - 7:39

Léa et Colleen sur piratebeige. Toujours au 88° depuis... Vous laissez vos adversaires pirates vous remonter. C'est Noël ?
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Ven 23 Déc - 7:44

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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Ven 23 Déc - 10:19

Quelle remonté, les pirategris CHAMPION LES GARS, continuez comme cela ne changer rien.
Bravo
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Sam 24 Déc - 0:43

Piratebleu, VOTRE VOILE n'EST PAS BONNE !
Et faites cap 98°, direct le Horn !

Joyeux Noel à tous deux, Jean-Paul
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Sam 24 Déc - 7:46

Léa et Colleen, piratebeige n'a plus de capitaine ? Vous êtes toujours au cap 88° et à 0 noeud. C'est bon pour la pêche mais pas pour franchir le Cap Horn.

Bon Noël à tous nos pirates !
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Sam 24 Déc - 15:48

Les lignes de traîne de Piraterose sont accrochées à la bouée 9 depuis deux jours.

Bonnes fêtes à toute la classe.

Manu
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   Dim 25 Déc - 0:30

Cap sur le Horn, 102° sous spinnaker Piratebleu
Et Joyeux noël à tous les Pirates santa santa santa rendeer
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MessageSujet: Re: Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?   

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Comité de Course à escadre CM2 St Guénolé, me recevez-vous ?
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